Problème de santé

Insomnie

De l'information en langage clair sur l'insomnie au Canada et sur les études qui recrutent pour ce problème de santé en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture7 min
Au Canada23,8 % des adultes, environ 1 sur 4
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

L’insomnie désigne la difficulté à s’endormir ou à dormir sans interruption, ou encore le fait de se réveiller trop tôt sans pouvoir se rendormir, même lorsque vous avez la possibilité de dormir. Elle devient un trouble lorsqu’elle persiste pendant des semaines ou des mois et qu’elle nuit à la façon dont vous vous sentez et fonctionnez pendant la journée. Ce n’est pas simplement une question d’heures passées au lit, ni une question de volonté.

En chiffres au Canada
23,8 %des adultes de 18 ans et plus au Canada ont signalé des symptômes d'insomnie nocturne de 2014 à 2015, c'est-à-dire de la difficulté à trouver le sommeil ou à le maintenir la plupart du temps ou tout le temps. C'était en hausse par rapport à 16,8 % de 2007 à 2009.
Source : Statistique Canada, Rapports sur la santé, 2018
  • Les symptômes d'insomnie signalés ont augmenté d'environ 42 % chez les adultes au Canada au cours de quatre cycles de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé, entre la période 2007-2009 et la période 2014-2015. Les symptômes étaient plus fréquents chez les femmes, ainsi que chez les personnes ayant un niveau de scolarité et un revenu du ménage plus faibles. Source : Statistique Canada, Rapports sur la santé, 2018
  • Au Canada, les symptômes d'insomnie ont tendance à durer. La plupart des personnes qui en signalaient ont dit qu'ils duraient depuis un an ou plus, et de 52 % à 59 % d'entre elles dormaient moins que le nombre d'heures recommandé, comparativement à environ un tiers de l'ensemble de la population canadienne. Source : Statistique Canada, Rapports sur la santé, 2018
  • L'insomnie va de pair avec un moins bon bien-être au milieu de la vie et à un âge plus avancé. Chez les adultes de 45 à 85 ans de l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, les personnes ayant de l'insomnie ont signalé une insatisfaction à l'égard de la vie 54 % plus élevée, une détresse psychologique 28 % plus élevée et des taux de santé mentale passable ou mauvaise 65 % plus élevés que les personnes sans insomnie. Source : Santé Ontario, norme de qualité sur le trouble d'insomnie, 2025

Ce qu’est l’insomnie, et ce qu’elle n’est pas

L’insomnie n’est pas la même chose qu’un sommeil de courte durée, et il faut distinguer les deux. Les besoins en sommeil varient d’un adulte à l’autre, et ce qui compte, c’est que votre sommeil vous permette de passer à travers la journée. Statistique Canada a constaté que de 52 % à 59 % des personnes au Canada ayant des symptômes d’insomnie dormaient moins que la durée recommandée, comparativement à environ un tiers de l’ensemble de la population. Les deux se recoupent donc sans être identiques. Bien des gens restent au lit pendant huit heures et se réveillent quand même avec un sommeil non réparateur.

Ce n’est pas non plus, en général, une phase passagère qu’il suffit d’attendre. La plupart des personnes au Canada qui signalaient des symptômes d’insomnie ont dit qu’ils duraient depuis un an ou plus. L’insomnie va aussi souvent de pair avec autre chose, notamment la douleur chronique, l’arthrite, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil, les symptômes de la ménopause, une hypertrophie de la prostate, une humeur dépressive ou l’anxiété. Repérer ce qui se passe d’autre fait partie de l’évaluation plutôt que d’être un détour. Les problèmes de santé liés sont présentés dans nos pages sur la douleur chronique et la dépression.

Signes et symptômes

  • Mettre longtemps à trouver le sommeil une fois au lit
  • Se réveiller plusieurs fois pendant la nuit et avoir du mal à se rendormir
  • Se réveiller beaucoup plus tôt que prévu
  • Ressentir de la fatigue, avoir l’esprit embrumé ou être irritable pendant la journée
  • Avoir du mal à se concentrer, à se souvenir de choses ou à prendre des décisions
  • S’inquiéter de son sommeil ou redouter l’heure du coucher
  • Un sommeil qui n’est pas réparateur, même après une nuit complète au lit

La plupart des gens présentent un mélange de ces symptômes plutôt qu’un seul, et le profil change souvent avec le temps : des mois de difficulté à s’endormir peuvent se transformer en des mois de réveils à 4 h du matin.

Une personne adulte assise sur un banc de parc, une main sur la poitrine, prend une lente respiration.
Des heures de coucher et de lever régulières et l'activité pendant la journée font partie de programmes structurés comme la thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie (TCC-I), que Santé Ontario décrit comme l'approche de première intention chez les adultes. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Le vieillissement, car le sommeil devient plus léger et plus fragmenté avec l’âge
  • Le fait d’être une femme, ce qui est associé à des taux déclarés plus élevés dans les données d’enquêtes canadiennes
  • Des antécédents familiaux d’insomnie
  • Des problèmes de santé qui perturbent le sommeil, comme la douleur chronique, l’arthrite, le syndrome des jambes sans repos, l’apnée du sommeil, les symptômes de la ménopause et une hypertrophie de la prostate

D’autres facteurs peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Des heures de coucher et de lever irrégulières, y compris le travail par quarts et les longues siestes
  • La caféine, l’alcool, la nicotine et l’utilisation d’écrans peu avant le coucher
  • Le stress, les inquiétudes, une humeur dépressive, et l’anxiété ou la dépression non traitées

Comment l’insomnie est diagnostiquée au Canada

L’insomnie est diagnostiquée surtout au moyen d’une conversation plutôt que de tests. Un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien vous pose des questions sur votre profil de sommeil, depuis combien de temps le problème dure, ses effets sur vos journées, ainsi que sur la caféine, l’alcool, les médicaments, l’humeur, la douleur et le travail par quarts. On pourrait vous demander de tenir un journal du sommeil pendant une à deux semaines. Une étude du sommeil n’est généralement utilisée que si l’on soupçonne un autre trouble du sommeil, comme l’apnée du sommeil ou un trouble du mouvement. Certaines personnes sont orientées vers une clinique du sommeil ou vers un ou une psychologue ayant une formation en sommeil.

Traitement et prise en charge au quotidien

Au Canada, il existe un écart entre ce que recommandent les lignes directrices et ce que la plupart des gens reçoivent réellement, et il vaut la peine de le savoir. Selon votre situation, une équipe soignante peut aborder ce qui suit :

  • La thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCC-I), offerte en individuel, en groupe, ou au moyen de programmes numériques ou avec soutien téléphonique. La norme de qualité de 2025 de Santé Ontario la décrit comme l’approche de première intention chez les adultes ayant un trouble d’insomnie
  • Les somnifères sur ordonnance, qui, selon Santé Ontario, demeurent le traitement le plus couramment utilisé au Canada. La norme de qualité les décrit comme étant proposés après un essai adéquat de la TCC-I, à la plus faible dose et pour la plus courte durée
  • L’évaluation et la prise en charge des problèmes de santé qui perturbent le sommeil, notamment la douleur chronique, l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, les symptômes de la ménopause, la dépression et l’anxiété, ainsi qu’une révision des médicaments qui ont un effet sur le sommeil
  • Des composantes comportementales utilisées dans le cadre de programmes structurés, comme des heures de coucher et de lever régulières, le contrôle par le stimulus, la restriction du sommeil et l’entraînement à la relaxation
  • Les produits en vente libre et les suppléments, que les gens essaient souvent d’eux-mêmes et dont il vaut la peine de parler à votre pharmacien ou pharmacienne ou à un membre de votre équipe soignante, en raison des interactions avec d’autres médicaments

L’accès à des personnes formées pour offrir la TCC-I varie d’une région à l’autre du pays; ce qui est réellement offert près de chez vous fait donc partie de la discussion. Ces décisions se prennent entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne. Si vous prenez déjà un somnifère sur ordonnance, tout changement doit être discuté avec la personne qui vous l’a prescrit plutôt que d’être fait de vous-même.

Quand parler à un médecin

  • Obtenez des soins médicaux si vous vous endormez sans le vouloir pendant la journée, surtout en conduisant, et arrêtez-vous en lieu sûr si la somnolence vous gagne au volant. Une somnolence persistante pendant la journée peut indiquer un trouble du sommeil, comme l’apnée du sommeil, qui doit être évalué.
  • Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence si vous avez des pensées de vous faire du mal. Au Canada, vous pouvez aussi joindre la Ligne d’aide en cas de crise de suicide 988 en tout temps, en appelant ou en envoyant un texto au 988. L’insomnie persistante et une humeur dépressive surviennent souvent ensemble.
  • Prenez rendez-vous si votre mauvais sommeil dure depuis plus de quelques semaines, si la personne qui partage votre lit remarque que vous arrêtez de respirer, que vous haletez ou que vous vous étouffez pendant votre sommeil, ou si vous comptez sur l’alcool ou sur des produits pour dormir en vente libre pour vous endormir.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’insomnie

L’accès est le principal problème non résolu au Canada. La norme de qualité de Santé Ontario décrit la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie comme l’approche de première intention, mais les médicaments sur ordonnance demeurent le traitement le plus couramment utilisé, et les personnes formées pour l’offrir sont réparties inégalement au pays. Les équipes de recherche ne peuvent pas non plus prédire qui répondra à la thérapie comportementale plutôt qu’aux médicaments, et les résultats à long terme après l’arrêt du traitement sont mal connus. Des essais en cours évaluent la TCC-I offerte en format numérique ou par application, des modèles de soins par étapes et de groupe qui élargissent l’accès, de nouvelles classes de somnifères, dont les antagonistes des récepteurs de l’orexine, des approches pour les personnes dont l’insomnie coexiste avec la douleur chronique, la ménopause ou des problèmes de santé mentale, ainsi que des stratégies pour réduire graduellement l’usage prolongé de somnifères.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela nuise aux soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus grâce à des sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (3 sources)
  1. Statistique Canada, Rapports sur la santé, Prévalence de l'insomnie au Canada chez les personnes de 6 à 79 ans, 2018
  2. Santé Ontario, Trouble d'insomnie : soins aux adultes (norme de qualité), 2025
  3. Société canadienne du sommeil, 2026

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Combien d'heures de sommeil me faut-il vraiment?

Les besoins en sommeil varient d'un adulte à l'autre, et le nombre d'heures compte moins que le fait que votre sommeil vous permette de fonctionner pendant la journée. Statistique Canada a constaté que de 52 % à 59 % des personnes au Canada ayant des symptômes d'insomnie dormaient moins que la durée recommandée, comparativement à environ un tiers de l'ensemble de la population. Si vous dormez suffisamment d'heures, mais que votre sommeil n'est quand même pas réparateur, il vaut la peine d'en parler à votre professionnel ou professionnelle de la santé.

Qu'est-ce que la thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie (TCC-I)?

TCC-I signifie « thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie ». Il s'agit d'un programme structuré, habituellement réparti sur plusieurs semaines, qui agit sur les pensées, les habitudes et les horaires qui entretiennent l'insomnie, notamment des heures de coucher et de lever régulières, ce que vous faites quand vous n'arrivez pas à dormir et l'inquiétude liée au sommeil lui-même. La norme de qualité de 2025 de Santé Ontario la décrit comme l'approche de première intention chez les adultes ayant un trouble d'insomnie, et elle peut être offerte en personne, en groupe ou au moyen de programmes numériques.

Puis-je participer à une étude sur l'insomnie si je prends déjà un somnifère?

Parfois, oui. Certains essais recrutent précisément des personnes qui prennent actuellement des somnifères, y compris des études sur la réduction ou l'arrêt de ces médicaments, tandis que d'autres exigent d'abord une période sans ces médicaments. Chaque étude a ses propres règles, et l'équipe de recherche passera vos médicaments en revue avec vous avant que vous preniez votre décision. N'arrêtez et ne modifiez jamais de vous-même un somnifère prescrit; parlez-en d'abord à la personne qui vous l'a prescrit.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Insomnie
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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