Dépression

La violence verbale subie dans l’enfance liée à des séquelles durables sur la santé mentale

11 août 2025 · 2 min de lecture

Une vaste nouvelle étude suggère que la violence verbale subie pendant l’enfance peut être tout aussi nuisible à la santé mentale à long terme que la violence physique, et, dans certains cas, encore plus. Des chercheurs et chercheuses de la Liverpool John Moores University ont analysé des données recueillies entre 2012 et 2024 auprès de plus de 20 000 adultes en Angleterre et au pays de Galles.

Les personnes participantes ont indiqué si elles avaient subi de la violence verbale ou physique avant l’âge de 18 ans. Elles ont ensuite répondu à des questions mesurant l’optimisme, la détente, la capacité à résoudre des problèmes, les liens sociaux et d’autres indicateurs du bien-être mental.

Les résultats sont frappants. Les adultes ayant subi de la violence verbale pendant l’enfance étaient 1,64 fois plus susceptibles d’avoir une mauvaise santé mentale, contre 1,52 fois pour les personnes ayant subi de la violence physique. Les personnes ayant subi les deux formes de violence étaient 2,15 fois plus susceptibles de connaître des conséquences négatives. La violence verbale était aussi associée à un taux d’isolement social presque deux fois plus élevé à l’âge adulte.

L’équipe de recherche a souligné que le taux de violence physique a diminué, passant de 20 % chez les enfants nés dans les années 1970 à 10 % chez les enfants nés dans les années 2000, alors que la violence verbale, elle, a augmenté. Malgré des données de plus en plus nombreuses montrant qu’elle peut modifier le développement du cerveau, la violence verbale est souvent considérée comme moins grave que la violence physique.

Les deux formes de violence peuvent entraîner des difficultés tout au long de la vie, notamment l’anxiété, la dépression, la consommation abusive de substances et les comportements à risque. Les auteurs et autrices de l’étude insistent sur la nécessité de politiques de protection de l’enfance qui tiennent compte de la maltraitance émotionnelle et verbale, et pas seulement de la violence physique.

Ils préviennent qu’interdire les punitions corporelles sans offrir aux parents des conseils sur la communication positive pourrait faire en sorte qu’un comportement nuisible soit remplacé par un autre. L’équipe de recherche réclame une plus grande sensibilisation du public, de l’éducation parentale et du soutien en santé mentale pour les personnes ayant survécu à toute forme de violence.

Publiée dans BMJ Open, cette recherche souligne que les mots blessants peuvent laisser des cicatrices qui persistent longtemps à l’âge adulte.

Cet article présente des renseignements généraux sur la santé, et non des conseils médicaux. Parlez de votre situation avec votre propre médecin.
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