Problème de santé

Goutte (arthrite goutteuse)

Des renseignements en langage clair sur la goutte au Canada, et sur les études qui recrutent actuellement pour ce problème de santé.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture5 min
Au CanadaJusqu'à 1 million de personnes au Canada, de 2 à 4 %
Études en recrutement1 en recrutement en ce moment

La goutte est une forme d’arthrite qui se manifeste par des crises soudaines. Elle survient lorsque l’acide urique, un déchet normal de l’organisme, reste trop élevé dans le sang et forme des cristaux en forme d’aiguilles dans une articulation et autour de celle-ci, le plus souvent au gros orteil. Une crise peut passer rapidement de l’absence de douleur à une douleur intense, se calmer, puis revenir.

En chiffres au Canada
Jusqu'à 1 millionde personnes au Canada seraient atteintes de la goutte, soit environ 2 à 4 % de la population. C'est la forme d'arthrite inflammatoire la plus courante, et elle touche environ quatre fois plus d'hommes que de femmes.
Source : Société de l'arthrite Canada, La goutte, 2026
Dans le monde55,8 millions de personnes dans le monde vivaient avec la goutte en 2020, avec des taux environ 3,3 fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes. Le nombre de cas devrait atteindre 95,8 millions d'ici 2050.Source : Global Burden of Disease Study 2021, The Lancet Rheumatology, 2024

Ce qu’est la goutte, et ce qu’elle n’est pas

Depuis des siècles, la goutte a la réputation d’être une maladie liée à la nourriture riche et à l’alcool. Cette réputation est injuste : le taux d’acide urique dépend tout autant de la génétique, de l’âge, du sexe, de la fonction rénale et de certains médicaments courants que de ce qu’on met dans son assiette. La goutte est la forme d’arthrite inflammatoire la plus courante au Canada, et non un jugement sur les habitudes d’une personne.

Elle n’est pas non plus la même chose que les autres types d’arthrite. L’arthrose résulte de changements dans les tissus de l’articulation au fil des ans, et la polyarthrite rhumatoïde est une attaque du système immunitaire contre la membrane qui tapisse l’articulation. La goutte, elle, est causée par des cristaux : entre les crises, elle peut sembler complètement disparue, mais si l’acide urique reste élevé, les cristaux continuent de s’accumuler en silence, les crises ont tendance à devenir plus longues et plus fréquentes, et des bosses dures appelées tophus peuvent se former sous la peau.

Signes et symptômes

  • Une crise soudaine de douleur intense dans une articulation, typiquement le gros orteil, où même le poids d’un drap peut être difficile à supporter
  • De l’enflure, de la rougeur et de la chaleur autour de l’articulation touchée
  • Des crises aux chevilles, aux genoux et à d’autres articulations des membres inférieurs, pas seulement à l’orteil
  • Des crises qui se calment puis reviennent, et qui deviennent plus longues et plus fréquentes sans traitement
  • De petites bosses dures et blanchâtres sous la peau (tophus) après des années d’acide urique élevé
  • Aucun symptôme entre les crises, chez beaucoup de personnes

La fréquence des crises et leur intensité varient d’une personne à l’autre et au fil du temps.

Une femme debout à l'extérieur près de potagers surélevés par une journée ensoleillée, une main posée sur son épaule.
Entre les crises, beaucoup de personnes atteintes de goutte n'ont aucun symptôme, mais les cristaux d'urate peuvent continuer de s'accumuler sans traitement. Photo à titre d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • Être de sexe masculin : la goutte touche environ 4 % des hommes et environ 1 % des femmes au Canada
  • Vieillir : plus de 8 % des personnes de 60 à 69 ans en Colombie-Britannique étaient touchées en 2012
  • Des antécédents familiaux de goutte
  • Une maladie rénale, qui rend plus difficile l’élimination de l’acide urique par l’organisme

D’autres facteurs peuvent souvent être améliorés, généralement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Une pression artérielle élevée, et certains médicaments diurétiques utilisés pour la traiter
  • Un excès de poids
  • Les boissons et les aliments qui font augmenter l’acide urique, dont l’alcool (surtout la bière), les boissons sucrées, la viande rouge, les fruits de mer et les poissons gras
  • La déshydratation, qui concentre l’acide urique dans le sang

Comment la goutte est diagnostiquée au Canada

La goutte est habituellement évaluée par un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, à partir de votre description des crises, de vos antécédents médicaux et d’un examen de l’articulation. Des analyses sanguines peuvent mesurer le taux d’acide urique. Le test qui confirme le diagnostic consiste à prélever un petit échantillon de liquide dans l’articulation pendant une crise et à l’examiner au microscope pour y chercher des cristaux d’urate. Certaines personnes sont dirigées vers un ou une rhumatologue, surtout lorsque les crises reviennent sans cesse ou que le diagnostic n’est pas clair.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins de la goutte ont deux objectifs distincts : calmer la crise en cours, et garder l’acide urique bas pour que les cristaux cessent de s’accumuler. Une équipe soignante pourrait aborder :

  • Les médicaments contre les crises : anti-inflammatoires non stéroïdiens, colchicine ou corticostéroïdes
  • Les soins personnels pendant une crise : repos et surélévation de l’articulation, compresses froides, et boire de l’eau plutôt que de l’alcool
  • Les médicaments à long terme qui abaissent le taux d’urate, l’allopurinol et le fébuxostat, ainsi que d’autres options pour la goutte qui n’a pas répondu au traitement
  • Les soins des problèmes de santé qui accompagnent souvent la goutte, dont la pression artérielle élevée, la maladie rénale et le diabète, ainsi qu’une révision des médicaments qui peuvent faire augmenter l’acide urique
  • Des changements dans les habitudes alimentaires et de consommation de boissons, établis avec le soutien d’un clinicien, d’une clinicienne ou d’un ou une diététiste plutôt que sous forme de liste d’aliments interdits

La décision d’entreprendre ou non un traitement à long terme, et le choix de l’approche qui vous convient, vous reviennent, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne.

Quand consulter un médecin

  • Si une articulation devient soudainement très douloureuse, chaude, rouge ou enflée et que vous avez aussi de la fièvre ou vous sentez mal, obtenez des soins médicaux le jour même. Rendez-vous à l’urgence ou composez le 911 si vous vous sentez très mal, car une infection de l’articulation peut ressembler à la goutte et doit être traitée d’urgence.
  • Si vous n’avez jamais eu de crise auparavant, consultez un professionnel ou une professionnelle de la santé pour que la cause soit confirmée plutôt que supposée.
  • Si les crises reviennent plus souvent, durent plus longtemps ou touchent de nouvelles articulations, prenez rendez-vous pour discuter d’un traitement à long terme.
  • Si vous remarquez des bosses dures sous la peau des orteils, des talons, des genoux, des doigts, des oreilles ou des coudes, faites-les évaluer.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la goutte

La goutte peut habituellement être prise en charge avec les médicaments existants, mais la plupart des personnes à qui un traitement à long terme pourrait convenir n’en prennent pas : dans l’étude menée en Colombie-Britannique, seulement environ 22 % ont reçu un traitement pour abaisser le taux d’urate, une proportion qui ne s’est pas améliorée en 12 ans, alors que le nombre de personnes atteintes de goutte continue d’augmenter au Canada et dans le monde. Les chercheurs et chercheuses testent de nouveaux médicaments pour abaisser le taux d’urate, comparent des traitements contre les crises, étudient comment aider les gens à commencer un traitement à long terme et à le poursuivre, et examinent les liens entre la goutte, la maladie rénale et les maladies cardiovasculaires.

Les études permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, le consentement éclairé vient en premier, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela ait d’effet sur vos soins habituels. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (3 sources)
  1. Société de l'arthrite Canada, La goutte, 2026
  2. Rai et collaborateurs, The rising prevalence and incidence of gout in British Columbia, Canada: population-based trends from 2000 to 2012, Seminars in Arthritis and Rheumatism, 2017
  3. Global, regional, and national burden of gout, 1990 to 2020, and projections to 2050: Global Burden of Disease Study 2021, The Lancet Rheumatology, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

La goutte est-elle causée par ce que je mange et ce que je bois?

L'alimentation et les boissons ne sont qu'une partie de l'histoire. L'alcool, les boissons sucrées, la viande rouge et les fruits de mer peuvent faire augmenter l'acide urique, mais la génétique, l'âge, le sexe, la fonction rénale et certains médicaments comptent aussi beaucoup. Bien des personnes atteintes de goutte surveillent leur alimentation et ont quand même des crises. La goutte est un problème de santé, et non un jugement sur les habitudes d'une personne. Il est préférable d'établir tout changement à l'alimentation, aux boissons ou aux médicaments avec votre propre équipe soignante.

Ma crise de goutte s'est terminée d'elle-même. Est-ce que cela veut dire que la goutte est partie?

Pas nécessairement. Les crises se calment souvent complètement entre les épisodes, mais si l'acide urique reste élevé, des cristaux d'urate peuvent continuer de s'accumuler en silence dans l'articulation. Sans traitement, les crises ont tendance à devenir plus longues et plus fréquentes avec le temps, et des bosses dures appelées tophus peuvent se former sous la peau. C'est pourquoi un professionnel ou une professionnelle de la santé pourrait vous parler d'un traitement à long terme pour abaisser le taux d'urate, même lorsque vous vous sentez bien.

Pourquoi une personne atteinte de goutte participerait-elle à un essai clinique?

Les essais permettent aux chercheurs et chercheuses de savoir si de nouveaux médicaments pour abaisser l'acide urique ou traiter les crises sont efficaces, et de comprendre les liens entre les soins de la goutte et la santé du cœur et des reins. Participer signifie habituellement des évaluations supplémentaires et un suivi étroit par une équipe de recherche. La participation est volontaire, vous donnez d'abord votre consentement éclairé, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela ait d'effet sur vos soins habituels.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 1 étude sur Goutte (arthrite goutteuse)
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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