Problème de santé

Constipation

Des renseignements en langage clair sur la constipation chronique au Canada, et les études qui recrutent actuellement pour ce problème de santé.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture6 min
Au Canada15 % à 30 % des Canadiens et Canadiennes
Études en recrutement2 en recrutement en ce moment

La constipation chronique signifie que les selles sont peu fréquentes, difficiles à évacuer ou laissent l’impression que l’intestin ne s’est pas vidé, et que cette situation dure depuis des mois plutôt que depuis quelques jours. Elle ne se définit pas par un nombre précis de selles par semaine, parce que ce qui est normal varie beaucoup d’une personne à l’autre. Chez certaines personnes, le transit intestinal est trop lent. Chez d’autres, les muscles du plancher pelvien ne se relâchent pas correctement lorsqu’elles essaient d’aller à la selle.

En chiffres au Canada
15 % à 30 %de la population canadienne vit avec la constipation chronique, qui est plus fréquente chez les personnes de sexe féminin que chez celles de sexe masculin.
Source : Société gastro-intestinale (Société canadienne de recherche intestinale), 2025
Dans le monde11,7 % des adultes avaient une constipation fonctionnelle dans l'étude mondiale de la Rome Foundation, menée auprès de 73 000 personnes dans 33 pays, ce qui en fait le trouble de l'interaction intestin-cerveau le plus fréquent dans le monde.Source : Étude mondiale de la Rome Foundation, rapportée par l'Organisation mondiale de gastroentérologie, 2020

Ce qu’est la constipation chronique, et ce qu’elle n’est pas

Il n’existe pas de nombre idéal de selles. De trois fois par jour à trois fois par semaine, tout peut être normal. Ce qui compte davantage, c’est un changement par rapport à vos habitudes, et le fait que les selles soient devenues dures ou difficiles à évacuer. La constipation occasionnelle après un voyage, un changement d’alimentation ou un nouveau médicament est différente de la situation persistante décrite sur cette page.

Ce n’est pas non plus toujours une question de fibres. Deux mécanismes bien différents produisent des symptômes semblables : un transit lent dans le côlon, et un plancher pelvien qui se contracte au lieu de se relâcher pendant l’évacuation des selles. Le second ne s’améliorera pas simplement avec plus de fibres, et c’est l’une des raisons pour lesquelles une évaluation peut changer ce qui vous est proposé.

Signes et symptômes

  • Moins de trois selles spontanées par semaine
  • Des selles dures, sèches ou en grumeaux
  • Devoir forcer pour aller à la selle
  • L’impression que l’intestin ne s’est pas complètement vidé
  • Une sensation de blocage ou de plénitude dans le rectum
  • Des crampes, des ballonnements ou un ventre gonflé
  • Une perte d’appétit, un inconfort au dos ou une sensation générale de malaise

Les symptômes varient d’une personne à l’autre et changent avec le temps, souvent selon l’alimentation, l’activité physique, la maladie ou une nouvelle ordonnance. La constipation chronique est aussi reconnue comme un facteur qui contribue à d’autres problèmes, dont les hémorroïdes, les fissures anales, la maladie diverticulaire, les saignements rectaux et le prolapsus rectal.

Une personne adulte debout à la maison, un verre d'eau à la main.
L'activité physique et les changements à l'alimentation, avec des conseils sur le type de fibres, font partie des soins de la constipation au Canada. Photo à titre d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Être de sexe féminin
  • L’âge avancé, car la constipation devient plus fréquente plus tard dans la vie
  • Des problèmes de santé comme la maladie de Parkinson, un accident vasculaire cérébral (AVC), le diabète, une thyroïde peu active ou une chirurgie antérieure de l’intestin
  • Des changements du plancher pelvien après un accouchement ou une chirurgie pelvienne

D’autres peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Des médicaments, dont les analgésiques opioïdes, la codéine, certains antidépresseurs et les suppléments de fer ou de calcium, qui ne doivent être modifiés qu’avec la personne qui les a prescrits
  • Une alimentation faible en fibres et une consommation insuffisante de liquides
  • Le manque d’activité physique, et le recours prolongé aux laxatifs stimulants

Comment la constipation chronique est diagnostiquée au Canada

La constipation chronique est diagnostiquée cliniquement, à l’aide des critères de Rome IV, qui recherchent plusieurs caractéristiques typiques présentes dans une proportion importante des selles sur une période prolongée. Les médecins ajoutent des analyses de sang pour vérifier la thyroïde et le calcium et pour dépister l’anémie, et font un examen rectal pour évaluer le fonctionnement du plancher pelvien. Une sigmoïdoscopie ou une coloscopie est prévue en présence de signes d’alarme, ou lorsqu’une personne doit de toute façon passer un dépistage du cancer colorectal. Les centres spécialisés peuvent ajouter une manométrie anorectale, un test d’expulsion du ballonnet ou une étude du temps de transit colique. Ce sont les examens qui permettent de distinguer un côlon lent d’un plancher pelvien qui ne se relâche pas.

Traitement et prise en charge au quotidien

Au Canada, les soins commencent habituellement par l’alimentation, les liquides, l’activité physique et les habitudes aux toilettes, puis passent aux médicaments ou à la physiothérapie lorsque cela ne suffit pas. Selon les résultats de votre évaluation et ce que vous avez déjà essayé, une équipe soignante pourrait aborder avec vous :

  • Des changements à l’alimentation, dont une augmentation graduelle des fibres provenant des aliments, une quantité suffisante de liquides et les conseils d’une ou d’un diététiste sur le type de fibres qui vous convient
  • L’activité physique, que les lignes directrices canadiennes fixent à 150 minutes ou plus d’activité d’intensité modérée à élevée par semaine, ainsi que des changements aux habitudes aux toilettes, comme prendre son temps et adopter la bonne position
  • La physiothérapie du plancher pelvien, y compris la rééducation par rétroaction biologique (biofeedback), pour les personnes dont les muscles du plancher pelvien ne se relâchent pas pendant l’évacuation des selles
  • Des options offertes sans ordonnance, dont les agents de masse, les laxatifs osmotiques, les émollients fécaux, les lubrifiants et les laxatifs stimulants
  • Des options sur ordonnance, dont les agents entérocinétiques et les agonistes de la guanylate cyclase C, et des traitements par voie rectale comme les suppositoires et les lavements, ainsi qu’une révision des médicaments qui contribuent au problème

Les différents laxatifs agissent de différentes façons. Certains sont conçus pour un usage régulier, d’autres pour un usage occasionnel, et cela vaut la peine d’en discuter avec un pharmacien, une pharmacienne ou un médecin. Ces décisions vous reviennent, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne, et rien sur cette page ne constitue une recommandation au sujet de l’une ou l’autre de ces options.

Quand consulter un médecin

  • Des saignements rectaux, ou du sang mélangé aux selles
  • Une perte de poids involontaire, des vomissements persistants, ou une douleur abdominale grave avec un ventre gonflé et aucune selle ni aucun gaz, ce qui nécessite une évaluation urgente
  • Tout changement persistant des habitudes intestinales, en particulier un nouveau changement après 50 ans, ainsi qu’une anémie par carence en fer ou des antécédents familiaux de cancer colorectal, qui justifient tous une évaluation rapide

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la constipation chronique

La constipation est fréquente et souvent prise en charge de façon incomplète, et il n’existe pas de méthode reconnue pour déterminer tôt si un transit intestinal lent, une dysfonction du plancher pelvien, ou les deux, en sont la cause. C’est important, parce que les traitements diffèrent. Les études en cours mettent à l’essai de nouveaux médicaments procinétiques et sécrétagogues, des thérapies pour la constipation liée aux analgésiques opioïdes, des protocoles de rétroaction biologique et de physiothérapie du plancher pelvien, des interventions sur les fibres alimentaires et le microbiome, ainsi que des instruments, dont la neuromodulation sacrée et les capsules vibrantes. Les chercheurs et chercheuses travaillent aussi à des tests plus simples de la fonction du plancher pelvien, qui pourraient se faire en clinique, afin que les gens puissent être orientés plus tôt vers le bon traitement.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre médecin. Participer à une étude ne veut pas dire renoncer aux soins que vous recevez maintenant, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (3 sources)
  1. Société gastro-intestinale (Société canadienne de recherche intestinale), Constipation, 2025
  2. Rodrigues et al., The epidemiology and impact of disorders of gut brain interaction in Canada, Neurogastroenterology and Motility, 2023
  3. Organisation mondiale de gastroentérologie, The Global Prevalence of Functional Gastrointestinal Disorders, 2020

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Combien de selles devrais-je avoir?

Il n'y a pas de nombre idéal unique. De trois fois par jour à trois fois par semaine, tout peut être normal. Ce qui compte davantage, c'est un changement par rapport à vos habitudes, et le fait que les selles soient dures ou difficiles à évacuer. Les critères de Rome IV qu'utilisent les médecins comptent, parmi plusieurs caractéristiques, le fait d'avoir moins de trois selles spontanées par semaine.

Est-ce un problème de prendre des laxatifs régulièrement?

Les différents laxatifs agissent de différentes façons. Certains sont conçus pour un usage régulier, d'autres pour un usage occasionnel. La Société gastro-intestinale range l'usage prolongé de laxatifs parmi les facteurs qui contribuent à la constipation persistante. Il vaut donc la peine de revoir ce que vous prenez avec un pharmacien, une pharmacienne ou un médecin plutôt que de continuer indéfiniment par vous-même.

Quel est le lien entre la physiothérapie du plancher pelvien et la constipation?

Chez certaines personnes, la difficulté ne vient pas d'un transit intestinal lent, mais des muscles autour de l'anus qui se contractent au lieu de se relâcher au moment d'aller à la selle. Les physiothérapeutes spécialisés en plancher pelvien réentraînent cette coordination, souvent à l'aide de la rétroaction biologique (biofeedback). Votre médecin peut vous dire si les examens indiquent que ce facteur fait partie de votre situation.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 2 études sur Constipation
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