Recrutement actifMaladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) · Santé respiratoire
Étude chez des personnes atteintes de maladie pulmonaire obstructive chronique modérée à sévère
Windsor, Ontario
La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est une maladie pulmonaire de longue durée : les voies respiratoires sont rétrécies et les petits sacs d’air situés au fond des poumons sont endommagés. L’air reste emprisonné, si bien qu’expirer demande un effort et que les tâches quotidiennes exigent plus d’énergie qu’avant. Les changements s’installent lentement, au fil des années, et ne disparaissent pas complètement. Toutefois, au Canada, de nombreux soins visent à soulager les symptômes, à limiter les poussées et à vous aider à garder un mode de vie actif.
La MPOC est un terme général. Il regroupe ce qu’on appelait autrefois la bronchite chronique, c’est-à-dire une inflammation de longue durée des voies respiratoires avec une toux qui produit des crachats, et l’emphysème, c’est-à-dire des dommages aux parois des petits sacs d’air où l’oxygène passe dans le sang. La plupart des personnes atteintes de MPOC ont un peu des deux, dans des proportions différentes. C’est en partie pour cette raison que deux personnes ayant le même diagnostic peuvent décrire des symptômes très différents.
On croit souvent que la MPOC touche seulement les personnes qui ont fumé, et qu’elles en sont responsables. Ni l’un ni l’autre n’est exact. L’Agence de la santé publique du Canada désigne le tabagisme comme la principale cause, et l’arrêt du tabac est au cœur des soins, mais la MPOC survient aussi chez des personnes qui n’ont jamais fumé. L’exposition prolongée aux poussières et aux vapeurs en milieu de travail, la fumée intérieure du chauffage au bois, la pollution de l’air extérieur et la fumée des feux de forêt, un développement insuffisant des poumons pendant l’enfance ainsi que le déficit en alpha-1 antitrypsine, une maladie héréditaire, y contribuent tous. Le blâme n’a pas sa place ici, et ce n’est pas une raison de retarder une évaluation.
La bronchite est une inflammation des bronches, les voies respiratoires ramifiées qui transportent l’air jusque dans les poumons. Tout le monde peut en faire un court épisode après un rhume ou une grippe, puis elle disparaît. La bronchite chronique est différente. La paroi interne des voies respiratoires reste enflammée et épaissie, et les glandes qu’elle contient produisent plus de mucus que la normale. Les voies respiratoires se rétrécissent et le mucus s’accumule. Il en résulte une toux avec crachats présente la plupart des jours, qui dure des mois et revient année après année. Se racler la gorge dès le réveil est souvent le premier signe, et il est facile de l’attribuer au tabac ou à un rhume qui n’a jamais vraiment passé.
L’emphysème touche l’extrémité des poumons. L’air descend jusqu’à des millions de minuscules sacs appelés alvéoles, qui se gonflent quand vous inspirez et se dégonflent quand vous expirez. C’est à travers leurs fines parois que l’oxygène passe dans le sang. Dans l’emphysème, ces parois sont détruites. Les sacs voisins fusionnent en espaces plus grands et plus mous, ce qui laisse moins de surface pour le passage de l’oxygène, et l’élasticité qui pousse normalement l’air vers l’extérieur est perdue. L’air reste emprisonné, les poumons se distendent et expirer demande un effort conscient. C’est pourquoi les gens disent souvent qu’ils n’arrivent pas à prendre une inspiration complète : il n’y a pas de place pour l’air, parce que la respiration précédente n’est pas complètement sortie.
Les symptômes varient d’une personne à l’autre et selon les saisons. Beaucoup de gens trouvent l’hiver et la saison des virus respiratoires plus difficiles. Beaucoup remarquent aussi que l’essoufflement s’installe si graduellement qu’ils ont déjà abandonné certaines activités avant d’en parler.

La MPOC est évolutive, c’est-à-dire que les changements dans les poumons s’accumulent au fil des années. La vitesse de cette évolution varie énormément d’une personne à l’autre, et personne ne peut vous donner un calendrier. Ce qui suit décrit le déroulement habituel, pas un échéancier.
Le premier signe est souvent une toux qui revient sans cesse, avec du mucus expulsé le matin. On l’attribue souvent à la toux du fumeur ou à une série de rhumes d’hiver. À ce stade, l’essoufflement n’apparaît qu’à l’effort, dans les côtes ou les escaliers, et il est facile de l’attribuer à l’âge ou à un manque de forme. Beaucoup de gens s’adaptent sans s’en rendre compte : ils prennent l’ascenseur, se stationnent plus près, divisent leur magasinage en deux sorties.
L’essoufflement commence à apparaître pendant les activités ordinaires : marcher sur un terrain plat, porter l’épicerie, s’habiller. La respiration sifflante et l’oppression thoracique deviennent plus fréquentes, la toux est persistante, et les infections pulmonaires surviennent plus souvent et prennent plus de temps à guérir. C’est à ce stade que la plupart des gens au Canada reçoivent leur diagnostic, parce que c’est à ce stade que les symptômes deviennent difficiles à contourner.
L’essoufflement peut être présent au repos ou lors de très petits efforts, et il faut parfois prendre des pauses pour se laver ou s’habiller. Manger peut être fatigant, et la perte de poids et de masse musculaire est fréquente, en partie parce que la respiration elle-même consomme plus d’énergie. Une enflure des chevilles et des pieds, des maux de tête le matin et une fatigue persistante peuvent apparaître quand l’effort se répercute sur le cœur ou quand le dioxyde de carbone n’est pas bien éliminé pendant la nuit. Les poussées ont tendance à être plus fréquentes et la récupération, plus longue. À ce stade, les soins comprennent aussi une évaluation des besoins en oxygène, du soutien à domicile et des discussions sur ce qui compte le plus pour la personne, en plus des mêmes traitements inhalés et de la réadaptation.
Certains facteurs ne peuvent pas être changés :
D’autres facteurs peuvent souvent être travaillés, généralement avec le soutien d’une équipe soignante :
Plusieurs de ces facteurs dépendent de l’emploi qu’une personne occupe ou du logement auquel elle a accès plutôt que de ses choix personnels. Une équipe soignante peut vous aider à déterminer lesquels sont réellement à votre portée. Le déficit en alpha-1 antitrypsine mérite d’être mentionné à part : il s’agit d’un manque héréditaire d’une protéine qui protège le tissu pulmonaire contre les dommages. Il peut causer de l’emphysème à un âge plus jeune que d’habitude, chez des personnes qui n’ont jamais fumé. Une analyse sanguine permet de le détecter, c’est pourquoi ce test fait partie de l’évaluation de la MPOC au Canada.
La MPOC est confirmée par une spirométrie, un test respiratoire pendant lequel vous soufflez aussi fort et aussi longtemps que possible dans un appareil. Le test mesure la quantité d’air que vous pouvez déplacer et à quelle vitesse. Il est répété après la prise d’un médicament bronchodilatateur inhalé. C’est une limitation du débit d’air qui ne se corrige pas complètement après ce médicament qui distingue la MPOC de l’asthme. Une radiographie pulmonaire ou une tomodensitométrie, une mesure de l’oxygène dans le sang et une analyse sanguine pour détecter un déficit en alpha-1 antitrypsine peuvent s’ajouter pour rechercher d’autres causes et des maladies qui accompagnent souvent la MPOC.
Rien de ce qui existe aujourd’hui ne répare les dommages pulmonaires déjà présents. Les soins de la MPOC au Canada visent donc à respirer plus facilement, à avoir des poussées moins fréquentes et moins graves, et à conserver ce que vous êtes capable de faire. Selon vos tests respiratoires, vos symptômes et vos antécédents de poussées, une équipe soignante pourrait discuter avec vous des options suivantes :
La combinaison qui aide une personne est rarement celle qui aide la suivante. Ces décisions vous appartiennent, à vous et au professionnel ou à la professionnelle de la santé qui vous suit, et cette page ne constitue une recommandation sur aucune d’entre elles.
L’Association pulmonaire du Canada décrit la réadaptation pulmonaire comme une façon d’apprendre à gérer la MPOC et de garder un mode de vie actif. Il s’agit d’un programme supervisé, offert dans les hôpitaux et les cliniques communautaires, qui combine l’entraînement physique, l’entraînement respiratoire et de l’éducation sur la maladie elle-même, la technique d’utilisation des inhalateurs, l’alimentation et la planification des poussées. Il se déroule habituellement en groupe pendant un nombre déterminé de semaines, avec un plan pour poursuivre ensuite. La demande de consultation vient normalement du médecin de famille, d’un ou d’une pneumologue, ou d’un éducateur ou d’une éducatrice en santé respiratoire, et les délais d’attente varient selon la région. Des versions virtuelles et à domicile ont été mises au point dans certaines provinces et font aussi l’objet d’essais.
Les programmes enseignent des techniques respiratoires qui servent à maîtriser l’essoufflement et à déloger le mucus. La respiration à lèvres pincées consiste à inspirer par le nez et à expirer lentement par les lèvres pincées. Elle sert à ralentir la respiration et à laisser sortir l’air emprisonné. La respiration diaphragmatique ou abdominale fait travailler le diaphragme plutôt que le haut de la poitrine. La toux contrôlée et l’expiration forcée font remonter le mucus dans les voies respiratoires avec moins d’effort et moins d’épuisement que des quintes de toux fortes et répétées. Ces techniques sont enseignées et vérifiées en personne par un professionnel ou une professionnelle en physiothérapie, en inhalothérapie ou en éducation respiratoire, plutôt qu’apprises à partir d’instructions écrites, parce que c’est la technique qui fait la différence.
Une poussée, ou exacerbation aiguë, est une période de plusieurs jours pendant laquelle les symptômes de la MPOC sont nettement pires que d’habitude. Ce n’est pas simplement un mauvais après-midi. L’essoufflement augmente, la toux s’aggrave, et la quantité de crachats augmente ou leur couleur devient jaune, verte ou brunâtre, parfois avec du sang. La respiration peut devenir rapide et superficielle, la respiration sifflante plus marquée, et les gens se sentent souvent anormalement fatigués.
La plupart des poussées sont déclenchées par une infection respiratoire : un rhume, la grippe, la COVID-19, le VRS ou une infection pulmonaire bactérienne. D’autres surviennent après une exposition à la pollution de l’air, à la fumée des feux de forêt, à l’air froid ou à de fortes vapeurs, et certaines arrivent sans aucun déclencheur évident.
Les poussées ont des conséquences au-delà des jours qu’elles durent. La récupération peut prendre des semaines, certaines personnes ne retrouvent pas leur état d’avant, et la MPOC et la bronchite figurent ensemble parmi les causes les plus fréquentes d’hospitalisation au Canada. C’est pourquoi les plans d’action écrits pour la MPOC, établis à l’avance avec une équipe soignante, font partie des soins au Canada. Un plan d’action précise ce qu’il faut surveiller, ce qu’il faut faire au premier signe, qui joindre, et quand il faut obtenir une évaluation urgente plutôt qu’attendre.
Signes indiquant qu’une poussée doit être évaluée d’urgence plutôt que prise en charge à la maison :
L’essoufflement rend les tâches ordinaires plus exigeantes, et une bonne partie des soins de la MPOC consiste à utiliser cette énergie là où elle compte. Les ergothérapeutes et les éducateurs et éducatrices en santé respiratoire aident les personnes à doser leurs efforts : s’asseoir pour se laver ou préparer les repas, garder les objets souvent utilisés à portée de main, répartir les tâches sur la journée au lieu de les concentrer le matin, et diviser une tâche en étapes en prévoyant des pauses. Rien de tout cela ne signifie céder à la maladie. C’est ce qui permet de continuer à faire des choses.
Les infections frappent plus fort et durent plus longtemps avec la MPOC. Une grande partie des soins courants vise donc à les éviter, et la vaccination en fait partie. Le Guide canadien d’immunisation indique que les personnes atteintes de troubles pulmonaires chroniques devraient recevoir le vaccin contre la grippe chaque année, en plus de leurs autres vaccins de routine. Il prévoit aussi la vaccination contre le pneumocoque et le VRS pour les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire chronique, l’admissibilité et le calendrier relevant des provinces. Le lavage des mains et le fait de garder une certaine distance avec les personnes malades pendant la saison des virus respiratoires sont abordés pour la même raison.
Le volet émotionnel est bien réel et passe souvent sous silence. L’essoufflement fait peur, et la peur rend la respiration plus rapide et plus superficielle, ce qui aggrave l’essoufflement. La panique et la MPOC s’alimentent donc l’une l’autre. L’anxiété et la déprime sont fréquentes chez les personnes atteintes de MPOC, tout comme le fait de se retirer discrètement de certaines activités par crainte de ce qu’on pourrait ressentir. Les équipes soignantes posent des questions à ce sujet. Au Canada, cet aspect est pris en charge dans le cadre des soins de la MPOC plutôt que séparément.
Les traitements actuels ne réparent pas les dommages, et les cliniciens et cliniciennes ne peuvent toujours pas prédire de façon fiable qui perdra rapidement sa fonction pulmonaire ou qui aura des poussées répétées. Il y a aussi un véritable débat sur la façon de détecter la MPOC plus tôt, car beaucoup de gens au Canada reçoivent leur diagnostic seulement après avoir déjà perdu une part importante de leur fonction pulmonaire. Les études en cours portent notamment sur des thérapies biologiques ciblant l’inflammation éosinophilique des voies respiratoires, de nouvelles associations de médicaments inhalés, la réduction du volume pulmonaire et les interventions par valves, la surveillance à distance et la réadaptation pulmonaire virtuelle, ainsi que la détection de cas par spirométrie en soins de première ligne.
Ces questions se règlent par des études, pas par des opinions. La participation est volontaire, l’étude vous est expliquée en détail au moment du consentement éclairé, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela nuise aux soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne veut pas dire renoncer à vos inhalateurs actuels ou à votre réadaptation, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.
Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.
Oui. Le tabagisme est la cause la plus fréquente au Canada, mais la MPOC survient aussi chez des personnes qui n'ont jamais fumé. L'exposition prolongée aux poussières et aux vapeurs en milieu de travail, la fumée intérieure du chauffage au bois, la pollution de l'air, un développement insuffisant des poumons pendant l'enfance et le déficit en alpha-1 antitrypsine, une maladie héréditaire, peuvent tous y contribuer.
L'arrêt du tabac est un élément central des soins de la MPOC à tous les stades, et c'est l'un des principaux sujets dont les cliniciens et cliniciennes discutent après le diagnostic. Les lignes d'aide provinciales et territoriales, les pharmaciens et pharmaciennes ainsi que les cliniques de médecine familiale offrent tous du soutien, notamment du counseling, des produits de remplacement de la nicotine et des options sur ordonnance. Votre équipe soignante peut vous aider à choisir une approche.
La plupart des essais sur la MPOC commencent par une spirométrie et un examen de vos symptômes, de vos antécédents de poussées et de vos inhalateurs actuels pour voir si vous correspondez à l'étude. Les visites comprennent habituellement des tests respiratoires, des questionnaires sur les symptômes et parfois des analyses sanguines ou des examens d'imagerie. La participation est volontaire, l'étude vous est expliquée en détail au moment du consentement éclairé, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela nuise à vos soins habituels.
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