Problème de santé

Syndrome prémenstruel (SPM)

De l'information en langage clair sur le syndrome prémenstruel et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) au Canada, et sur les recherches en recrutement pour ces problèmes de santé en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture6 min
Au Canada99 % dans une étude torontoise
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

Le syndrome prémenstruel (SPM) est l’ensemble des changements physiques et émotionnels qui apparaissent dans la deuxième moitié du cycle menstruel et qui se résorbent dans les quelques jours suivant le début des règles. Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) en est une forme plus grave. Les symptômes liés à l’humeur y sont assez forts pour nuire au travail, aux études, aux relations ou à la vie quotidienne. Les deux suivent le rythme hormonal du cycle, et les deux cessent lorsque les menstruations cessent.

En chiffres au Canada
99 %des 1 102 femmes de 20 à 29 ans d'une étude torontoise ont signalé au moins un symptôme prémenstruel, quel qu'en soit le degré de gravité. Les crampes et les ballonnements arrivaient en tête, à 75 % chacun, suivis des sautes d'humeur, à 73 %. Il s'agit d'une seule ville et d'un seul groupe d'âge, et non d'une donnée nationale.
Source : Jarosz, Jamnik et El-Sohemy, BMC Women's Health (Toronto Nutrigenomics and Health Study), 2017
  • Un article de synthèse du Journal de l'Association médicale canadienne indique que le diagnostic du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) exige au moins cinq symptômes, dont au moins un symptôme lié à l'humeur. Il précise que les symptômes doivent être suivis au jour le jour sur au moins deux cycles menstruels, parce que le souvenir des cycles passés n'est pas fiable. Source : Journal de l'Association médicale canadienne, Premenstrual dysphoric disorder, 2024
  • Dans la même cohorte torontoise, les personnes qui utilisaient une contraception hormonale présentaient un risque plus faible de crampes modérées ou graves et de plusieurs autres symptômes que les personnes qui n'en utilisaient pas. Toutefois, l'utilisation d'une contraception hormonale n'était pas associée au risque de symptômes prémenstruels de faible gravité. Source : Jarosz, Jamnik et El-Sohemy, BMC Women's Health, 2017
Dans le monde1,6 % des femmes et des filles qui ont leurs règles ont un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) confirmé par un suivi des symptômes au jour le jour, soit environ 31 millions de personnes dans le monde, selon une méta-analyse de 44 études portant sur 50 659 personnes participantes sur six continents. Une proportion supplémentaire de 3,2 % répondait à des critères provisoires, sans confirmation.Source : Université d'Oxford, d'après Reilly et al., Journal of Affective Disorders, 2024

Ce que sont le SPM et le TDPM, et ce qu’ils ne sont pas

La caractéristique clé est le moment où surviennent les symptômes, et non la liste des symptômes. À eux seuls, des crampes, une humeur triste ou de l’irritabilité n’en disent pas long à un professionnel ou à une professionnelle de la santé. Ce qui oriente vers le SPM ou le TDPM, c’est que les symptômes s’intensifient dans les jours qui précèdent les règles et disparaissent dans les quelques jours suivant leur arrivée, cycle après cycle. Si les mêmes symptômes persistent tout le mois, ce profil oriente vers un autre problème de santé qui nécessite sa propre évaluation.

Le TDPM n’est pas non plus simplement une version plus intense d’une semaine ordinaire. Le Journal de l’Association médicale canadienne indique que son diagnostic exige au moins cinq symptômes, dont au moins un symptôme lié à l’humeur, suivis sur au moins deux cycles. Ce seuil existe parce que le TDPM perturbe le fonctionnement quotidien, et parce qu’il s’agit d’un problème de santé clinique reconnu, et non d’une question de personnalité ou de volonté.

Signes et symptômes

  • Humeur triste, envie de pleurer ou sentiment de désespoir dans les jours qui précèdent les règles
  • Irritabilité, colère ou changements d’humeur soudains
  • Anxiété, ou sentiment d’être à cran
  • Difficulté à se concentrer, ou impression d’avoir l’esprit embrouillé
  • Changements du sommeil, soit dormir beaucoup plus, soit beaucoup moins
  • Seins sensibles, ballonnements, maux de tête, crampes et douleurs articulaires ou musculaires
  • Changements de l’appétit ou envies alimentaires

Les symptômes qui apparaissent, et leur intensité, varient d’une personne à l’autre et peuvent changer au fil des années. Dans l’étude torontoise à l’origine de la donnée ci-dessus, les crampes et les ballonnements étaient les symptômes les plus souvent signalés, suivis des sautes d’humeur.

Une femme debout à une porte de balcon ouverte, un verre d'eau à la main, l'autre main levée vers son front.
Au Canada, les professionnels et professionnelles de la santé demandent de noter les symptômes chaque jour pendant au moins deux cycles, parce que c'est le moment où surviennent les symptômes qui distingue le syndrome prémenstruel (SPM) et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • Avoir des cycles menstruels, puisque les symptômes sont liés au rythme hormonal du cycle
  • Des antécédents personnels ou familiaux de dépression, d’anxiété ou de troubles de l’humeur post-partum
  • Les différences individuelles dans la façon dont le cerveau réagit aux variations hormonales normales
  • L’âge, puisque les symptômes deviennent souvent plus perceptibles vers la fin de la vie reproductive

D’autres peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Un niveau de stress élevé ou constant
  • Le tabagisme
  • Les perturbations du sommeil, le manque d’activité physique et une forte consommation d’alcool ou de caféine, qui, selon certaines personnes, rendent les symptômes plus difficiles à gérer

Comment le SPM et le TDPM sont diagnostiqués au Canada

Aucune analyse de sang ne permet de diagnostiquer l’un ou l’autre. Au Canada, les professionnels et professionnelles de la santé vous demandent de noter vos symptômes chaque jour pendant au moins deux cycles menstruels. C’est en effet le moment où surviennent les symptômes par rapport à vos règles qui distingue ces problèmes de santé des troubles de l’humeur ou des problèmes physiques qui persistent tout le mois. Le Journal de l’Association médicale canadienne souligne que le souvenir des cycles passés n’est pas fiable, et c’est pourquoi on utilise plutôt un suivi au jour le jour. Un examen de vos antécédents, un examen physique et parfois des analyses sanguines peuvent servir à écarter d’autres explications, comme des problèmes de thyroïde ou l’anémie.

Traitement et prise en charge au quotidien

Au Canada, les soins visent les symptômes qui vous touchent le plus, et la partie du cycle où ils apparaissent. Selon votre situation et ce qui compte pour vous, une équipe soignante peut aborder :

  • Les inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine et les antidépresseurs sérotoninergiques apparentés, pris en continu ou seulement pendant la deuxième moitié du cycle
  • La contraception hormonale combinée, y compris les formulations contenant de la drospirénone
  • Les agonistes de l’hormone de libération des gonadotrophines avec un traitement hormonal d’appoint, décrits dans la littérature canadienne pour le TDPM grave ou résistant au traitement
  • Les analgésiques et les anti-inflammatoires sans ordonnance pour les symptômes physiques comme les crampes et les maux de tête
  • La thérapie cognitivo-comportementale, et des changements touchant l’exercice, les habitudes de sommeil, la caféine et l’alcool

Ce qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre. C’est à vous et à votre propre professionnel ou professionnelle de la santé de décider lesquelles de ces options s’appliquent à vous, s’il y a lieu. Cette page ne constitue une recommandation au sujet d’aucune d’entre elles.

Quand consulter un médecin

  • Consultez un professionnel ou une professionnelle de la santé si les symptômes prémenstruels nuisent régulièrement à votre travail, à vos études, à votre rôle de proche aidant ou à vos relations, ou si les mesures en vente libre ne suffisent pas.
  • Consultez rapidement si vous avez des pensées suicidaires ou d’automutilation à n’importe quel moment de votre cycle. Au Canada, vous pouvez appeler le 988, la Ligne d’aide en cas de crise de suicide, ou lui envoyer un texto, en tout temps.
  • Prenez rendez-vous si les symptômes ne se résorbent pas dans les quelques jours suivant le début de vos règles, ou s’ils persistent tout le mois, puisque ce profil oriente vers un autre problème de santé qui nécessite sa propre évaluation.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour le SPM et le TDPM

Les chercheurs et chercheuses ne savent toujours pas pourquoi une minorité de personnes sont très sensibles aux variations hormonales cycliques ordinaires alors que la plupart ne le sont pas, et aucun test biologique ne permet de déceler le TDPM. Le Canada ne dispose d’aucune estimation nationale de la prévalence de l’un ou l’autre de ces problèmes de santé. Il existe aussi peu de données canadiennes sur le temps d’attente avant un diagnostic ou sur le nombre de personnes qui reçoivent des soins : la donnée canadienne la plus proche provient d’une seule étude menée auprès de femmes de 20 à 29 ans dans une seule ville. Des essais en cours examinent des composés qui ciblent les voies des neurostéroïdes, des stratégies antidépressives administrées en continu ou seulement pendant la phase lutéale, des approches de suppression hormonale et des outils numériques de suivi du cycle pour appuyer le diagnostic au jour le jour.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne signifie pas renoncer à votre traitement actuel, et personne ne peut savoir à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus grâce à des sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (4 sources)
  1. Jarosz, Jamnik et El-Sohemy, Hormonal contraceptive use and prevalence of premenstrual symptoms in a multiethnic Canadian population, BMC Women's Health, 2017
  2. Journal de l'Association médicale canadienne, Premenstrual dysphoric disorder, 2024
  3. Your Period, Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, Syndrome prémenstruel, 2026
  4. Nouvelles de l'Université d'Oxford, d'après la méta-analyse de Reilly et al., Journal of Affective Disorders, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le syndrome prémenstruel (SPM) et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM)?

Le SPM englobe les changements physiques et émotionnels que beaucoup de personnes remarquent dans la deuxième moitié de leur cycle. Le TDPM est une forme plus grave, dans laquelle les symptômes liés à l'humeur sont assez forts pour perturber le fonctionnement quotidien. Le Journal de l'Association médicale canadienne indique que son diagnostic exige au moins cinq symptômes, dont au moins un symptôme lié à l'humeur. Les deux se résorbent dans les quelques jours suivant le début des règles.

Pourquoi dois-je noter mes symptômes pendant deux cycles à la demande de mon professionnel ou de ma professionnelle de la santé?

Le moment où surviennent les symptômes est la clé de l'évaluation. Le Journal de l'Association médicale canadienne souligne que le souvenir des cycles passés n'est pas fiable. On utilise donc un suivi quotidien sur au moins deux cycles pour confirmer que les symptômes suivent le cycle et disparaissent ensuite. Ce suivi aide aussi à distinguer le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) des troubles de l'humeur qui persistent tout le mois.

Existe-t-il des données canadiennes sur la fréquence du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM)?

Aucune estimation nationale canadienne de la prévalence du TDPM n'a pu être vérifiée. La donnée canadienne disponible la plus proche provient d'une étude torontoise sur les symptômes prémenstruels menée auprès de femmes de 20 à 29 ans, et l'estimation mondiale d'environ 1,6 % provient d'une méta-analyse internationale. Ce manque est l'une des raisons pour lesquelles la participation à la recherche au Canada est importante.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Syndrome prémenstruel (SPM)
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
Études de recherche

Études pour Syndrome prémenstruel (SPM)

Voir tous les essais : Syndrome prémenstruel (SPM) →
L'infolettre santé canadienne

La recherche en santé expliquée, une fois par mois

Les nouvelles études et des articles en langage clair tirés de notre bibliothèque santé.

Alertes sur les études : un courriel seulement lorsqu'une étude qui vous correspond s'ouvre. Communauté : notre équipe de recherche peut communiquer avec vous au sujet d'études qui pourraient vous convenir. Joignez-vous à la communauté