Rotavirus
Le rotavirus cause une gastroentérite, une infection de l’intestin, surtout chez les bébés et les jeunes enfants. Il entraîne de la diarrhée liquide et des vomissements pendant plusieurs jours. Le risque ne vient pas de la diarrhée elle-même, mais des liquides qu’un jeune enfant perd à cause d’elle.
- Avant la vaccination financée par le secteur public, le Guide canadien d'immunisation indique que, parmi les enfants infectés par le rotavirus, 36 % consultaient un médecin, 15 % se rendaient à l'urgence et 7 % étaient hospitalisés, l'hospitalisation touchant de 1 enfant sur 62 à 1 enfant sur 312 de moins de 5 ans. Les décès liés au rotavirus étaient extrêmement rares au Canada. Source : Guide canadien d'immunisation, chapitre sur le vaccin contre le rotavirus, 2025
- Huit provinces et deux territoires ont instauré la vaccination contre le rotavirus financée par le secteur public entre décembre 2010 et décembre 2015. Le Relevé des maladies transmissibles au Canada de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a constaté que les cas confirmés en laboratoire déclarés au Programme national de surveillance des maladies entériques ont diminué de 54 % entre 2010 et 2017, le nombre maximal de cas par semaine passant de 137 en 2011 à 15 en 2017. Source : Agence de la santé publique du Canada, Relevé des maladies transmissibles au Canada 47(2), 2021
- Dans l'étude canadienne menée dans 12 hôpitaux, le taux de rotavirus contracté dans la communauté enregistré avant les programmes financés par le secteur public était de 60,3 pour 10 000 hospitalisations, et de 11,0 pour 10 000 hospitalisations après. Le rotavirus contracté à l'hôpital est passé de 0,35 à 0,05 pour 1 000 jours-patients pendant la même comparaison. Source : CMAJ Open, réseau du Programme canadien de surveillance active de l'immunisation (IMPACT), 2023
Ce qu’est le rotavirus, et ce qu’il n’est pas
Le rotavirus se transmet par les selles, habituellement de la main à la bouche ou par des surfaces et des jouets contaminés. Ce n’est pas une intoxication alimentaire et, malgré l’expression « grippe intestinale », il n’a rien à voir avec la grippe (influenza). Il se transmet si facilement que le lavage des mains, à lui seul, ne suffit souvent pas à l’arrêter.
Il n’est pas non plus aussi dur pour tous les âges. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) indique que les enfants de 4 à 24 mois ont la maladie la plus grave, alors que chez les bébés de moins de 4 mois, elle est souvent plus légère grâce aux anticorps transmis par le parent qui a donné naissance.
Signes et symptômes
- Diarrhée liquide qui, selon l’ASPC, dure habituellement de 3 à 8 jours
- Vomissements, qui commencent souvent avant la diarrhée
- Fièvre et maux de ventre
- Irritabilité ou fatigue inhabituelle, difficulté à se calmer et refus des boires
- Signes de déshydratation : peu ou pas d’urine, pleurs sans larmes, bouche sèche, étourdissements ou somnolence inhabituelle
Les symptômes commencent de 1 à 3 jours après l’exposition, et leur gravité varie, même entre frères et sœurs.

Ce qui augmente le risque
Certains facteurs de risque ne peuvent pas être changés :
- Avoir de 4 à 24 mois, l’âge où, selon l’ASPC, les symptômes sont les plus graves
- Être né avant terme, ou avoir un problème de santé qui rend la perte de liquides plus difficile à supporter
D’autres peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :
- Le lavage des mains après le changement de couche et avant de préparer les repas, et le nettoyage des surfaces, des jouets et de l’équipement partagé
- Les contacts étroits avec une personne qui a de la diarrhée et des vomissements, y compris dans les unités de soins à l’hôpital, où, dans une étude canadienne, le quart des hospitalisations concernaient une infection contractée à l’hôpital
- Le statut vaccinal, qui dépend du calendrier de votre province ou territoire et des tranches d’âge décrites par le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI)
Comment on diagnostique le rotavirus au Canada
La plupart des enfants ne sont jamais testés. L’ASPC précise que les analyses de laboratoire systématiques ne sont pas une pratique courante et que, lorsqu’un test est fait, la méthode habituelle est la détection de l’antigène du rotavirus dans un échantillon de selles par dosage immunoenzymatique. En pratique, la personne qui soigne votre enfant s’intéresse surtout à la quantité de liquide qu’il a perdue, en vérifiant son poids, son état d’éveil et la quantité d’urine.
Traitement et prise en charge au quotidien
Il n’existe aucun médicament contre le virus lui-même. Les soins portent sur les liquides. Selon l’état de votre enfant, une équipe soignante pourrait discuter avec vous de ce qui suit :
- Une solution de réhydratation orale, donnée en petites quantités fréquentes
- Des vérifications répétées de l’hydratation par une infirmière, un infirmier ou un médecin
- Des liquides par voie intraveineuse à l’hôpital lorsqu’un enfant ne peut pas boire ou est gravement déshydraté
- La poursuite de l’alimentation habituelle et de l’allaitement si l’enfant les tolère
- Deux vaccins oraux vivants autorisés au Canada, RotaTeq et Rotarix. Le CCNI décrit un début à 6 semaines, avec la première dose avant 15 semaines et la série terminée avant 8 mois. L’immunodéficience combinée sévère, des antécédents d’invagination intestinale et l’anaphylaxie à l’un des composants sont indiqués comme contre-indications. Ce qui est financé est déterminé par chaque province et territoire
Ce qui convient à un enfant ne conviendra pas à un autre. Ces décisions se prennent entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne.
Quand consulter un médecin
- Composez le 911 ou allez à l’urgence si un enfant est très somnolent ou mou, ne peut pas être réveillé, n’urine pas, ou a les yeux creux et pas de larmes.
- Consultez le jour même pour un bébé de moins de 6 mois qui a des vomissements et de la diarrhée, ou pour tout enfant qui ne garde aucun liquide.
- Communiquez avec votre professionnel ou professionnelle de la santé en cas de diarrhée qui dure plus de quelques jours, de sang dans les selles, de forte fièvre ou de douleurs intenses au ventre.
Pourquoi la recherche clinique est importante pour le rotavirus
La surveillance canadienne montre à quel point un programme financé par le secteur public change ce qu’on voit dans une unité de pédiatrie, et ce qui reste à résoudre. Le Relevé des maladies transmissibles au Canada de l’ASPC a constaté que les cas confirmés en laboratoire déclarés au Programme national de surveillance des maladies entériques ont diminué de 54 % entre 2010 et 2017. Mais l’admissibilité varie encore selon l’endroit où vit la famille, et les tranches d’âge sont étroites, si bien que les bébés malades ou prématurés à 6 semaines peuvent manquer le début. Parmi les questions ouvertes : comment les souches en circulation évoluent, pourquoi les mêmes vaccins agissent différemment dans les pays à faible revenu où surviennent la plupart des décès liés au rotavirus, et comment réduire les infections à rotavirus contractées à l’hôpital.
La participation est volontaire. Vous donnez d’abord votre consentement éclairé, et vous pouvez arrêter à tout moment sans que cela touche les soins que vous recevez de vos propres cliniciens et cliniciennes. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera, vous ou votre enfant.
En savoir plus auprès de sources canadiennes
- Agence de la santé publique du Canada : rotavirus
- Guide canadien d’immunisation : rotavirus
- Calendriers de vaccination des provinces et des territoires
D'où viennent ces renseignements (5 sources)
- CMAJ Open, programmes publics de vaccination contre le rotavirus et rotavirus dans les hôpitaux pédiatriques canadiens (réseau du Programme canadien de surveillance active de l'immunisation [IMPACT]), 2023
- Guide canadien d'immunisation, chapitre sur le vaccin contre le rotavirus, 2025
- Agence de la santé publique du Canada, Relevé des maladies transmissibles au Canada 47(2), programmes provinciaux de vaccination contre le rotavirus, 2021
- Agence de la santé publique du Canada, symptômes du rotavirus, 2018
- Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, rotavirus et décès par diarrhée chez les enfants, The Lancet Global Health, 2024
Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon enfant est déshydraté?
L'Agence de la santé publique du Canada indique comme signes de déshydratation les étourdissements, le fait d'uriner peu ou pas du tout, les pleurs sans larmes, la sécheresse de la gorge et de la bouche, ainsi qu'une somnolence inhabituelle ou une absence de réaction. Chez un bébé, il faut surtout surveiller un nombre de couches mouillées plus faible que d'habitude et la difficulté à le réveiller. De petites quantités fréquentes de solution de réhydratation orale sont la base des soins. Si un enfant ne garde aucun liquide ou est très somnolent, il doit être examiné le jour même.
Que recommande le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) au sujet de la vaccination contre le rotavirus?
Le Guide canadien d'immunisation décrit deux vaccins oraux autorisés, RotaTeq et Rotarix, donnés en série à partir de l'âge de 6 semaines. Il précise que la première dose doit être donnée avant l'âge de 15 semaines et que la série doit être terminée avant 8 mois, et que les doses peuvent être données lors des mêmes visites que les autres vaccins de routine des nourrissons. Un calendrier à trois doses s'applique à l'un des produits et un calendrier à deux doses, à l'autre. L'immunodéficience combinée sévère, un épisode antérieur d'invagination intestinale et l'anaphylaxie à un composant du vaccin sont indiqués comme contre-indications. Le produit utilisé et les personnes admissibles sont déterminés par chaque province et territoire.
Le rotavirus, est-ce la même chose qu'une intoxication alimentaire ou une grippe intestinale?
Non. Le rotavirus est un virus précis qui se transmet par les selles, habituellement de la main à la bouche ou par des surfaces et des objets contaminés, et non par des aliments contaminés comme c'est souvent le cas pour la salmonelle ou E. coli. Il n'a rien à voir non plus avec la grippe (influenza), malgré l'expression « grippe intestinale ». L'Agence de la santé publique du Canada précise que les symptômes commencent de 1 à 3 jours après l'exposition et que la diarrhée dure habituellement de 3 à 8 jours.
- Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
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