Problème de santé

Polyarthrite rhumatoïde

Des renseignements en langage clair sur la polyarthrite rhumatoïde au Canada, et les études qui recrutent pour cette maladie en ce moment.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture7 min
Au Canada374 000 Canadiens et Canadiennes de 16 ans et plus, 1,2 %
Études en recrutement1 en recrutement en ce moment

La polyarthrite rhumatoïde, souvent abrégée PR, est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque la membrane qui tapisse vos articulations au lieu de seulement vous défendre contre les infections. Elle se manifeste habituellement par de la douleur, de l’enflure et une longue raideur matinale dans les mêmes petites articulations des deux côtés du corps. Elle peut aussi vous faire sentir mal dans tout le corps, pas seulement dans les articulations.

En chiffres au Canada
374 000Canadiens et Canadiennes de 16 ans et plus vivent avec un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde, soit environ 1,2 % de ce groupe d'âge. Environ 23 000 nouveaux diagnostics sont posés en un an.
Source : Agence de la santé publique du Canada, La polyarthrite rhumatoïde au Canada, 2020
Dans le monde18 millions de personnes dans le monde vivaient avec la polyarthrite rhumatoïde en 2019. Environ 70 % d'entre elles sont des femmes, et 55 % ont plus de 55 ans.Source : Organisation mondiale de la Santé, fiche d'information sur la polyarthrite rhumatoïde, 2023

Ce qu’est la polyarthrite rhumatoïde, et ce qu’elle n’est pas

La PR est une maladie du système immunitaire qui se concentre sur les articulations. Les articulations le plus souvent touchées sont les jointures et les petites articulations des mains, les orteils et les poignets, ainsi que les coudes, les épaules, les genoux et les chevilles. Ce sont habituellement les mêmes articulations des deux côtés. Comme l’ensemble du système immunitaire est en cause, la PR peut aussi entraîner de la fatigue, une fièvre légère et une perte de poids. L’inflammation peut atteindre d’autres organes, dont les nerfs, les yeux, la peau, les poumons et le cœur. Elle fait partie de la grande famille des maladies auto-immunes.

Elle n’est pas la même chose que l’arthrose, même si les deux sont souvent confondues. L’arthrose découle de changements dans les tissus de l’articulation eux-mêmes et devient plus fréquente avec l’âge et les charges imposées aux articulations. La raideur qu’elle cause après le repos se dissipe habituellement en 30 minutes environ. La raideur matinale de la PR dure généralement 30 minutes ou plus, elle touche les articulations de façon symétrique et elle peut atteindre des organes au-delà des articulations. Les traitements sont très différents : c’est pourquoi déterminer de quel type d’arthrite il s’agit est la tâche principale d’une évaluation précoce. Notre page arthrite et douleur chronique présente le portrait d’ensemble.

Signes et symptômes

  • Douleur, enflure et raideur dans plusieurs articulations à la fois, souvent les mêmes articulations des deux côtés du corps
  • Raideur matinale, parfois appelée « gel » articulaire, qui dure 30 minutes ou plus
  • Difficulté à faire les prises et les gestes de tous les jours, comme ouvrir un pot ou tourner un robinet
  • Fatigue disproportionnée par rapport à l’activité, parfois accompagnée d’une fièvre légère ou d’une perte de poids
  • Bosses fermes sous la peau (nodules rhumatoïdes), le plus souvent aux coudes, aux mains ou aux pieds
  • Symptômes qui apparaissent par poussées puis se calment, mais qui reviennent sans cesse au fil des semaines
  • Moins souvent, inflammation des yeux, de la peau, des poumons ou d’autres organes

La PR se présente différemment d’une personne à l’autre : certaines personnes ont de longues périodes calmes entre les poussées, tandis que d’autres ont des symptômes qui s’intensifient de façon constante. C’est en partie pourquoi le diagnostic peut prendre du temps.

Une femme âgée assise dans une pièce lumineuse, qui se masse les mains.
La polyarthrite rhumatoïde touche le plus souvent les jointures, les poignets et les orteils, habituellement les mêmes articulations des deux côtés du corps. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • Être de sexe féminin : les personnes de sexe féminin sont touchées deux à trois fois plus souvent que les personnes de sexe masculin
  • L’âge : la maladie commence le plus souvent entre 40 et 60 ans, mais la PR peut apparaître à tout âge
  • Des antécédents familiaux de polyarthrite rhumatoïde

D’autres facteurs peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe de soins de santé :

  • Le tabagisme, que la Société de l’arthrite décrit comme le plus important facteur de risque environnemental de développer la PR
  • Les maladies des gencives, qui sont associées à un risque plus élevé et qui peuvent être traitées grâce à des soins dentaires

Comment la polyarthrite rhumatoïde est diagnostiquée au Canada

La PR est habituellement soupçonnée par un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, puis confirmée avec un ou une rhumatologue. L’évaluation comprend un examen des articulations et des analyses sanguines, dont des tests pour le facteur rhumatoïde et les anticorps anti-peptides cycliques citrullinés (anti-CCP), ainsi que des marqueurs de l’inflammation. Des radiographies ou une échographie peuvent servir à rechercher de l’inflammation et des lésions articulaires. Aucun test ne permet à lui seul de trancher : la répartition des articulations touchées, le moment de la raideur et les résultats des tests sont interprétés ensemble.

Traitement et gestion au quotidien

Les rhumatologues parlent d’une fenêtre d’opportunité au début de la PR : des données probantes solides appuient le fait de commencer un traitement modificateur de la maladie environ dans les deux premières années, période où il a le plus grand potentiel de limiter les lésions articulaires et l’invalidité. C’est pourquoi, lorsque c’est possible, une nouvelle combinaison de douleurs articulaires et de longue raideur matinale est évaluée en quelques semaines plutôt qu’en quelques mois. Une équipe de soins de santé pourrait aborder avec vous :

  • Les antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM), la base du traitement de la PR, qui calment l’attaque du système immunitaire plutôt que de seulement soulager les symptômes. Les ARMM conventionnels, comme le méthotrexate, sont habituellement essayés en premier
  • Les ARMM biologiques, des médicaments qui bloquent des signaux immunitaires précis, utilisés lorsque les ARMM conventionnels ne suffisent pas
  • Les ARMM synthétiques ciblés, des comprimés comme les inhibiteurs de Janus kinases (JAK), qui agissent à l’intérieur des cellules immunitaires
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens pour la douleur et l’inflammation, et les corticostéroïdes pour de courtes périodes ou pendant les poussées
  • La physiothérapie, l’ergothérapie, des stratégies de protection des articulations et du soutien pour garder un mode de vie actif et rester au travail

Le choix des médicaments, leur ordre et le moment de changer d’approche sont des décisions à prendre entre vous et votre propre équipe de rhumatologie, en tenant compte de vos autres problèmes de santé et de vos priorités.

Quand parler à un médecin

  • Si vous avez de la douleur, de l’enflure ou de la raideur dans plusieurs articulations depuis plus de six semaines, prenez rendez-vous avec un professionnel ou une professionnelle de la santé pour une évaluation.
  • Si votre raideur matinale dure régulièrement 30 minutes ou plus, mentionnez-le précisément : cela aide à distinguer l’arthrite inflammatoire des autres problèmes articulaires.
  • Si une seule articulation devient soudainement très douloureuse, chaude, rouge ou enflée et que vous avez l’impression de faire de la fièvre ou ne vous sentez pas bien, obtenez des soins médicaux le jour même. Allez à l’urgence ou composez le 911 si vous vous sentez très mal, car une infection articulaire doit être traitée d’urgence.
  • Si vous vivez avec la PR et que vous ressentez un nouvel essoufflement, une douleur à la poitrine, ou une douleur et une rougeur aux yeux, communiquez rapidement avec votre équipe de soins de santé, car la PR peut toucher des organes au-delà des articulations.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la polyarthrite rhumatoïde

Les traitements modernes ont changé les perspectives pour la PR, mais de vraies questions demeurent. Ce ne sont pas toutes les personnes qui atteignent la rémission. Il est encore difficile de prévoir quel médicament fonctionnera pour quelle personne. Le traitement peut donc se faire par essais et erreurs pendant que les articulations restent enflammées. On ne sait pas encore avec certitude à quel moment les médicaments peuvent être réduits de façon sécuritaire une fois la PR calmée. Des essais menés au Canada et à l’étranger testent de nouveaux médicaments ciblés, comparent directement des stratégies de traitement et étudient si une intervention très précoce, même avant que la PR soit confirmée, modifie l’évolution de la maladie, ce que les données probantes ne permettent pas encore d’appuyer.

Participer à une étude signifie habituellement des évaluations supplémentaires et un suivi étroit par une équipe de recherche. La participation est volontaire, le consentement éclairé vient en premier et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche vos soins habituels. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (4 sources)
  1. Agence de la santé publique du Canada, La polyarthrite rhumatoïde au Canada, 2020
  2. Société de l'arthrite, Polyarthrite rhumatoïde, 2026
  3. Organisation mondiale de la Santé, fiche d'information sur la polyarthrite rhumatoïde, 2023
  4. Window of opportunity in rheumatoid arthritis: definitions and supporting evidence, from old to new perspectives, RMD Open, 2019

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

En quoi la polyarthrite rhumatoïde est-elle différente de l'arthrose?

L'arthrose est une affection des tissus de l'articulation qui devient plus fréquente avec l'âge et l'utilisation, et la raideur qu'elle cause après le repos se dissipe habituellement en 30 minutes environ. La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque la membrane qui tapisse les articulations. Elle touche habituellement les mêmes petites articulations des deux côtés du corps, la raideur matinale dure généralement 30 minutes ou plus, et elle peut atteindre les yeux, la peau, les poumons ou le cœur. Les traitements sont différents : il est donc important d'obtenir le bon diagnostic.

Pourquoi, selon les rhumatologues, faut-il commencer le traitement si rapidement?

Des revues de la recherche décrivent une fenêtre d'opportunité au début de la polyarthrite rhumatoïde : des données probantes solides appuient l'idée qu'un traitement modificateur de la maladie commencé environ dans les deux premières années suivant le diagnostic a un plus grand potentiel de limiter les lésions articulaires graves et l'invalidité. C'est pourquoi une nouvelle combinaison de douleurs articulaires, d'enflure et de longue raideur matinale mérite d'être évaluée en quelques semaines plutôt qu'en quelques mois. Le choix du traitement à commencer, et du moment pour le faire, est une décision à prendre entre vous et votre propre équipe de soins de santé.

Pourquoi une personne atteinte de polyarthrite rhumatoïde participerait-elle à un essai clinique?

C'est grâce aux essais que les équipes de recherche apprennent si de nouveaux médicaments ciblés fonctionnent, comment ils se comparent aux antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) actuels, et quelles stratégies aident les gens à atteindre la rémission et à s'y maintenir. Participer signifie habituellement des évaluations supplémentaires et un suivi étroit par une équipe de recherche. La participation est volontaire, vous donnez d'abord votre consentement éclairé, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche vos soins habituels.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 1 étude sur Polyarthrite rhumatoïde
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
L'infolettre santé canadienne

La recherche en santé expliquée, une fois par mois

Les nouvelles études et des articles en langage clair tirés de notre bibliothèque santé.

Alertes sur les études : un courriel seulement lorsqu'une étude qui vous correspond s'ouvre. Communauté : notre équipe de recherche peut communiquer avec vous au sujet d'études qui pourraient vous convenir. Joignez-vous à la communauté