Problème de santé

Perte de mémoire (amnésie)

Information en langage clair sur la perte de mémoire, le trouble cognitif léger et les troubles neurocognitifs au Canada, et sur les études qui recrutent en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture8 min
Au Canada771 939 personnes vivant avec des troubles neurocognitifs
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

Un certain oubli vient avec l’âge, comme mettre plus de temps à trouver un nom que vous connaissez parfaitement. D’autres changements méritent d’être évalués : ceux qui continuent de s’aggraver, que vos proches remarquent ou qui commencent à nuire aux tâches quotidiennes. Cette page couvre tout cet éventail, des changements normaux de la mémoire au trouble cognitif léger, jusqu’aux troubles neurocognitifs (démence).

En chiffres au Canada
771 939personnes au Canada vivaient avec des troubles neurocognitifs au 1er janvier 2025, selon la Société Alzheimer du Canada, qui estime que 414 personnes en développent chaque jour.
Source : Société Alzheimer du Canada, Les troubles neurocognitifs au Canada en chiffres, 2025
  • Les chiffres augmentent rapidement. La Société Alzheimer du Canada prévoit près de 1 million de personnes vivant avec des troubles neurocognitifs au Canada d'ici 2030 et plus de 1,7 million d'ici 2050, année où environ 685 personnes recevraient un diagnostic chaque jour. Source : Société Alzheimer du Canada, Étude marquante, 2025
  • Au Canada, les troubles neurocognitifs touchent davantage les femmes que les hommes et augmentent fortement avec l'âge. En 2020, 61,8 % des personnes vivant avec des troubles neurocognitifs au Canada étaient des femmes, et la prévalence fait plus que doubler tous les cinq ans après 65 ans, passant de moins de 1 % chez les 65 à 69 ans à environ 1 personne sur 4 chez les 85 ans et plus. Source : Société Alzheimer du Canada et Institut canadien d'information sur la santé, 2024
  • Les coûts des soins et les heures consacrées aux soins sont considérables. Les coûts totaux pour le système de santé et les frais personnels liés aux soins des personnes atteintes de troubles neurocognitifs sont 5,5 fois plus élevés que pour les personnes qui n'en sont pas atteintes, et les coûts annuels devraient passer de 8,3 milliards de dollars à 16,6 milliards de dollars d'ici 2031. La famille et les amis fournissent plus de 580 millions d'heures de soins par année, soit en moyenne 26 heures par semaine, comparativement à 17 heures pour d'autres problèmes de santé. Source : Institut canadien d'information sur la santé et Société Alzheimer du Canada, 2024
Dans le monde57 millions de personnes dans le monde vivaient avec des troubles neurocognitifs en 2021, et près de 10 millions de nouveaux cas apparaissent chaque année. Les troubles neurocognitifs sont la septième cause de décès dans le monde, et leur coût économique a atteint environ 1,3 billion de dollars américains en 2019.Source : Organisation mondiale de la Santé, 2021

Changements normaux de la mémoire, trouble cognitif léger et troubles neurocognitifs

Ce sont trois choses différentes, et la distinction est importante. Le vieillissement normal se traduit souvent par un rappel plus lent : le nom ou le mot finit par venir, mais plus tard, et plus lentement en cas de fatigue ou de distraction. Le trouble cognitif léger, souvent abrégé en TCL, désigne des problèmes de mémoire, de langage, de réflexion ou de jugement plus importants que ce qu’on attend à votre âge, mais pas assez graves pour vous empêcher de vivre de façon autonome. On parle de troubles neurocognitifs lorsque ces changements deviennent assez importants pour nuire à la vie quotidienne, et la maladie d’Alzheimer en est la cause la plus fréquente. L’amnésie désigne une perte de souvenirs plus précise, qui peut survenir après un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral (AVC), une infection ou certains problèmes de santé.

Le trouble cognitif léger n’est pas un diagnostic de troubles neurocognitifs précoces, et ce n’est pas un chemin à sens unique. La Société Alzheimer du Canada indique que l’évolution varie : certaines personnes restent stables, certaines voient leur état s’améliorer, et ce ne sont pas toutes les personnes qui développent des troubles neurocognitifs. Certaines causes de troubles de la mémoire peuvent aussi être traitées une fois qu’elles sont repérées, dont les problèmes de thyroïde, les carences en vitamines, les infections, la dépression et les effets secondaires des médicaments. C’est justement pourquoi l’évaluation commence par leur recherche, et pourquoi il vaut la peine de se faire examiner plutôt que de le redouter. Les problèmes de santé connexes sont présentés dans nos pages sur la maladie d’Alzheimer et les troubles neurocognitifs.

Signes et symptômes

  • Oublier des conversations, des rendez-vous ou des événements récents plus souvent qu’avant
  • Répéter les mêmes questions ou histoires en peu de temps
  • Avoir du mal à trouver le bon mot, ou perdre le fil d’une conversation
  • Avoir de la confusion quant à la date, à la saison ou à l’endroit où l’on se trouve
  • Avoir de la difficulté avec des tâches familières comme gérer son argent, suivre une recette ou conduire sur un trajet connu
  • Égarer des objets et les ranger à des endroits inhabituels
  • Changements d’humeur, de personnalité, de jugement ou de motivation remarqués par la famille ou les amis

Ces changements apparaissent habituellement de façon graduelle sur plusieurs mois plutôt que soudainement. Ce qui compte le plus, ce n’est pas un oubli isolé, mais le fait qu’il y ait eu un changement par rapport à ce que vous étiez avant, et que la vie quotidienne soit touchée.

Les mains jointes d'une personne âgée posées sur une table, dans une lumière douce.
L'activité physique structurée, la participation sociale et les routines qui facilitent les tâches quotidiennes font partie des soins au Canada, en plus du traitement des problèmes de santé qui ont un effet sur la pensée. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Vieillir, puisque le risque double environ tous les cinq ans après 65 ans
  • Être une femme, puisque les femmes représentent environ 62 % des personnes vivant avec des troubles neurocognitifs au Canada
  • Les antécédents familiaux et certains facteurs génétiques
  • La trisomie 21 (syndrome de Down) et certaines autres maladies génétiques

D’autres facteurs peuvent souvent être pris en main, habituellement avec le soutien d’une équipe de soins de santé :

  • L’hypertension artérielle, le diabète, le cholestérol élevé, l’excès de poids et le tabagisme, qui touchent les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau
  • L’inactivité physique, la consommation excessive d’alcool, l’isolement social, la dépression et un sommeil de mauvaise qualité
  • La perte auditive non traitée, et les traumatismes crâniens répétés, y compris ceux causés par des chutes

Comment les problèmes de mémoire sont évalués au Canada

L’évaluation commence habituellement chez un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, qui recueille vos antécédents auprès de vous et, avec votre permission, auprès d’une personne proche de vous, et qui demande comment les changements touchent les tâches quotidiennes. De courts tests de la pensée et de la mémoire, comme l’Évaluation cognitive de Montréal (MoCA) ou le mini-examen de l’état mental (MMSE), sont couramment utilisés, ainsi que des analyses sanguines et une révision de vos médicaments, afin de rechercher des facteurs réversibles comme des problèmes de thyroïde, une carence en vitamines, une infection, une dépression ou des effets secondaires de médicaments. Une imagerie cérébrale peut être demandée, et les personnes sont souvent orientées vers un ou une gériatre, neurologue ou gérontopsychiatre, ou vers une clinique de la mémoire. La Société Alzheimer du Canada souligne qu’il n’existe aucun test unique pour le trouble cognitif léger; l’évaluation repose donc sur le portrait global au fil du temps.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins vont au-delà des médicaments. Ils visent habituellement à traiter ce qui peut l’être, à garder la vie quotidienne gérable et à soutenir votre entourage autant que vous. Selon les résultats et ce qui compte pour vous, une équipe de soins de santé peut aborder :

  • L’évaluation et la prise en charge des problèmes de santé qui y contribuent, dont la pression artérielle, le diabète, le cholestérol, les problèmes de thyroïde, les carences en vitamines, la perte auditive, la dépression et les effets secondaires des médicaments
  • Les médicaments utilisés dans la maladie d’Alzheimer et les troubles neurocognitifs apparentés, dont les inhibiteurs de la cholinestérase et la mémantine, ainsi que de nouvelles thérapies ciblant la protéine amyloïde, dont l’accès au Canada dépend de l’autorisation de Santé Canada et des décisions de financement des provinces
  • Des approches non médicamenteuses comme la stimulation et la réadaptation cognitives, l’activité physique structurée, la participation sociale, le soutien au sommeil et des routines qui facilitent les tâches quotidiennes
  • L’ergothérapie, l’évaluation de la sécurité à domicile, l’évaluation de la conduite automobile et l’orthophonie lorsque la communication est touchée
  • Le soutien aux proches aidants, le répit, les soins à domicile et la planification préalable des soins, coordonnés par les programmes provinciaux de soins à domicile et en milieu communautaire et les sections de la Société Alzheimer

Ce qui convient dépend de la cause, du stade et de vos propres priorités, y compris la façon dont vous souhaitez que les décisions soient prises à l’avenir. Ces discussions se font entre vous, les personnes que vous choisissez d’inclure et votre propre clinicien ou clinicienne.

Quand consulter un médecin

  • Composez immédiatement le 911 en cas de confusion soudaine ou de perte de mémoire soudaine, surtout si elle s’accompagne de faiblesse ou d’engourdissement d’un côté du corps, d’un affaissement du visage, de difficulté à parler ou de changements de la vision. Ce sont des signes d’un possible AVC, et le temps compte.
  • Obtenez des soins urgents en cas de confusion qui apparaît en quelques heures ou quelques jours, en particulier avec de la fièvre, une chute ou un traumatisme crânien, un nouveau médicament ou un changement soudain de comportement, car le délirium et ses causes doivent être évalués rapidement.
  • Prenez rendez-vous avec votre professionnel ou professionnelle de la santé si les changements de mémoire ou de réflexion s’aggravent au fil des mois, sont remarqués par vos proches ou commencent à nuire à la conduite, aux finances, à la prise de médicaments ou à la sécurité à la maison.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la perte de mémoire et les troubles neurocognitifs

Rien de ce qui existe aujourd’hui n’arrête ni n’inverse la maladie d’Alzheimer ou la plupart des autres troubles neurocognitifs, et les cliniciens et cliniciennes ne peuvent pas prédire de façon fiable quelles personnes ayant un trouble cognitif léger verront leur état progresser, rester stable ou s’améliorer. De plus, le diagnostic arrive souvent tard, après que des changements importants se sont déjà produits. La recherche porte surtout sur les biomarqueurs sanguins et d’imagerie qui pourraient détecter la maladie plus tôt, sur les médicaments modificateurs de la maladie, notamment ceux qui ciblent les protéines amyloïde et tau et les approches anti-inflammatoires, sur les traitements de symptômes comme l’agitation et les troubles du sommeil, et sur les essais de prévention qui combinent l’exercice, l’alimentation, l’entraînement cognitif et la prise en charge de la pression artérielle, de l’audition et d’autres facteurs de risque.

De nombreuses études dans ce domaine vous demandent de venir avec un ou une partenaire d’étude, soit un membre de votre famille ou une personne amie qui vous voit régulièrement, car les changements dans la pensée sont souvent plus évidents pour une autre personne que pour la personne qui les vit. La participation est volontaire, vous et votre partenaire d’étude donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et chacune des deux personnes peut arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (6 sources)
  1. Société Alzheimer du Canada, Les troubles neurocognitifs au Canada en chiffres (Étude marquante), 2025
  2. Société Alzheimer du Canada, Étude marquante : les nombreux visages des troubles neurocognitifs (démence) au Canada, 2024
  3. Institut canadien d'information sur la santé, Répercussions des troubles neurocognitifs (démence) sur la population canadienne, 2024
  4. Agence de la santé publique du Canada, La démence au Canada, y compris la maladie d'Alzheimer : faits saillants du Système canadien de surveillance des maladies chroniques, 2017
  5. Société Alzheimer du Canada, Trouble cognitif léger, 2026
  6. Organisation mondiale de la Santé, fiche d'information sur les troubles neurocognitifs (démence), 2021

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Oublier des noms, est-ce un signe de troubles neurocognitifs?

À lui seul, généralement pas. Mettre plus de temps à se rappeler un nom ou un mot fait souvent partie du vieillissement normal, surtout en cas de fatigue ou de distraction. Les changements qui doivent être évalués sont ceux qui s'aggravent avec le temps, que d'autres personnes remarquent ou qui commencent à nuire aux tâches quotidiennes comme gérer son argent, prendre ses médicaments ou conduire de façon sécuritaire.

Le trouble cognitif léger évolue-t-il toujours vers des troubles neurocognitifs?

Non. La Société Alzheimer du Canada indique que l'évolution varie : certaines personnes ayant un trouble cognitif léger restent stables, certaines voient leur état s'améliorer, et ce ne sont pas toutes les personnes qui développent des troubles neurocognitifs. Comme le parcours diffère d'une personne à l'autre, le suivi dans le temps fait partie des soins habituels, et c'est aussi pourquoi tant de recherches visent à déterminer qui court un risque plus élevé.

Pourquoi les études sur la mémoire demandent-elles souvent un ou une partenaire d'étude?

De nombreux essais sur la perte de mémoire et le trouble cognitif léger vous demandent de venir avec un membre de votre famille ou une personne amie qui vous voit régulièrement, car les changements dans la pensée sont souvent plus évidents pour une personne proche de vous que pour la personne qui les vit. Cette personne pourrait répondre à des questionnaires et assister à certaines visites. Vous comme votre partenaire d'étude donnez votre consentement éclairé, et chacune des deux personnes peut cesser de participer en tout temps.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Perte de mémoire (amnésie)
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
Études de recherche

Études pour Perte de mémoire (amnésie)

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