Problème de santé

Abandon du tabac

Des renseignements en langage clair sur le tabagisme, la dépendance à la nicotine et le soutien pour arrêter de fumer au Canada, ainsi que sur les études en recrutement.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture6 min
Au Canada10,9 %, soit environ 3,5 millions de personnes
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

La dépendance à la nicotine, c’est ce qui rend la cigarette si difficile à laisser tomber. La fumée du tabac transporte la nicotine jusqu’au cerveau en quelques secondes, avec des milliers d’autres substances chimiques qui endommagent les poumons, le cœur et les vaisseaux sanguins. Au quotidien, cela peut se traduire par des envies de fumer dans l’heure qui suit le réveil, de l’agitation quand vous vous en privez et une toux qui ne disparaît jamais tout à fait.

En chiffres au Canada
10,9 %des personnes de 15 ans et plus au Canada fument actuellement la cigarette, soit environ 3,5 millions de personnes.
Source : Santé Canada, Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine, 2022
  • La consommation de cigarettes est associée à environ 45 000 décès au Canada chaque année, et ses coûts totaux pour la société sont estimés à plus de 16 milliards de dollars par année. L'objectif national est que moins de 5 % des personnes consomment du tabac d'ici 2035. Source : Santé Canada, Stratégie canadienne sur le tabac, 2022
  • Parmi les personnes qui fument tous les jours, 31,4 %, soit environ 822 000 personnes, avaient fait au moins une tentative d'arrêt de 24 heures ou plus au cours de l'année précédente. Source : Santé Canada, Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine, 2022
  • Le taux de tabagisme chez les adultes au Canada est passé d'environ 50 % en 1965 à environ 11 % en 2024, alors que plus d'un élève de 12e année sur quatre vapote maintenant. Source : Cœur + AVC, 2026
Dans le monde1,2 milliard de personnes consomment du tabac dans le monde, avec plus de 7 millions de décès chaque année, et 1,6 million d'autres personnes meurent prématurément chaque année à cause de la fumée secondaire.Source : Organisation mondiale de la Santé, 2026

Ce qu’est la dépendance à la nicotine, et ce qu’elle n’est pas

La dépendance à la nicotine est reconnue comme un problème de santé, et non comme un échec personnel. La consommation régulière de nicotine modifie la façon dont le cerveau transmet les signaux de récompense et de stress. C’est pourquoi s’en priver provoque un véritable sevrage physique : irritabilité, difficulté à se concentrer, sommeil perturbé et forte envie de fumer. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’arrêter, même pour les personnes qui veulent sincèrement cesser de fumer, et c’est la raison pour laquelle des traitements existent.

Ce n’est pas non plus une décision unique qui fonctionne ou non. La plupart des personnes qui arrêtent de fumer font d’abord plusieurs tentatives, et chaque tentative vous apprend quelque chose sur vos propres déclencheurs et sur les formes de soutien qui vous aident. Les données d’enquêtes canadiennes montrent à quel point ce parcours est courant : parmi les personnes qui fument tous les jours, 31,4 %, soit environ 822 000 personnes, avaient fait au moins une tentative d’arrêt d’une journée ou plus au cours de l’année précédente. Arrêter n’est pas facile, et rien ici ne prétend le contraire.

Signes et symptômes

  • De fortes envies de fumer, surtout dans l’heure qui suit le réveil
  • De l’irritabilité, de l’agitation ou de l’anxiété quand vous vous privez de cigarettes
  • De la difficulté à vous concentrer et un sommeil perturbé pendant le sevrage
  • Une augmentation de l’appétit pendant le sevrage
  • Une toux qui ne disparaît pas, ou des crachats la plupart des matins
  • Un essoufflement qui survient plus facilement qu’avant
  • Une respiration sifflante, des infections pulmonaires fréquentes ou une diminution du goût et de l’odorat

L’intensité de ces symptômes varie d’une personne à l’autre et d’une tentative à l’autre. Les symptômes de sevrage sont habituellement à leur pire au cours des premiers jours et évoluent au cours des semaines suivantes.

Un homme dans un marché en plein air qui met des légumes frais dans un sac en tissu.
Chaque province et territoire offre un service gratuit d'abandon du tabac, et la thérapie de remplacement de la nicotine est offerte sans ordonnance au Canada. Photo à titre d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • La génétique, qui influence la vitesse à laquelle le corps métabolise la nicotine
  • Un revenu plus faible et un accès réduit au soutien à l’abandon du tabac, deux facteurs associés à des taux de tabagisme plus élevés au Canada

On peut souvent agir sur d’autres facteurs, habituellement avec le soutien d’une équipe de soins de santé :

  • Avoir commencé à fumer jeune et fumer plus de cigarettes par jour
  • Fumer peu de temps après le réveil, ce qui est un signe d’une dépendance à la nicotine plus forte
  • Vivre ou travailler auprès d’autres personnes qui fument, et l’exposition à la fumée secondaire
  • Consommer de l’alcool ou du cannabis en plus du tabac, ce qui rend les tentatives d’arrêt plus difficiles
  • Un stress élevé, et le fait de vivre avec une dépression, de l’anxiété ou un trouble lié à l’usage de substances

Comment la dépendance à la nicotine est évaluée au Canada

Aucune analyse de laboratoire n’est nécessaire. En soins primaires au Canada, le personnel soignant pose des questions sur le tabac et le vapotage lors des visites, note le nombre de cigarettes que vous fumez par jour et le délai avant la première après le réveil, et s’en sert pour évaluer la dépendance. Il peut aussi calculer les paquets-années, une mesure qui combine le nombre de paquets par jour et le nombre d’années de tabagisme, parce qu’elle sert à déterminer qui est admissible aux programmes organisés de dépistage du cancer du poumon dans plusieurs provinces. Certaines cliniques mesurent le monoxyde de carbone dans l’air expiré, et une radiographie pulmonaire ou un test respiratoire appelé spirométrie peut être prévu en cas de toux persistante ou d’essoufflement.

Traitement et soutien pour arrêter de fumer

Au Canada, les soins combinent habituellement un médicament qui réduit les symptômes de sevrage et une forme de counseling, et ils considèrent un retour au tabac comme une source d’information plutôt que comme un échec. Selon la quantité que vous fumez, ce que vous avez déjà essayé et vos autres problèmes de santé, une équipe de soins peut aborder avec vous :

  • La thérapie de remplacement de la nicotine sous forme de timbre, de gomme, de pastille, d’inhalateur et de vaporisateur, offerte sans ordonnance au Canada
  • Des médicaments d’ordonnance, dont la varénicline, le bupropion et la cytisine
  • Un soutien comportemental, notamment de brefs conseils du personnel soignant, du counseling individuel ou de groupe et du matériel d’autoassistance
  • Les lignes d’aide provinciales et territoriales pour arrêter de fumer, les programmes par texto et les programmes en ligne, qui sont gratuits partout au Canada
  • Des approches combinées qui associent un médicament et du counseling, avec un suivi en clinique de médecine familiale, en pharmacie ou dans un programme d’abandon du tabac en milieu hospitalier

Ce qui fonctionne varie d’une personne à l’autre et d’une tentative à l’autre, et aucune démarche unique ne convient à tout le monde. Le choix de la combinaison à essayer, et du moment, est une décision à prendre entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne, ou votre pharmacien ou pharmacienne.

Quand consulter un médecin

  • Composez le 911 en cas de douleur ou de pression à la poitrine, d’essoufflement grave et soudain, ou de signes d’accident vasculaire cérébral (AVC), comme un visage affaissé, une faiblesse dans un bras ou de la difficulté à parler.
  • Consultez votre médecin rapidement si vous crachez du sang, si vous avez une toux ou un enrouement qui dure plus de trois semaines, ou si vous perdez du poids sans essayer.
  • Du soutien pour arrêter de fumer est offert en tout temps par un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, ou un pharmacien ou une pharmacienne, et les lignes d’aide provinciales sont gratuites et accessibles sans recommandation.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour le tabagisme et la dépendance à la nicotine

La plupart des tentatives d’arrêt ne durent pas, la reprise du tabac après plusieurs mois est fréquente, et on ne sait pas encore clairement comment aider au mieux les personnes qui ont essayé les traitements existants sans succès, ni quelle place le vapotage occupe dans l’abandon du tabac. Les études qui recrutent actuellement évaluent la cytisinicline et d’autres médicaments agissant sur les récepteurs nicotiniques, des vaccins contre la nicotine et de nouvelles cibles pharmacologiques, des combinaisons et des traitements plus longs de remplacement de la nicotine, ainsi que des programmes d’incitatifs financiers. Les chercheurs et chercheuses étudient aussi l’accompagnement numérique et par texto, l’abandon du tabac intégré au dépistage du cancer du poumon et aux parcours chirurgicaux, ainsi que des approches conçues pour les personnes vivant avec une maladie mentale ou un trouble lié à l’usage de substances, qui ont été mal desservies par les programmes habituels.

Ces approches sont évaluées dans le cadre d’études cliniques avant de faire partie des soins courants. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne remplace pas le soutien pour arrêter de fumer que vous avez déjà, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (5 sources)
  1. Santé Canada, Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine : sommaire des résultats pour 2022, 2022
  2. Santé Canada, Aperçu de la Stratégie canadienne sur le tabac, 2022
  3. Cœur + AVC, De nouvelles données brossent un portrait global des facteurs de risque pour le cœur et le cerveau, 2026
  4. Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs, Recommandations sur les interventions pour l'abandon du tabac chez les adultes au Canada, Canadian Medical Association Journal (CMAJ), 2025
  5. Organisation mondiale de la Santé, Principaux repères sur le tabac, 2026

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Existe-t-il de l'aide gratuite pour arrêter de fumer au Canada?

Oui. Chaque province et territoire offre un service gratuit d'abandon du tabac, dont la liste figure sur le site Web de Santé Canada, et une ligne sans frais, le 1 866 366-3667, permet de parler avec un conseiller ou une conseillère en abandon du tabac. De nombreuses provinces offrent aussi la thérapie de remplacement de la nicotine gratuitement ou à coût subventionné par l'entremise de ces programmes.

Passer au vapotage est-il une façon d'arrêter de fumer?

L'examen de 2025 du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs suggère de ne pas recourir à la cigarette électronique pour la plupart des personnes qui essaient d'arrêter, tout en précisant qu'elle peut être envisagée par une personne qui a déjà essayé les options recommandées. Il vaut la peine d'en discuter avec votre médecin ou votre pharmacien ou pharmacienne plutôt que de prendre cette décision sans aide.

J'ai déjà essayé d'arrêter et j'ai recommencé. Est-ce que ça vaut la peine d'essayer encore une fois?

Recommencer à fumer est extrêmement courant et fait partie du parcours de la plupart des personnes qui finissent par arrêter. Les données d'enquêtes canadiennes montrent qu'environ le tiers des personnes qui fument tous les jours font une tentative d'arrêt au cours d'une année donnée, et chaque tentative vous en apprend davantage sur les déclencheurs et les formes de soutien qui comptent pour vous.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Abandon du tabac
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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