Problème de santé

Vaccin contre le pneumocoque (pneumonie)

De l'information en langage clair sur l'infection à pneumocoque au Canada, la vaccination contre cette infection et les études en recrutement actuellement.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture7 min
Au Canada10,2 cas pour 100 000 en 2022
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

L’infection à pneumocoque est causée par une bactérie appelée Streptococcus pneumoniae, que bien des gens portent sans danger dans le nez et la gorge. Parfois, elle se propage et cause une maladie : otites et sinusites, pneumonie ou infection invasive, lorsque la bactérie atteint la circulation sanguine ou le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. Le Guide canadien d’immunisation indique que l’infection invasive à pneumocoque est plus fréquente chez les très jeunes enfants et chez les adultes de 65 ans et plus.

En chiffres au Canada
10,2 pour 100 000personnes, c'était le taux d'infection invasive à pneumocoque au Canada en 2022, en hausse par rapport à 5,6 pour 100 000 l'année précédente.
Source : Agence de la santé publique du Canada, Relevé des maladies transmissibles au Canada, 2022
Dans le mondePlus de 700 000 décès chez les enfants de moins de 5 ans dans le monde étaient attribuables à l'infection à pneumocoque, selon des chiffres de l'Organisation mondiale de la Santé cités dans le Guide canadien d'immunisation.Source : Organisation mondiale de la Santé, citée dans le Guide canadien d'immunisation, 2019

Ce qu’est l’infection à pneumocoque, et ce qu’elle n’est pas

La pneumonie et l’infection à pneumocoque ne sont pas la même chose. La pneumonie est une infection du tissu pulmonaire, qui peut être causée par de nombreux virus et bactéries différents. L’infection à pneumocoque désigne une maladie causée précisément par Streptococcus pneumoniae, et seule une partie de ces infections sont des pneumonies. On parle d’infection invasive à pneumocoque lorsque la bactérie est trouvée dans un site normalement stérile, comme le sang ou le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. Une personne peut avoir une pneumonie à pneumocoque sans que l’infection devienne jamais invasive, et le Canada ne compte que les cas invasifs dans sa surveillance nationale.

Ce n’est pas non plus une infection qui vient chaque fois de l’extérieur. Porter la bactérie dans le nez et la gorge est courant et ne cause habituellement aucun problème. La maladie survient lorsque la bactérie se déplace là où elle ne devrait pas être, ce qui est plus probable aux âges extrêmes de la vie, après une infection virale, ou lorsque le système immunitaire ou la rate ne fonctionne pas normalement.

Signes et symptômes

  • Fièvre soudaine, frissons ou tremblements
  • Toux, parfois avec des crachats couleur rouille ou contenant du sang
  • Douleur à la poitrine qui s’aggrave à l’inspiration
  • Essoufflement ou respiration rapide
  • Mal de tête intense, raideur de la nuque ou sensibilité à la lumière, ce qui peut signaler une méningite
  • Confusion ou somnolence inhabituelle, surtout chez les personnes âgées
  • Douleur à l’oreille, ou oreille bombée ou qui coule, chez les enfants

Les manifestations varient selon l’âge. Chez les personnes âgées, une confusion soudaine ou une chute peut être le signe le plus évident, tandis que la fièvre et la toux peuvent être légères ou absentes.

Une femme debout près d'une porte de balcon ouverte et de plantes d'intérieur, qui regarde dehors par une journée ensoleillée.
Les programmes publics de vaccination contre le pneumocoque pour les nourrissons et les adultes diffèrent selon la province et le territoire. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être modifiés :

  • Avoir 65 ans et plus, ou être un enfant de moins de 2 ans
  • Les maladies de longue durée, dont l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), les maladies du cœur, le diabète, les maladies du rein et les maladies du foie
  • Ne pas avoir de rate ou avoir une rate qui fonctionne mal, l’anémie falciforme, ou un système immunitaire affaibli par une maladie ou un traitement
  • Les implants cochléaires ou les fuites de liquide céphalorachidien

D’autres facteurs peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Fumer du tabac et l’exposition à la fumée secondaire
  • La consommation importante d’alcool
  • Les milieux de vie surpeuplés ou collectifs, y compris les centres de soins de longue durée et les refuges

Comment l’infection à pneumocoque est diagnostiquée au Canada

L’infection invasive à pneumocoque est confirmée par la mise en culture de Streptococcus pneumoniae à partir d’un site normalement stérile, le plus souvent une hémoculture ou un échantillon de liquide céphalorachidien prélevé par ponction lombaire. La pneumonie elle-même est évaluée par une radiographie pulmonaire, des analyses sanguines, une mesure de l’oxygène dans le sang et parfois une culture des expectorations ou un test de détection d’antigène dans l’urine. Les isolats de partout au pays sont envoyés au Laboratoire national de microbiologie pour le sérotypage et les tests de sensibilité aux antibiotiques; c’est ainsi que le Canada suit les souches qui circulent et l’évolution de la résistance.

Traitement et prise en charge, y compris la vaccination

L’infection à pneumocoque est traitée comme une infection, de façon urgente lorsqu’elle est invasive, et le Canada offre aussi des programmes de vaccination des enfants et des adultes qui la ciblent. Selon le siège de l’infection, la gravité de l’état de la personne et les résultats du laboratoire, une équipe soignante pourrait aborder :

  • Des antibiotiques choisis selon le siège de l’infection et selon les profils de résistance au Canada suivis par le Laboratoire national de microbiologie
  • Des soins à l’hôpital en cas d’infection grave, y compris de l’oxygène d’appoint, des liquides et des antibiotiques par voie intraveineuse, et des soins intensifs au besoin
  • Des interventions de drainage en cas de complications comme une accumulation de liquide autour du poumon, et des examens d’imagerie de suivi
  • Les vaccins conjugués contre le pneumocoque autorisés au Canada : Pneu-C-10 (Synflorix), Pneu-C-13 (Prevnar 13), Pneu-C-15 (Vaxneuvance), Pneu-C-20 (Prevnar 20) et Pneu-C-21 (Capvaxive). Le vaccin polysaccharidique Pneu-P-23 (Pneumovax 23) n’est plus commercialisé au Canada depuis août 2025
  • Les programmes publics de vaccination contre le pneumocoque pour les nourrissons et les adultes, qui diffèrent selon la province et le territoire

Dans sa déclaration du 15 novembre 2024, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) indique que les programmes de vaccination contre le pneumocoque pour adultes au Canada devraient inclure au moins un des vaccins Pneu-C-20 ou Pneu-C-21, et qu’à l’échelle individuelle, une dose de l’un ou l’autre devrait être administrée aux adultes de 65 ans et plus, ainsi qu’aux adultes de moins de 65 ans présentant un risque accru d’infection invasive à pneumocoque, peu importe leur vaccination antérieure contre le pneumocoque. L’admissibilité et le financement varient toutefois encore selon la province et le territoire, et ce sont des décisions qui vous reviennent, avec votre propre professionnel ou professionnelle de la santé; cette page ne peut pas les trancher.

Quand consulter un médecin

  • Composez le 911 en cas de grande difficulté à respirer, de douleur à la poitrine, de raideur de la nuque accompagnée de fièvre et d’un mal de tête intense, d’éruption cutanée qui ne pâlit pas quand on appuie dessus, de confusion, ou si une personne ne peut pas être réveillée.
  • Consultez un médecin le jour même en cas de forte fièvre accompagnée de toux et d’essoufflement, de respiration rapide, ou si une personne âgée devient soudainement confuse ou instable.
  • Communiquez avec votre professionnel ou professionnelle de la santé si une infection pulmonaire ne s’améliore pas après quelques jours, ou si vous avez une maladie de longue durée des poumons, du cœur, des reins ou du système immunitaire et que vous avez de la fièvre et de la toux.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’infection à pneumocoque

Au Canada, l’infection invasive à pneumocoque est revenue à ses niveaux d’avant la pandémie en 2022, les sérotypes 4 et 9V ont augmenté de façon importante depuis 2019 et la multirésistance est en hausse; le mélange de souches en circulation s’éloigne donc de plus en plus de celles pour lesquelles les vaccins actuels ont été conçus. La couverture vaccinale des adultes reste aussi bien en deçà de l’objectif national. La recherche en cours porte notamment sur des vaccins contre le pneumocoque de valence plus élevée et à base de protéines, conçus pour couvrir davantage de sérotypes, sur le remplacement des sérotypes après des changements de programme, sur de nouvelles options d’antibiotiques contre les souches résistantes et sur l’amélioration de la vaccination des adultes en soins de première ligne et en soins de longue durée.

Comme la bactérie ne cesse de changer, ce domaine dépend d’études continues. La participation à une étude est volontaire, l’étude vous est expliquée en détail lors du consentement éclairé, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin ni votre accès à la vaccination financée par l’État. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (4 sources)
  1. Agence de la santé publique du Canada, Surveillance des infections invasives à pneumocoque au Canada, 2023, Relevé des maladies transmissibles au Canada 52(1-2), 2026
  2. Guide canadien d'immunisation, chapitre sur les vaccins contre le pneumocoque, 2026
  3. CCNI, Résumé des recommandations sur l'utilisation des vaccins contre le pneumocoque chez les adultes, y compris le Pneu-C-21, 2024
  4. Agence de la santé publique du Canada, Enquête nationale sur la couverture vaccinale des adultes (ENCVA) : résultats de 2023, 2023

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Que dit le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) au sujet des vaccins contre le pneumocoque pour les adultes au Canada?

Dans sa déclaration du 15 novembre 2024, le Comité consultatif national de l'immunisation indique que les programmes de vaccination contre le pneumocoque pour adultes au Canada devraient inclure au moins un des vaccins Pneu-C-20 ou Pneu-C-21. À l'échelle individuelle, il indique qu'une dose de l'un ou l'autre de ces vaccins devrait être administrée aux adultes de 65 ans et plus, ainsi qu'aux adultes de moins de 65 ans présentant un risque accru d'infection invasive à pneumocoque, peu importe leur vaccination antérieure contre le pneumocoque.

Le vaccin contre le pneumocoque est-il gratuit au Canada?

Les programmes de vaccination relèvent des provinces et des territoires; les vaccins financés par l'État, ainsi que l'âge ou le niveau de risque requis, varient donc d'une région à l'autre du pays. Des programmes de vaccination contre le pneumocoque pour les nourrissons existent partout, tandis que les programmes pour adultes diffèrent. Le gouvernement du Canada tient à jour des liens vers l'information des provinces et des territoires sur la vaccination, où figurent les détails à jour des programmes et les critères d'admissibilité.

Quelle est la différence entre la pneumonie et l'infection invasive à pneumocoque?

La pneumonie est une infection du tissu pulmonaire, qui peut être causée par de nombreux virus et bactéries différents. L'infection invasive à pneumocoque signifie que Streptococcus pneumoniae a été trouvé dans un site normalement stérile, comme le sang ou le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. Une personne peut avoir une pneumonie à pneumocoque sans que l'infection devienne invasive, et la surveillance nationale au Canada ne compte que les cas invasifs.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Vaccin contre le pneumocoque (pneumonie)
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
Études de recherche

Études pour Vaccin contre le pneumocoque (pneumonie)

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