Problème de santé

Recherche sur les vaccins contre E. coli

Des renseignements en langage clair sur l'infection à E. coli au Canada et sur l'état de la recherche sur les vaccins.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture5 min
Au Canada812 isolats d'E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) signalés en 2022
Études en recrutementAucune pour le moment

E. coli est une bactérie qui vit normalement dans l’intestin, où la plupart des souches ne causent aucun problème. Quelques-unes en causent : certaines provoquent une diarrhée grave, d’autres causent des infections urinaires et des infections du sang, surtout chez les personnes âgées. Cette page porte sur l’infection et sur l’état de la recherche sur les vaccins.

En chiffres au Canada
812isolats d'E. coli producteurs de shigatoxines confirmés en laboratoire ont été signalés au Programme national de surveillance des maladies entériques du Canada en 2022 : 299 E. coli O157 (0,77 pour 100 000 personnes) et 513 non-O157 (1,32 pour 100 000). C'était la sixième année d'affilée que les souches non-O157 étaient plus nombreuses que les O157.
Source : Agence de la santé publique du Canada, sommaire annuel du Programme national de surveillance des maladies entériques, 2022
Dans le monde4,7 millions de décès dans le monde ont été associés à la résistance bactérienne aux antimicrobiens en 2021, et l'Organisation mondiale de la Santé désigne E. coli et Klebsiella pneumoniae comme les principales bactéries à Gram négatif résistantes aux médicaments présentes dans les infections du sang. Il s'agit de données internationales.Source : Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire sur la résistance aux antimicrobiens, 2026

Ce qu’est E. coli, et ce qu’il n’est pas

La plupart des gens connaissent E. coli à cause des rappels d’aliments, et les souches productrices de shigatoxines, comme O157, causent bel et bien des crampes et une diarrhée sanglante, parfois avec des lésions aux reins. Ce n’est toutefois qu’une partie du portrait. D’autres souches, appelées E. coli extra-intestinaux, proviennent des propres bactéries intestinales d’une personne et causent la plupart des infections urinaires, des infections des reins et des infections du sang.

Cette page ne porte pas non plus sur un vaccin offert. Aucun vaccin contre E. coli n’est autorisé au Canada, ni ailleurs dans le monde, et rien n’est près d’être offert.

Signes et symptômes

  • E. coli producteurs de shigatoxines : crampes intenses, diarrhée liquide qui devient souvent sanglante, et vomissements
  • Syndrome hémolytique et urémique, surtout chez les jeunes enfants et les personnes âgées : beaucoup moins d’urine, pâleur et bleus sur la peau
  • Infection urinaire : sensation de brûlure en urinant, envies fréquentes et pressantes d’uriner, urine trouble, douleur au bas du ventre
  • Infection du sang : fièvre ou température basse, frissons, respiration rapide, confusion; chez une personne âgée, la confusion peut être le seul signe

La même bactérie cause quelques jours désagréables chez une personne et un séjour à l’hôpital chez une autre.

Une jeune personne adulte dans une salle de clinique lumineuse, une manche relevée, une main posée sur le haut du bras.
Aucun vaccin contre E. coli n'est autorisé au Canada. Le plus important essai clinique à un stade avancé portant sur un vaccin candidat a été arrêté en 2025. Photographie d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Être un jeune enfant ou une personne âgée, les groupes les plus susceptibles de développer un syndrome hémolytique et urémique
  • L’anatomie féminine, ce qui explique pourquoi les infections urinaires sont beaucoup plus fréquentes chez les femmes
  • Une sonde urinaire, une hypertrophie de la prostate, des calculs rénaux ou un système immunitaire affaibli

Sur d’autres, on peut souvent agir, habituellement avec le soutien d’une équipe de soins de santé :

  • La manipulation des aliments et de l’eau : le bœuf haché pas assez cuit, le lait non pasteurisé, les germes crus et l’eau non traitée sont les sources habituelles
  • Le lavage des mains après avoir utilisé les toilettes et après un contact avec des animaux de ferme
  • Les traitements antibiotiques répétés et inutiles, qui contribuent à la résistance

Comment l’infection à E. coli est diagnostiquée au Canada

L’infection à E. coli producteur de shigatoxines est confirmée sur un échantillon de selles par culture et par des tests moléculaires, et les isolats sont envoyés au Laboratoire national de microbiologie pour le séquençage, ce qui permet de relier des cas dispersés à une même éclosion. L’infection urinaire est évaluée selon les symptômes, souvent avec une bandelette urinaire, et une culture d’urine s’ajoute lorsque les symptômes reviennent. Chez les personnes âgées, les cliniciens et cliniciennes examinent la situation attentivement avant de traiter, puisque la présence de bactéries dans l’urine sans symptômes n’est pas une infection.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins dépendent du type d’infection que vous avez. Une équipe de soins de santé peut aborder avec vous :

  • Pour E. coli producteur de shigatoxines : des liquides, du repos et une surveillance de la fonction rénale, avec des soins à l’hôpital si un syndrome hémolytique et urémique apparaît
  • Pour l’infection urinaire : un antibiotique choisi selon les profils de résistance locaux et vos autres médicaments
  • Pour une infection invasive : une hospitalisation et des antibiotiques par voie intraveineuse

Ce qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre. Ces décisions se prennent entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne.

Quand consulter un médecin

  • Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence en cas de fièvre avec frissons, de respiration rapide ou de confusion, ou si une personne âgée chez qui on soupçonne une infection ne peut pas être réveillée.
  • Consultez le jour même en cas de diarrhée sanglante, si vous urinez beaucoup moins, ou si un enfant devient pâle ou se fait facilement des bleus après une diarrhée.
  • Consultez le jour même en cas de fièvre avec douleur au dos ou au côté et vomissements, ce qui pourrait indiquer une infection du rein.
  • Communiquez avec votre professionnel ou professionnelle de la santé si la sensation de brûlure en urinant ne se résorbe pas, ou si les symptômes reviennent peu après un traitement antibiotique.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’infection à E. coli

La plus importante tentative à un stade avancé a été E.mbrace, un essai clinique de phase 3 portant sur un vaccin candidat nonavalent chez des adultes de 60 ans et plus ayant eu récemment une infection urinaire. En février 2025, les promoteurs ont annoncé qu’un comité de surveillance indépendant avait conclu que le vaccin candidat n’était pas suffisamment efficace pour prévenir la maladie invasive à E. coli par rapport au placebo, et l’étude a été arrêtée, sans aucun signal de sécurité lié au vaccin. Le problème demeure : l’Organisation mondiale de la Santé classe E. coli parmi les principales causes d’infections du sang résistantes aux médicaments, et l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) signale une hausse au pays des infections à bactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE). La recherche se poursuit sur d’autres types de vaccins et sur des tests de résistance plus rapides.

La participation est volontaire. Vous donnez d’abord votre consentement éclairé, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (6 sources)
  1. Agence de la santé publique du Canada, sommaire annuel 2022 du Programme national de surveillance des maladies entériques, 2022
  2. Agence de la santé publique du Canada, infection à E. coli, 2025
  3. Agence de la santé publique du Canada, Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens : principales constatations de 2025, 2025
  4. Infection, présentation clinique et résistance aux antimicrobiens de la maladie invasive à Escherichia coli chez les personnes âgées hospitalisées, 2024
  5. Sanofi, mise à jour sur l'étude clinique de phase 3 du vaccin contre E. coli pathogène extra-intestinal (E.mbrace), 2025
  6. Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire sur la résistance aux antimicrobiens, 2026

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Existe-t-il un vaccin contre E. coli que je peux recevoir au Canada?

Non. Aucun vaccin contre E. coli n'est autorisé au Canada, ni ailleurs dans le monde. La plus importante tentative à un stade avancé, l'étude de phase 3 E.mbrace portant sur un vaccin candidat nonavalent chez des adultes de 60 ans et plus ayant eu récemment une infection urinaire, a été arrêtée en février 2025 après qu'un comité indépendant de surveillance des données a conclu qu'il n'était pas suffisamment efficace par rapport au placebo. La recherche sur d'autres approches se poursuit, mais rien n'est près d'être offert.

Pourquoi E. coli est-il lié à la résistance aux antibiotiques?

Parce qu'il est très répandu. E. coli cause la plupart des infections urinaires, et les infections urinaires sont l'une des raisons les plus fréquentes de prescription d'antibiotiques. L'Organisation mondiale de la Santé désigne E. coli et Klebsiella pneumoniae comme les principales bactéries à Gram négatif résistantes aux médicaments dans les infections du sang. Dans l'étude multinationale sur la maladie invasive à E. coli qui comprenait des sites canadiens, 30,4 % des isolats étaient résistants au triméthoprime-sulfaméthoxazole et 24,1 % à la ciprofloxacine, deux antibiotiques oraux courants. Le système de surveillance du Canada signale que les infections à bactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE) sont à la hausse au pays.

La bactérie E. coli qui cause la diarrhée sanglante et celle qui cause les infections urinaires sont-elles la même chose?

Ce sont des groupes de souches différents d'une même espèce. Les souches productrices de shigatoxines, dont O157, fabriquent une toxine qui endommage la paroi de l'intestin et peut endommager les reins; on les contracte habituellement par les aliments ou l'eau. Les souches qui causent les infections urinaires, les infections du sang et le sepsis sont appelées E. coli extra-intestinaux, et elles proviennent habituellement des propres bactéries intestinales de la personne plutôt que d'aliments contaminés. Elles font l'objet d'enquêtes, de traitements et de mesures de prévention très différents.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Vérifiez si une étude vous correspond. Trouvez votre étude
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