Problème de santé

Carence en fer

De l'information en langage clair sur la carence en fer au Canada, et la recherche qui recrute en ce moment pour ce problème de santé.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture5 min
Au Canada18,2 % des femmes de 19 à 50 ans
Études en recrutement3 en recrutement en ce moment

La carence en fer signifie que les réserves de fer de votre corps sont basses. Le fer sert à fabriquer l’hémoglobine, qui transporte l’oxygène dans le sang. Des réserves basses peuvent donc causer de la fatigue et de l’essoufflement. Elle est fréquente au Canada, et c’est souvent un indice plutôt qu’un diagnostic.

En chiffres au Canada
18,2 %des Canadiennes de 19 à 50 ans avaient une carence en fer dans l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé menée entre 2012 et 2019, de même que 21,3 % de celles de 14 à 18 ans. Dans l'ensemble de la population de 3 à 79 ans, d'après un échantillon de 21 453 personnes, 7 % avaient une carence en fer et 2,0 % avaient une anémie ferriprive.
Source : The Journal of Nutrition, Statut en fer de la population au Canada, à partir des données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, 2023
  • Le dépistage en trouve beaucoup plus que les soins courants. Une revue publiée en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) cite une étude de dépistage ontarienne de 2022 dans laquelle 38 % des personnes de sexe féminin non enceintes dépistées avaient une carence en fer sans anémie et 13 % avaient une anémie ferriprive. Chez les patientes enceintes suivies en consultation externe, 53 % avaient une carence en fer. La revue indique que la carence en fer sans anémie et l'anémie ferriprive causent toutes deux une morbidité importante. Source : Canadian Medical Association Journal (CMAJ), Diagnostic et prise en charge de la carence en fer chez les personnes de sexe féminin, 2025
  • Le statut en fer change nettement après la ménopause. Dans les données de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé portant sur 6 362 femmes de 20 à 79 ans, une carence en fer était présente chez 16,0 % des femmes préménopausées, contre 4,0 % des femmes ménopausées, tandis que des réserves de fer élevées étaient présentes chez 2,7 % et 21,0 % d'entre elles, respectivement. Source : The Journal of Nutrition, Statut en fer et facteurs associés chez les Canadiennes, 2023
  • Un excès de fer est aussi un constat fait au Canada, ce qui explique en partie pourquoi le fer n'est pas simplement quelque chose à ajouter. Dans la même enquête nationale, des réserves de fer élevées ont été relevées chez 17,2 % de la population de 3 à 79 ans, surtout chez des hommes adultes. Source : The Journal of Nutrition, Statut en fer de la population au Canada, 2023
Dans le monde539 millions de femmes non enceintes dans le monde étaient touchées par l'anémie, ainsi qu'environ 269 millions d'enfants, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). L'anémie touche 30 % des femmes de 15 à 49 ans, 37 % des femmes enceintes et 40 % des enfants de 6 à 59 mois. L'OMS désigne la carence en fer comme la cause nutritionnelle la plus fréquente.Source : Organisation mondiale de la Santé (OMS), aide-mémoire sur l'anémie, 2025

Ce qu’est la carence en fer, et ce qu’elle n’est pas

Ce n’est pas la même chose que l’anémie. L’anémie signifie que votre hémoglobine a baissé; la carence en fer signifie que les réserves qui la soutiennent sont basses. Vous pouvez avoir des réserves basses avec une hémoglobine normale, ce qu’on appelle la carence en fer sans anémie. Une revue publiée en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) indique que les deux causent une morbidité importante.

Ce n’est pas non plus une simple question d’alimentation. Chez l’adulte, c’est souvent le premier signe d’un saignement, généralement du tube digestif ou dû à des règles abondantes. Et plus de fer n’est pas automatiquement mieux : l’enquête nationale qui a trouvé une carence chez 7 % de la population canadienne a trouvé des réserves de fer élevées chez 17,2 %, surtout chez des hommes adultes.

Signes et symptômes

  • Une fatigue que le repos ne soulage pas, et moins d’endurance que d’habitude
  • Un essoufflement ou un cœur qui bat fort à l’effort, ou des étourdissements en se levant
  • De la difficulté à se concentrer, une humeur basse ou une sensation de brouillard
  • Des jambes agitées et inconfortables, surtout la nuit
  • L’envie de manger ou de mâcher des choses qui ne sont pas des aliments, comme de la glace, ce qu’on appelle le pica

Les symptômes s’installent lentement et peuvent être vagues. La pâleur de la peau et les maux de tête apparaissent habituellement une fois que l’anémie s’est installée.

Une femme en chemise bleu pâle qui marche sur un sentier bordé d'arbres, à l'extérieur.
Chez l'adulte, un faible taux de fer est souvent le premier signe d'un saignement quelque part; les recommandations canadiennes visent donc à trouver la cause tout en remplaçant le fer. Photographie à titre d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • Les menstruations, qui causent une perte de fer chaque mois; des saignements plus abondants augmentent encore le risque
  • La grossesse. Dans une étude ontarienne citée par le CMAJ, 53 % des patientes enceintes suivies en consultation externe avaient une carence en fer
  • Les problèmes de santé qui réduisent l’absorption, dont la maladie cœliaque et une chirurgie bariatrique antérieure

Sur d’autres facteurs, on peut souvent agir, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Les saignements du tube digestif, que la ligne directrice de la Colombie-Britannique désigne comme une cause principale chez l’adulte : ulcères gastroduodénaux, maladie inflammatoire de l’intestin ou cancer colorectal
  • Le don régulier de sang total. La Société canadienne du sang a commencé en 2023 à mesurer la ferritine de façon sélective, parce que donner du sang fait perdre du fer
  • L’apport en fer par l’alimentation et son absorption, qu’un clinicien ou une clinicienne, ou encore un ou une diététiste, peut évaluer

Comment la carence en fer est diagnostiquée au Canada

La carence en fer se détecte par des analyses sanguines : une formule sanguine complète et le dosage de la ferritine sérique, que la ligne directrice de la Colombie-Britannique qualifie d’analyse de choix. Trouver un faible taux de fer marque le début de l’évaluation, pas la fin. La ligne directrice de la Colombie-Britannique précise quand on cherche une source de saignement : chez les hommes adultes et les femmes ménopausées qui ont une carence en fer inexpliquée, chez les femmes préménopausées qui n’ont pas de règles abondantes, et chaque fois qu’il y a un nouveau saignement du tube digestif. Cela peut mener à une demande de consultation pour une endoscopie ou une coloscopie.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins comportent deux volets : rétablir le fer, et s’occuper de ce qui a causé la perte. Une équipe soignante peut aborder :

  • La recherche et le traitement de la cause, ce qui, chez l’adulte, peut vouloir dire examiner le tube digestif ou les règles abondantes
  • Le fer par la bouche, que les recommandations canadiennes décrivent comme le traitement de première intention, habituellement un sel de fer comme le sulfate ferreux
  • Le fer par voie intraveineuse, utilisé lorsque le fer par la bouche n’est pas toléré ou n’a pas fonctionné, ou lorsque l’absorption est altérée
  • La réduction des pertes de sang menstruelles, au moyen d’options comme l’acide tranexamique, la contraception orale ou un stérilet libérant de la progestérone

Le fer est un médicament, pas un choix par défaut. Ce qui convient à votre situation est une décision à prendre entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne.

Quand consulter un médecin

  • Une douleur à la poitrine, un essoufflement grave, un évanouissement ou un cœur qui s’emballe nécessitent une évaluation d’urgence. Composez le 911 ou rendez-vous au service des urgences.
  • Des selles noires ou goudronneuses, du sang dans les selles, des vomissements de sang ou du sang dans l’urine nécessitent une évaluation urgente, car ils indiquent un saignement qu’il faut trouver.
  • Une carence en fer nouvellement découverte chez un homme adulte ou chez une femme ménopausée : c’est dans ce cas, selon la ligne directrice de la Colombie-Britannique, qu’on cherche une source de saignement dans le tube digestif.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la carence en fer

Le chiffre national n’est pas établi : l’estimation de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé est passée de 7 % à 10,5 % ou 12,6 % selon la façon dont l’inflammation était prise en compte, et les auteurs et autrices ont indiqué que les méthodes nécessitent davantage de recherche. Le repérage est inégal : une étude de dépistage ontarienne a trouvé une carence en fer sans anémie chez 38 % des personnes de sexe féminin non enceintes dépistées. Parmi les questions ouvertes : qui devrait passer un dépistage, si le fait de traiter des réserves basses avant l’apparition de l’anémie améliore la fatigue, et comment le fer par la bouche et le fer intraveineux se comparent.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, le consentement éclairé passe en premier, et vous pouvez arrêter à tout moment sans que cela touche vos soins habituels. Personne ne peut dire si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (8 sources)
  1. The Journal of Nutrition, Statut en fer de la population au Canada : résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2012 à 2019, 2023
  2. The Journal of Nutrition, Statut en fer et facteurs associés chez les Canadiennes : résultats de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, 2023
  3. Canadian Medical Association Journal (CMAJ), Diagnostic et prise en charge de la carence en fer chez les personnes de sexe féminin, 2025
  4. BC Guidelines (lignes directrices de la Colombie-Britannique), Carence en fer : diagnostic et prise en charge, 2019
  5. Statistique Canada, Rapports sur la santé : suffisance en fer de la population canadienne, 2012
  6. Société canadienne du sang, Bien-être des donneurs et donneuses et dosage de la ferritine, 2026
  7. Organisation mondiale de la Santé (OMS), aide-mémoire sur l'anémie, 2025
  8. HealthLink BC, Anémie ferriprive, 2026

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Quelle est la fréquence de la carence en fer au Canada?

Dans l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé menée entre 2012 et 2019, 7 % de la population canadienne de 3 à 79 ans avait une carence en fer et 2,0 % avait une anémie ferriprive. Le taux était beaucoup plus élevé chez les personnes de sexe féminin en âge de procréer : 18,2 % de celles de 19 à 50 ans et 21,3 % de celles de 14 à 18 ans. Pour l'ensemble de la population, les estimations grimpent à une valeur située entre 10,5 % et 12,6 % une fois les données ajustées en fonction de l'inflammation, ce qui, selon les auteurs et autrices, nécessite plus de recherche.

Peut-on avoir une carence en fer sans être anémique?

Oui. La carence en fer signifie que les réserves de fer sont basses; l'anémie signifie que l'hémoglobine dans votre sang a aussi baissé. Vous pouvez avoir des réserves basses avec une hémoglobine normale : c'est ce qu'on appelle la carence en fer sans anémie. La revue de 2025 du Canadian Medical Association Journal (CMAJ) sur la carence en fer chez les personnes de sexe féminin indique que cette forme et l'anémie ferriprive causent toutes deux une morbidité importante, et une étude de dépistage ontarienne a trouvé une carence en fer sans anémie chez 38 % des personnes de sexe féminin non enceintes dépistées.

Pourquoi un médecin chercherait-il un saignement au lieu de simplement prescrire du fer?

Parce que chez l'adulte, un faible taux de fer est souvent un indice plutôt qu'un diagnostic. La ligne directrice de la Colombie-Britannique désigne le saignement du tube digestif, dû entre autres à des ulcères gastroduodénaux, à une maladie inflammatoire de l'intestin ou à un cancer colorectal, comme une cause principale de carence en fer chez l'adulte. Elle précise qu'on cherche une source de saignement chez les hommes adultes et les femmes ménopausées qui ont une carence en fer inexpliquée, ainsi que chez les femmes préménopausées lorsque des règles abondantes ne sont pas l'explication évidente. Remplacer le fer sans trouver la cause peut masquer un problème de santé qui doit être traité.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 3 études sur Carence en fer
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