Une seule transplantation fécale procure des bienfaits durables pour la santé des adolescents
Une étude novatrice de l’Université d’Auckland a révélé qu’une seule transplantation de microbiote fécal (TMF) peut procurer à des adolescents et adolescentes obèses des bienfaits pour la santé pendant des années. La TMF consiste à transférer des bactéries intestinales de personnes donneuses en bonne santé à des patients et patientes, dans ce cas-ci au moyen de capsules avalées sur deux jours. Même si l’idée peut sembler peu attrayante, les résultats sont remarquables.
L’étude a commencé il y a huit ans auprès de 87 adolescents et adolescentes âgés de 14 à 18 ans. La moitié a reçu des capsules de TMF préparées à partir de personnes donneuses minces et en bonne santé, tandis que les autres ont reçu un placebo. L’équipe de recherche a ensuite suivi les personnes participantes pendant quatre ans à l’aide d’examens d’imagerie corporelle, d’analyses sanguines et d’échantillons de selles afin de mesurer les effets à long terme.
Les résultats, publiés dans Nature Communications, n’ont montré aucune différence importante de poids ou d’indice de masse corporelle (IMC) entre les groupes. Toutefois, les personnes qui avaient reçu la TMF avaient un tour de taille significativement plus petit (de 10 cm en moyenne), 5 % de graisse corporelle en moins et un niveau d’inflammation plus faible. Elles avaient aussi un taux de cholestérol plus sain et un syndrome métabolique moins grave. Le syndrome métabolique est un ensemble de troubles qui augmentent fortement le risque de maladies du cœur, d’accident vasculaire cérébral et de diabète de type 2.
Fait encore plus impressionnant, les bactéries des personnes donneuses sont restées dans l’intestin de certaines personnes participantes pendant plus de quatre ans, ce qui montre qu’un seul traitement peut entraîner des changements durables du microbiome. « Cela signifie que les participants et participantes courent un risque beaucoup plus faible de développer le diabète et des maladies du cœur à long terme », a déclaré le professeur Wayne Cutfield, l’un des auteurs de l’étude.
L’équipe de recherche espère utiliser ces résultats pour créer des probiotiques ciblés qui pourraient aider à prévenir le syndrome métabolique. Comme l’a expliqué le professeur Justin O’Sullivan : « Imaginez pouvoir programmer votre microbiome pour réduire le risque de maladies avant qu’elles surviennent. »
Cette étude pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies fondées sur le microbiome, qui améliorent la santé bien au-delà des traitements traditionnels.
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