Problème de santé

Toux chronique

De l'information en langage clair sur la toux chronique au Canada, et sur la recherche qui recrute en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture5 min
Au Canada15,9 % des adultes de 45 à 85 ans
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

Une toux chronique est une toux qui dure plus de huit semaines. Il s’agit d’un symptôme plutôt que d’un diagnostic. Au quotidien, cela peut vouloir dire tousser presque tous les jours, mal dormir, avoir mal à la poitrine et se sentir mal à l’aise en présence d’autres personnes.

En chiffres au Canada
15,9 %des 30 016 Canadiens et Canadiennes de 45 à 85 ans de l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement ont déclaré une toux chronique. Parmi ces personnes, 57 % avaient une toux sèche et 43 % une toux productive.
Source : Analyse de l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, Journal of Thoracic Disease, 2022
  • Une revue publiée dans Canadian Respirology Today indique que la prévalence de la toux chronique atteint jusqu'à 16 % au Canada, comparativement à environ 10 % des adultes à l'échelle mondiale. Elle souligne que les personnes ayant une toux chronique réfractaire peuvent tousser une médiane de 500 fois par jour, avec des conséquences comme l'incontinence urinaire, l'épuisement, un sommeil perturbé, la fatigue et l'anxiété. Source : Satia, Canadian Respirology Today, 2025
  • Dans un sondage national canadien, 49 076 personnes ont été évaluées et 3,3 % répondaient aux critères de la toux chronique réfractaire ou inexpliquée. Parmi les 1 046 personnes qui ont rempli le sondage, la durée moyenne de la toux était de 5,3 ans. Aucun diagnostic sous-jacent n'avait été établi chez 44 % d'entre elles, 32 % ne suivaient aucun traitement et 34 % avaient cessé de demander des soins médicaux parce que le traitement n'avait pas fonctionné. Source : PLOS One, sondage national canadien, 2024
  • Le même groupe de recherche du sondage canadien a rapporté que 61 % des personnes répondantes présentaient de l'anxiété ou de la dépression selon un questionnaire de santé standard, que 34 % avaient réduit leurs activités de travail et que 30 % avaient réduit leurs activités en dehors du travail. Source : Lung, fardeau de la toux chronique réfractaire et inexpliquée au Canada, 2024
Dans le mondeEnviron 10 % des adultes à l'échelle mondiale sont touchés par la toux chronique, selon une revue publiée dans Canadian Respirology Today, qui situe le chiffre canadien plus haut, jusqu'à 16 %.Source : Satia, Canadian Respirology Today, 2025

Ce qu’est la toux chronique, et ce qu’elle n’est pas

La limite est fixée à huit semaines. Après une infection pulmonaire, une toux peut mettre des semaines à disparaître, et c’est normal. Au-delà de huit semaines, les cliniciens et cliniciennes en cherchent la cause : asthme, reflux, écoulement nasal postérieur, tabagisme ou médicament.

Ce n’est pas non plus une impasse quand les résultats des tests sont normaux. Dans un sondage national canadien, aucun diagnostic sous-jacent n’avait été établi chez 44 % des personnes ayant une toux de longue durée. Ce profil porte un nom : la toux chronique réfractaire ou inexpliquée. Les chercheurs et chercheuses la décrivent comme une hypersensibilité de la toux. Les nerfs qui déclenchent la toux deviennent trop réactifs, si bien que parler, rire ou l’air froid suffit à la déclencher.

Signes et symptômes

  • Tousser presque tous les jours, une toux sèche ou avec des glaires
  • Un chatouillement ou une irritation dans la gorge avant chaque quinte
  • Des quintes déclenchées en parlant, en riant, par l’air froid ou par des odeurs fortes
  • Une voix enrouée, ou une douleur à la gorge et à la poitrine
  • Un sommeil interrompu et une fatigue persistante
  • Des fuites d’urine en toussant

Selon Canadian Respirology Today, les personnes ayant une toux réfractaire peuvent tousser une médiane de 500 fois par jour.

Une personne âgée assise à la maison qui se touche une oreille.
Une toux qui dure plus de huit semaines est considérée comme une toux chronique. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Être une femme, puisque les femmes représentaient 61 % des personnes ayant répondu au sondage canadien
  • Avancer en âge
  • Vivre avec l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), la bronchectasie ou le reflux
  • Une infection pulmonaire antérieure, qui peut laisser les voies respiratoires sensibles pendant des mois

D’autres peuvent souvent être améliorés, généralement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Le tabagisme, et la fumée secondaire à la maison
  • Les poussières, les vapeurs et les produits à odeur forte au travail ou à la maison
  • Certains médicaments prescrits peuvent causer une toux, et la personne qui les a prescrits peut les réviser
  • Des symptômes nasaux ou un reflux non traités

Comment la toux chronique est diagnostiquée au Canada

La plupart des gens consultent d’abord leur médecin de famille, et le sondage canadien a révélé que la plupart étaient encore suivis en médecine générale. L’évaluation porte sur la durée de la toux, son type (sèche ou grasse), ce qui la déclenche, le tabagisme et les expositions au travail, ainsi que vos médicaments. Elle comprend un examen de la poitrine, du nez et de la gorge. Les personnes répondantes ont mentionné des tests respiratoires, de l’imagerie thoracique, des analyses sanguines et des tests d’allergie. Ces examens servent à rechercher l’asthme, d’autres maladies pulmonaires et les allergies, plutôt qu’à diagnostiquer la toux elle-même. Si la toux persiste, une orientation vers un ou une pneumologue ou vers une clinique de la toux suit, bien que seule une minorité des personnes de ce sondage aient consulté l’un ou l’autre.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins commencent par le traitement de toute cause identifiable, puis portent sur la toux elle-même. Une équipe soignante peut aborder :

  • Le traitement d’une cause lorsqu’elle est trouvée : asthme, reflux, symptômes nasaux ou révision des médicaments
  • L’orthophonie, aussi appelée thérapie de contrôle de la toux, qui enseigne des façons d’interrompre l’envie de tousser
  • Des médicaments neuromodulateurs, qui agissent sur la transmission des signaux nerveux plutôt que sur les poumons, dont la gabapentine et l’amitriptyline
  • La morphine à libération lente à faible dose, utilisée seulement en milieu spécialisé
  • Une orientation vers un ou une pneumologue ou vers une clinique spécialisée de la toux

Il n’existe pas encore de moyen fiable de prédire ce qui conviendra à une personne en particulier. Ces décisions vous appartiennent, à vous et au professionnel de la santé qui vous suit.

Quand consulter un médecin

  • Cracher du sang nécessite une évaluation rapide, même une seule fois et même en petite quantité.
  • Un essoufflement soudain et grave, une douleur à la poitrine ou un évanouissement en toussant nécessitent des soins d’urgence. Composez le 911.
  • Une perte de poids inexpliquée, des sueurs nocturnes ou de la fièvre accompagnant la toux, ou un changement dans une toux de longue date, doivent être évalués sans tarder.
  • Une toux qui dure plus de huit semaines justifie un rendez-vous, même si vous vous sentez bien par ailleurs.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la toux chronique

La toux chronique est courante au Canada et mal prise en charge. Dans le sondage national, aucun diagnostic sous-jacent n’avait été établi chez 44 % des personnes. Plus de la moitié jugeaient leur traitement inefficace, 32 % ne suivaient aucun traitement et le tiers avaient cessé de consulter parce que rien n’avait fonctionné. Les médicaments utilisés ont été mis au point pour d’autres maladies. C’est pourquoi Canadian Respirology Today présente les antagonistes des récepteurs P2X3, comme le géfapixant et le camlipixant, comme des traitements émergents toujours à l’étude. D’autres questions portent sur la façon de mesurer la toux de manière fiable et sur qui répondra à quel traitement.

La participation est volontaire, le consentement éclairé passe en premier, vous pouvez arrêter à tout moment sans que cela touche vos soins habituels, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (4 sources)
  1. Satia I et al., analyse de l'Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, Journal of Thoracic Disease, 2022
  2. Satia I, Management of refractory chronic cough and emerging therapies, Canadian Respirology Today, 2025
  3. Patient satisfaction with the management of refractory and unexplained chronic cough in Canada, PLOS One, 2024
  4. Burden of disease associated with refractory and unexplained chronic cough in Canada, Lung, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Combien de temps une toux doit-elle durer pour être considérée comme chronique?

Plus de huit semaines. Les toux qui suivent un rhume ou une infection pulmonaire mettent souvent plusieurs semaines à disparaître, ce qui est normal. Au-delà de huit semaines, elle est traitée comme une toux chronique et mérite une investigation, car les causes et les traitements diffèrent de ceux d'une toux de courte durée.

Tous mes tests étaient normaux. Pourquoi est-ce que je tousse encore?

C'est fréquent. Dans le sondage national canadien mené auprès de personnes ayant une toux chronique réfractaire ou inexpliquée, aucun diagnostic sous-jacent n'avait été établi chez 44 % d'entre elles. Des tests respiratoires normaux et une radiographie pulmonaire normale permettent d'écarter plusieurs maladies, mais ils n'expliquent pas une toux causée par des nerfs trop réactifs dans les voies respiratoires. Ce profil est un problème reconnu, qui porte son propre nom, la toux chronique réfractaire ou inexpliquée, et pour lequel des traitements sont en cours de développement. Cela ne veut pas dire que vous n'avez rien.

En quoi consisterait la participation à une étude sur la toux chronique?

La plupart des études sur la toux chronique vous demandent de noter votre toux et ses effets pendant plusieurs semaines, parfois à l'aide d'un appareil qui compte les toux, et de vous présenter à un petit nombre de visites à la clinique. Un coordonnateur ou une coordonnatrice de recherche vous explique l'étude en détail avant que vous signiez quoi que ce soit. La participation est volontaire, vous pouvez vous retirer à tout moment sans que cela touche vos soins habituels, et personne ne peut dire à l'avance si une étude vous aidera personnellement.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Toux chronique
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