Problème de santé

Hormonothérapie (HT)

Des renseignements en langage clair sur l'hormonothérapie de la ménopause au Canada, et sur les études qui sont en recrutement en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture8 min
Au Canada13,1 % des personnes assurées de 45 à 65 ans ayant soumis une demande
Études en recrutement1 en recrutement en ce moment

L’hormonothérapie de la ménopause, souvent abrégée MHT (de l’anglais menopausal hormone therapy) ou encore appelée HRT (hormone replacement therapy), consiste à prendre des œstrogènes, habituellement avec un progestatif chez les personnes qui ont encore un utérus, pour des symptômes liés à la ménopause. Il s’agit d’un traitement plutôt que d’un problème de santé. Au Canada, elle est prescrite par les médecins de famille, les infirmières et infirmiers praticiens et les gynécologues après une discussion sur vos symptômes, vos antécédents médicaux et ce que vous en attendez.

En chiffres au Canada
13,1 %des femmes de 45 à 65 ans ayant soumis des demandes de règlement dans les données d'assurance collective d'un assureur canadien ont présenté une demande pour une hormonothérapie de la ménopause en 2023, et le nombre de demandeuses était 20,7 % plus élevé qu'en 2020. Il s'agit de données de régimes d'assurance médicaments en milieu de travail, et non d'une mesure nationale de l'utilisation.
Source : Manuvie, données agrégées sur les demandes de règlement d'assurance collective, 2024
  • Depuis le 1er mars 2026, l'hormonothérapie de la ménopause est couverte sans frais dans le cadre du régime NP de PharmaCare de la Colombie-Britannique, ce qui, selon la province, élimine les franchises fondées sur le revenu pour des centaines de milliers de résidents et résidentes. La Colombie-Britannique a aussi ouvert une clinique de la ménopause complexe (Complex Menopause Clinic) au BC Women's Hospital and Health Centre en décembre 2024. Source : Gouvernement de la Colombie-Britannique, ministère de la Santé, 2026
  • La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) affirme que l'hormonothérapie de la ménopause peut être amorcée chez les personnes qui n'ont pas de contre-indications, et décrit le groupe généralement considéré pour commencer le traitement comme les personnes de moins de 60 ans ou dont la ménopause remonte à moins de 10 ans. La SOGC souligne aussi que l'accès à un professionnel ou une professionnelle de soins de première ligne est un enjeu important partout au Canada. Source : Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, 2025
  • La Société canadienne du cancer affirme que l'hormonothérapie combinée œstrogène et progestatif augmente le risque de cancer du sein et qualifie cette augmentation de faible, que l'hormonothérapie combinée et l'hormonothérapie aux œstrogènes seuls augmentent toutes deux le risque de cancer de l'ovaire, et que l'hormonothérapie aux œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de l'utérus chez les personnes qui ont encore un utérus. La ressource Menopause and U de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) chiffre l'augmentation du cancer du sein à 1 à 2 femmes de plus sur 1 000 après cinq ans d'hormonothérapie combinée, le risque revenant au niveau de base dans les cinq ans environ suivant l'arrêt. Source : Société canadienne du cancer, et Menopause and U de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), 2026
Dans le monde26 % de l'ensemble des femmes et des filles dans le monde avaient 50 ans ou plus en 2021, contre 22 % une décennie plus tôt, et la ménopause naturelle survient généralement entre 45 et 55 ans, selon l'Organisation mondiale de la Santé. Ces chiffres décrivent le groupe susceptible d'envisager une hormonothérapie, et non le nombre de personnes qui l'utilisent.Source : Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire sur la ménopause, 2024

Ce qu’est l’hormonothérapie de la ménopause, et ce qu’elle n’est pas

Ce n’est pas un seul médicament. C’est un groupe de produits qui diffèrent selon l’hormone utilisée, la dose et la façon dont l’hormone pénètre dans l’organisme, des comprimés aux timbres cutanés et aux gels, en passant par les produits utilisés par voie vaginale. L’ajout d’un progestatif dépend du fait que vous ayez encore un utérus ou non. Ce n’est pas non plus la même chose que la pilule contraceptive, qui utilise d’autres hormones, à d’autres doses, dans un autre but.

Ce n’est pas non plus la seule option pour les symptômes de la ménopause, et ce ne sont pas toutes les personnes qui ont ces symptômes qui l’utilisent. Il existe au Canada des médicaments non hormonaux sur ordonnance contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, et les produits vaginaux à action locale forment une catégorie distincte, utilisée pour les symptômes génito-urinaires. Le Canada ne recense pas les personnes qui utilisent l’hormonothérapie; le portrait national de son utilisation doit donc être reconstitué à partir des demandes de remboursement aux régimes privés d’assurance médicaments.

Les catégories, et qui les utilise au Canada

  • Œstrogènes à action systémique, pris en comprimé ou absorbés par la peau au moyen d’un timbre ou d’un gel
  • Un progestatif ajouté chez les personnes qui ont un utérus, y compris la progestérone micronisée et les progestatifs de synthèse, ainsi que des produits combinés contenant les deux hormones
  • Œstrogènes vaginaux à action locale sous forme de crèmes, de comprimés, de capsules molles ou d’anneaux, et un précurseur stéroïdien vaginal, utilisés pour les symptômes génito-urinaires de la ménopause
  • Un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes pris par la bouche, pour les douleurs pendant les relations sexuelles liées à la ménopause
  • Utilisée au Canada pour des symptômes associés à la ménopause, le plus souvent les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, ainsi que pour la sécheresse vaginale et les douleurs pendant les relations sexuelles
  • Également prescrite aux personnes qui atteignent la ménopause tôt ou après une chirurgie pour retirer les ovaires
  • La Société canadienne du cancer compte la protection contre l’ostéoporose parmi les raisons pour lesquelles l’hormonothérapie est abordée

La catégorie qui convient, et le fait même de recourir ou non à l’hormonothérapie, varient d’une personne à l’autre et peuvent changer avec le temps.

Une femme debout à une porte de balcon ouverte, un verre d'eau à la main, l'autre main levée vers son front.
Aucun test ne permet de décider si une personne devrait utiliser l'hormonothérapie de la ménopause. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) présente cette décision comme étant prise entre la personne et son professionnel ou sa professionnelle de la santé. Photo d'illustration.

Comment la décision se prend avec un clinicien ou une clinicienne

Une partie de la conversation porte sur des éléments de vos antécédents qui ne peuvent pas être changés :

  • Des antécédents personnels de cancer du sein, de cancer de l’endomètre ou de certains autres cancers sensibles aux hormones, que la Société canadienne du cancer considère comme pertinents pour la discussion
  • Des antécédents personnels ou familiaux de caillots sanguins, d’accident vasculaire cérébral ou de maladie du cœur
  • Votre âge, et le nombre d’années écoulées depuis la ménopause, que la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) considère comme essentiels à la décision
  • Le fait d’avoir ou non un utérus, qui détermine si un progestatif est ajouté
  • Tout saignement vaginal inexpliqué, qui est évalué avant qu’une décision soit prise

D’autres éléments peuvent être réévalués, et souvent améliorés avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Le tabagisme, qui est pris en compte dans l’évaluation du risque cardiovasculaire et du risque de caillots
  • La pression artérielle, le poids corporel et les autres facteurs de risque cardiovasculaire qu’un clinicien ou une clinicienne passe en revue pendant la discussion

Les organismes canadiens présentent les deux côtés de la balance. La SOGC affirme que l’hormonothérapie de la ménopause peut être commencée chez les personnes qui n’ont pas de contre-indications, et décrit le groupe généralement visé pour commencer le traitement comme les personnes de moins de 60 ans ou ménopausées depuis moins de 10 ans. La Société canadienne du cancer affirme que l’hormonothérapie combinée (œstrogènes et progestatif) augmente le risque de cancer du sein et qualifie cette augmentation de faible, que l’hormonothérapie combinée comme celle aux œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de l’ovaire, et que l’hormonothérapie aux œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de l’utérus chez les personnes qui ont encore un utérus. La ressource Menopause and U de la SOGC chiffre le risque de cancer du sein à 1 à 2 femmes de plus sur 1 000 après cinq ans d’hormonothérapie combinée, ce risque revenant au niveau de base dans les cinq ans environ suivant l’arrêt. Les deux organismes présentent la décision comme une décision à prendre de façon individuelle avec un clinicien ou une clinicienne.

En quoi consiste l’évaluation au Canada

Aucun test ne permet de décider si une personne devrait utiliser l’hormonothérapie de la ménopause. Un clinicien ou une clinicienne recueille l’historique de vos symptômes, passe en revue vos antécédents médicaux personnels et familiaux, y compris les antécédents de cancer, de caillots et de problèmes cardiovasculaires, mesure votre pression artérielle et vérifie que vos dépistages du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein sont à jour. La SOGC présente la décision comme une décision prise entre la personne et son professionnel ou sa professionnelle de la santé, et souligne par ailleurs que l’accès à un professionnel ou une professionnelle de la santé de première ligne pose un problème important partout au Canada.

Options de traitement et gestion au quotidien

Les catégories offertes au Canada sont présentées ci-dessous. Celles qui seront abordées dépendent de vos symptômes, de vos antécédents et de vos préférences, et une équipe soignante pourrait aborder :

  • Œstrogènes à action systémique par voie orale, et sous des formes absorbées par la peau, comme les timbres et les gels
  • Progestatifs ajoutés chez les personnes qui ont un utérus, y compris la progestérone micronisée et les progestatifs de synthèse, ainsi que les produits combinant œstrogènes et progestatif
  • Produits d’œstrogènes vaginaux à action locale, y compris les crèmes, les comprimés, les capsules molles et les anneaux, et un précurseur stéroïdien vaginal, pour les symptômes génito-urinaires
  • Un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes pris par la bouche pour les douleurs pendant les relations sexuelles liées à la ménopause
  • Options non hormonales sur ordonnance contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, y compris des antagonistes des récepteurs de la neurokinine autorisés par Santé Canada et un agoniste alpha-2, pour les personnes qui n’utilisent pas l’hormonothérapie ou ne souhaitent pas l’utiliser

La couverture varie aussi d’un endroit à l’autre du pays. La Colombie-Britannique a commencé à couvrir l’hormonothérapie de la ménopause sans frais dans le cadre du PharmaCare Plan NP le 1er mars 2026; ailleurs, cela dépend de la liste des médicaments couverts de la province ou du territoire et de tout régime privé que vous avez. Ce qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre, et la question de savoir si l’un de ces éléments s’applique à vous est une décision qui vous revient, avec votre propre clinicien ou clinicienne. Cette page ne constitue pas une recommandation à ce sujet.

Quand consulter un médecin

  • Prenez rendez-vous pour discuter des options si les symptômes de la ménopause nuisent à votre sommeil, à votre travail, à votre humeur ou à vos relations, et apportez un relevé de vos symptômes et de vos antécédents médicaux familiaux.
  • Communiquez rapidement avec votre clinicien ou clinicienne si vous avez des saignements vaginaux après la ménopause, ou de nouveaux saignements pendant le traitement, car cela doit être évalué.
  • Obtenez des soins d’urgence en cas de douleur à la poitrine, d’essoufflement soudain, d’enflure ou de douleur à une seule jambe, de mal de tête soudain et grave, ou de faiblesse ou d’engourdissement d’un côté du corps.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’hormonothérapie de la ménopause

Parmi les questions en suspens, on compte la durée pendant laquelle le traitement devrait se poursuivre, la façon dont l’équilibre entre les bienfaits et les risques varie selon la voie d’administration et selon le progestatif utilisé, et la façon dont les résultats diffèrent chez les personnes qui atteignent la ménopause tôt ou après un traitement contre le cancer. Le Canada ne dispose pas non plus de données nationales sur les personnes qui utilisent l’hormonothérapie de la ménopause; c’est pourquoi les chiffres ci-dessus proviennent des demandes de remboursement d’un seul assureur plutôt que d’une surveillance de la population. La recherche actuelle comprend des comparaisons entre les voies transdermique et orale, des essais comparant de nouveaux composés non hormonaux à l’hormonothérapie, des études chez des personnes ayant des antécédents de cancer du sein, et des recherches sur les services de santé portant sur l’accès à la suite de changements de couverture comme celui de la Colombie-Britannique.

C’est grâce aux études cliniques qu’on peut répondre à ces questions. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne signifie pas renoncer à votre traitement actuel, et personne ne peut savoir à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (7 sources)
  1. Manuvie, données sur les demandes de règlement d'assurance collective pour l'hormonothérapie de la ménopause, 2024
  2. Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, déclaration sur l'hormonothérapie de la ménopause, 2025
  3. Société canadienne du cancer, Tout sur l'hormonothérapie, 2026
  4. Menopause and U, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Cancer, 2026
  5. Gouvernement de la Colombie-Britannique, communiqué sur la couverture de l'hormonothérapie de la ménopause, 2026
  6. BC Provincial Academic Detailing Service, médicaments pour les symptômes vasomoteurs et génito-urinaires associés à la ménopause, 2026
  7. Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire sur la ménopause, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Que disent les organismes canadiens sur l'équilibre entre les bienfaits et les risques?

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) affirme que l'hormonothérapie de la ménopause peut être amorcée chez les personnes qui n'ont pas de contre-indications, et désigne les personnes de moins de 60 ans ou dont la ménopause remonte à moins de 10 ans comme le groupe généralement considéré. La Société canadienne du cancer affirme que l'hormonothérapie combinée augmente le risque de cancer du sein et de l'ovaire, qualifie ces augmentations de faibles et précise que l'hormonothérapie aux œstrogènes seuls augmente le risque de cancer de l'utérus chez les personnes qui ont un utérus. Les deux organismes présentent la décision comme devant être prise de façon individuelle avec un clinicien ou une clinicienne.

Est-elle couverte par les régimes publics d'assurance médicaments au Canada?

La couverture varie selon la province et le territoire. La Colombie-Britannique a commencé à couvrir l'hormonothérapie de la ménopause sans frais dans le cadre du régime NP de PharmaCare le 1er mars 2026. Ailleurs, la couverture dépend de la liste des médicaments couverts de la province ou du territoire et de toute assurance privée que vous pourriez avoir.

Que faire si je ne peux pas utiliser l'hormonothérapie, ou si je préfère ne pas l'utiliser?

Il existe au Canada des options d'ordonnance non hormonales pour les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, notamment des antagonistes des récepteurs de la neurokinine autorisés par Santé Canada et un agoniste alpha-2, selon la liste du BC Provincial Academic Detailing Service. Les produits vaginaux locaux forment une catégorie distincte, utilisée pour les symptômes génito-urinaires. Un clinicien ou une clinicienne peut examiner quelles catégories s'appliquent à votre situation.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 1 étude sur Hormonothérapie (HT)
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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