Troubles neurocognitifs (démence)
Les troubles neurocognitifs (démence) ne sont pas une seule maladie. Ce terme désigne un ensemble de symptômes (perte de mémoire, difficultés à penser, à s’exprimer ou à résoudre des problèmes, et changements d’humeur ou de comportement) causés par des troubles qui touchent le cerveau et assez graves pour nuire à la vie quotidienne. La maladie d’Alzheimer en est la cause la plus fréquente; une page distincte de ce site en traite en détail.
- Les chiffres augmentent. La Société Alzheimer du Canada prévoit que près de 1 million de personnes vivront avec des troubles neurocognitifs au Canada d'ici 2030, et plus de 1,7 million d'ici 2050, année où, selon les estimations, 685 personnes par jour recevraient un diagnostic. Source : Société Alzheimer du Canada, Étude marquante, 2025
- Les troubles neurocognitifs touchent davantage les femmes que les hommes et augmentent fortement avec l'âge. En 2020, selon les estimations, 61,8 % des personnes vivant avec des troubles neurocognitifs au Canada étaient des femmes, et la prévalence fait plus que doubler tous les cinq ans après 65 ans, passant de moins de 1 % chez les 65 à 69 ans à environ 1 personne sur 4 chez les 85 ans et plus. Le taux de nouveaux cas est en baisse : 1 507 pour 100 000 Canadiens et Canadiennes de 65 ans et plus en 2012-2013, contre 1 411 pour 100 000 en 2022-2023. Source : Institut canadien d'information sur la santé et Agence de la santé publique du Canada, 2025
- Les personnes proches aidantes portent une grande partie de la charge. Au Canada, la famille et les amis fournissent plus de 580 millions d'heures de soins par année, soit 26 heures par semaine en moyenne. Chez les personnes qui prennent soin à domicile d'une personne atteinte de troubles neurocognitifs, la détresse signalée par les personnes proches aidantes est passée de 37,1 % en 2019-2020 à 35,3 % en 2023-2024, ce qui reste environ le double des 19,2 % enregistrés chez les personnes proches aidantes de personnes atteintes d'autres problèmes de santé. Source : Agence de la santé publique du Canada, Une stratégie sur la démence pour le Canada, rapport annuel 2025, 2025
Ce que sont les troubles neurocognitifs, et ce qu’ils ne sont pas
La Société Alzheimer du Canada décrit les troubles neurocognitifs comme un terme général désignant un ensemble de symptômes causés par des troubles qui touchent le cerveau. La maladie d’Alzheimer en représente la plus grande part : selon l’Organisation mondiale de la Santé, elle pourrait être à l’origine de 60 % à 70 % des cas. Le trouble neurocognitif vasculaire est le deuxième plus fréquent, et il en existe d’autres, dont le trouble neurocognitif à corps de Lewy, le trouble neurocognitif frontotemporal et le trouble neurocognitif mixte, où plus d’un processus est en cause. Leurs symptômes se recoupent, ce qui explique en partie pourquoi il faut du temps pour les distinguer.
Les troubles neurocognitifs ne font pas non plus partie du vieillissement normal. La Société Alzheimer souligne que près de 40 % des personnes de plus de 65 ans présentent certains changements de mémoire liés à l’âge, ce qui est autre chose. Ils ne touchent pas seulement les personnes âgées non plus : des personnes dans la quarantaine (40 ans et quelques) ou la cinquantaine (50 ans et quelques) peuvent développer des troubles neurocognitifs à début précoce. Et il n’y a pas d’échéancier fixe. L’évolution des troubles neurocognitifs dépend de la cause, des autres problèmes de santé et du soutien qui entoure la personne; deux personnes qui ont le même diagnostic peuvent donc vivre des années très différentes.
Signes et symptômes
- Oublier des conversations, des rendez-vous ou des événements récents plus souvent qu’avant
- Répéter les mêmes questions ou les mêmes histoires en peu de temps
- Avoir de la difficulté à trouver ses mots, à suivre une conversation ou à garder le fil d’une histoire
- Confusion au sujet de la date, de la saison ou de l’endroit où l’on se trouve
- Avoir de la difficulté à accomplir des tâches familières, comme gérer son argent, suivre une recette ou conduire sur un trajet connu
- Ranger des objets à des endroits inhabituels et ne pas pouvoir refaire ses pas pour les retrouver
- Changements d’humeur, de personnalité, de jugement ou de motivation, souvent remarqués d’abord par l’entourage
Les premiers symptômes dépendent de la cause. Dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire est souvent touchée en premier, alors que d’autres causes commencent par des changements de personnalité, de langage, de mouvement ou de vigilance. Les symptômes peuvent varier d’un jour à l’autre, et c’est souvent la famille qui remarque un changement en premier.

Ce qui augmente le risque
Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :
- Le vieillissement, puisque la prévalence fait plus que doubler tous les cinq ans après 65 ans
- Le fait d’être une femme : selon les estimations, 61,8 % des personnes vivant avec des troubles neurocognitifs au Canada en 2020 étaient des femmes
- Les antécédents familiaux et certains facteurs génétiques
D’autres peuvent souvent faire l’objet d’efforts, généralement avec le soutien d’une équipe de soins de santé. La Commission du Lancet de 2024 sur la démence, citée dans le rapport 2025 sur la stratégie canadienne sur la démence, a déterminé 14 facteurs de risque modifiables qui, ensemble, sont liés à près de 45 % des cas de troubles neurocognitifs dans le monde :
- La santé des vaisseaux sanguins et la santé métabolique, y compris la pression artérielle élevée, le diabète, un taux élevé de cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL), l’excès de poids et le tabagisme
- La perte auditive non traitée et la perte de vision non traitée
- L’inactivité physique, la consommation excessive d’alcool, l’isolement social, la dépression et un niveau de scolarité moins élevé
- Les traumatismes crâniens, y compris ceux causés par des chutes, et l’exposition à la pollution de l’air
Comment on pose le diagnostic au Canada
L’évaluation commence généralement avec un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, qui recueille vos antécédents auprès de vous et, avec votre permission, auprès d’une personne qui vous voit régulièrement, et qui vous demande comment les changements touchent vos tâches quotidiennes. On utilise couramment de courts tests de la pensée et de la mémoire, comme l’Évaluation cognitive de Montréal (MoCA) ou le mini-examen de l’état mental (MMSE), ainsi que des analyses sanguines et une révision des médicaments pour rechercher des causes qui peuvent être traitées en elles-mêmes, dont les problèmes de thyroïde, une carence en vitamines, une infection, la dépression et les effets secondaires de médicaments. Une imagerie du cerveau peut être demandée. Beaucoup de personnes sont ensuite orientées vers un ou une gériatre, neurologue ou gérontopsychiatre, ou vers une clinique de la mémoire. Depuis que Santé Canada a autorisé les premiers médicaments ciblant l’amyloïde dans la maladie d’Alzheimer, certaines évaluations comprennent aussi une tomographie par émission de positons (TEP) de l’amyloïde ou une analyse du liquide céphalorachidien, ainsi que des tests génétiques. La Société Alzheimer du Canada souligne que l’accès à ces spécialistes, à ces tests et à ces perfusions varie beaucoup d’une région à l’autre du pays.
Traitement et prise en charge au quotidien
Au Canada, les soins sont organisés autour de deux personnes : la personne qui vit avec des troubles neurocognitifs et la personne proche aidante. Ils combinent le traitement des autres problèmes de santé, des médicaments lorsqu’ils s’appliquent, du soutien pratique à domicile et une planification à l’avance. Selon la cause et le stade, une équipe de soins de santé peut aborder :
- L’évaluation et la prise en charge des problèmes de santé qui contribuent aux symptômes et qui peuvent être traités, de la pression artérielle et du diabète aux problèmes de thyroïde, à l’audition, à la vision, à la dépression, au sommeil et aux effets secondaires des médicaments
- Les médicaments utilisés depuis longtemps dans la maladie d’Alzheimer et les troubles neurocognitifs apparentés, dont les inhibiteurs de la cholinestérase et la mémantine
- Les médicaments ciblant l’amyloïde, uniquement pour la maladie d’Alzheimer à un stade précoce. Santé Canada a autorisé le lécanémab le 25 octobre 2025 et le donanémab le 1er mai 2026, tous deux pour le trouble cognitif léger ou un trouble neurocognitif majeur (démence) au stade léger dus à la maladie d’Alzheimer, avec des exigences comme la confirmation de la présence d’amyloïde et du statut génétique pour l’apolipoprotéine E (ApoE). La Société Alzheimer du Canada précise que ces médicaments ralentissent la progression plutôt que de l’inverser, et que leur couverture dépend de votre province ou territoire
- Les approches non médicamenteuses, dont la stimulation et la réadaptation cognitives, l’activité physique structurée, les contacts sociaux, le soutien pour le sommeil et les routines qui facilitent les tâches quotidiennes
- Le soutien pour le foyer : ergothérapie et évaluation de la sécurité à domicile, évaluation de la conduite automobile, orthophonie, soins à domicile, répit, planification préalable des soins et le programme d’aiguillage Premier lien de la Société Alzheimer
Chaque foyer est différent. Ces décisions vous appartiennent, à vous, à la personne dont vous prenez soin et à votre propre équipe soignante, et cette page ne constitue une recommandation sur aucune d’entre elles.
Quand parler à un médecin
- Composez le 911 immédiatement en cas de confusion soudaine ou de perte de mémoire soudaine, surtout si elle s’accompagne de faiblesse ou d’engourdissement d’un côté du corps, d’un affaissement du visage, de difficulté à parler ou d’un changement de la vision. Il peut s’agir de signes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), et le temps compte.
- Obtenez des soins urgents en cas de confusion qui apparaît en quelques heures ou en quelques jours, surtout si elle survient avec de la fièvre, une chute ou un traumatisme crânien, un nouveau médicament ou un changement soudain de comportement, car le délirium et ses causes doivent être évalués rapidement.
- Prenez rendez-vous avec votre professionnel ou professionnelle de la santé si les changements de la mémoire ou de la pensée s’aggravent au fil des mois, sont remarqués par vos proches ou commencent à nuire à la conduite automobile, aux finances, à la prise des médicaments ou à la sécurité à la maison. Les personnes proches aidantes peuvent aussi faire part de leurs inquiétudes et demander, au même rendez-vous, du soutien pour elles-mêmes.
Pourquoi la recherche clinique est importante pour les troubles neurocognitifs
Rien de ce qui existe aujourd’hui n’arrête ni n’inverse les troubles neurocognitifs. Les premiers médicaments ciblant la maladie sous-jacente ne s’appliquent qu’à la maladie d’Alzheimer à un stade précoce, seulement chez certaines personnes qui en sont atteintes, et seulement là où les tests et le suivi nécessaires sont offerts. Le diagnostic est aussi souvent tardif, et il reste difficile de distinguer une cause de troubles neurocognitifs d’une autre. Il existe de réels progrès sur lesquels bâtir : le taux de nouveaux cas chez les Canadiens et Canadiennes de 65 ans et plus est passé de 1 507 pour 100 000 en 2012-2013 à 1 411 en 2022-2023, et 14 facteurs de risque sont maintenant liés à près de 45 % des cas dans le monde. Des études portent actuellement sur des marqueurs sanguins et d’imagerie qui pourraient détecter la maladie plus tôt et en distinguer les causes, sur des traitements qui modifient l’évolution de la maladie d’Alzheimer et des autres causes, sur des traitements de symptômes comme l’agitation et les troubles du sommeil, sur des programmes de réduction des risques combinant exercice, alimentation, entraînement cognitif, soins auditifs et contrôle de la pression artérielle, et sur un meilleur soutien pour les personnes proches aidantes à domicile.
La plupart des études sur les troubles neurocognitifs vous demandent de venir avec un ou une partenaire d’étude, c’est-à-dire un membre de votre famille, un ami ou une amie qui vous voit régulièrement, parce que les changements de la pensée sont souvent plus évidents pour cette personne. La participation est volontaire, vous et votre partenaire donnez d’abord votre consentement éclairé, et chacune des deux personnes peut arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut savoir à l’avance si une étude vous aidera personnellement.
En savoir plus auprès de sources canadiennes
- Société Alzheimer du Canada : information, sociétés régionales et programme d’aiguillage Premier lien
- Société Alzheimer du Canada : soutien aux personnes proches aidantes
- Agence de la santé publique du Canada : Une stratégie sur la démence pour le Canada, rapport annuel 2025
- Institut canadien d’information sur la santé : la démence au Canada
D'où viennent ces renseignements (7 sources)
- Société Alzheimer du Canada, Les chiffres de la démence au Canada (Étude marquante), 2025
- Société Alzheimer du Canada, Qu'est-ce que la démence?, 2026
- Agence de la santé publique du Canada, Une stratégie sur la démence pour le Canada : Ensemble, nous y aspirons, rapport annuel 2025, 2025
- Institut canadien d'information sur la santé, Répercussions de la démence sur les Canadiens, 2024
- Société Alzheimer du Canada, Santé Canada approuve le lécanémab, 2025
- Société Alzheimer du Canada, Santé Canada approuve le donanémab, 2026
- Organisation mondiale de la Santé, Aide-mémoire sur la démence, 2021
Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.
Questions fréquentes
Les troubles neurocognitifs sont-ils la même chose que la maladie d'Alzheimer?
Non. Les troubles neurocognitifs (démence) sont le terme général qui désigne un ensemble de symptômes causés par des troubles qui touchent le cerveau. La maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente de ces symptômes, et l'Organisation mondiale de la Santé indique qu'elle pourrait représenter 60 % à 70 % des cas. Parmi les autres causes, on trouve le trouble neurocognitif vasculaire, qui est le deuxième plus fréquent, le trouble neurocognitif à corps de Lewy, le trouble neurocognitif frontotemporal et le trouble neurocognitif mixte, où plus d'un processus est en cause. La distinction est importante, car ces causes diffèrent dans leur façon habituelle de commencer, dans ce qui tend à être touché en premier et dans les traitements qui s'appliquent. Une page distincte de ce site traite de la maladie d'Alzheimer.
Peut-on faire quelque chose pour réduire le risque de troubles neurocognitifs?
Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés, dont l'âge, les antécédents familiaux et la génétique. D'autres peuvent souvent faire l'objet d'efforts avec le soutien d'une équipe de soins de santé. La Commission du Lancet de 2024 sur la démence, citée dans le rapport 2025 sur la stratégie canadienne sur la démence, a déterminé 14 facteurs de risque modifiables qui, ensemble, sont liés à près de 45 % des cas de troubles neurocognitifs dans le monde, parmi lesquels la pression artérielle, le diabète, le cholestérol, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, l'inactivité physique, l'isolement social, la dépression, les traumatismes crâniens, la pollution de l'air ainsi que la perte auditive et la perte de vision non traitées. Ce que cela signifie pour une personne en particulier est une question à aborder avec son propre professionnel ou sa propre professionnelle de la santé.
Pourquoi les études sur les troubles neurocognitifs demandent-elles un ou une partenaire d'étude?
La plupart des études sur les troubles neurocognitifs et la mémoire vous demandent de venir avec un membre de votre famille, un ami ou une amie qui vous voit régulièrement, parce que les changements de la pensée et de la mémoire sont souvent plus évidents pour une personne proche que pour la personne qui les vit. Cette personne pourrait remplir des questionnaires et assister à certaines visites. Vous et cette personne donnez votre consentement éclairé, et chacune des deux personnes peut cesser de participer en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin.
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