Problème de santé

Douleur aiguë

Des renseignements en langage clair sur la douleur aiguë au Canada, et sur les études qui recrutent actuellement dans ce domaine.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture7 min
Au Canada2,33 millions de chirurgies par année
Études en recrutement4 en recrutement en ce moment

La douleur aiguë est une douleur qui commence soudainement et qui a une cause claire : une blessure, une opération, une intervention médicale ou une maladie de courte durée. C’est le signal d’alarme du corps qui indique que quelque chose ne va pas. Elle s’atténue habituellement à mesure que les tissus guérissent, en quelques jours à quelques semaines. C’est ce qui la distingue de la douleur chronique, soit une douleur qui dure plus de trois mois.

En chiffres au Canada
2,33 millionsde chirurgies ont été réalisées au Canada en 2023-2024, soit 5 % de plus qu'avant la pandémie de COVID-19. La chirurgie est l'une des causes planifiées les plus fréquentes de douleur aiguë.
Source : Institut canadien d'information sur la santé, Prendre le pouls, 2024
  • Chaque année au Canada, plus de 2 millions de visites à l'urgence sont attribuables à des blessures. On a compté environ 291 000 hospitalisations en soins de courte durée pour blessure en 2024-2025, en hausse par rapport à 284 000 l'année précédente. Les chutes et les collisions de véhicules automobiles demeurent les principales causes. Source : Institut canadien d'information sur la santé, 2026
  • Au Canada, l'activité chirurgicale se déplace vers les adultes plus âgés et les séjours plus courts. Par rapport à 2019-2020, les chirurgies chez les adultes de 65 ans et plus ont augmenté de 14 % en 2023-2024, les chirurgies d'un jour ont augmenté de 10 %, et les chirurgies planifiées avec hospitalisation ont diminué de 9 %. Source : Institut canadien d'information sur la santé, Prendre le pouls, 2024
  • La douleur aiguë est importante en partie parce qu'une partie de cette douleur ne disparaît pas. Environ 7,6 millions de personnes au Canada, soit environ 1 personne sur 5, vivent avec une douleur chronique, définie comme une douleur qui dure plus de trois mois, et le Groupe de travail canadien sur la douleur prévoyait 9,0 millions de personnes d'ici 2030. Source : Santé Canada, Groupe de travail canadien sur la douleur, 2021
Dans le monde4,4 millions de personnes dans le monde meurent chaque année des suites de blessures, soit près de 8 % de tous les décès. Ensemble, les blessures et la violence représentent selon les estimations 10 % de toutes les années vécues avec une incapacité.Source : Organisation mondiale de la Santé, 2024

Ce qu’est la douleur aiguë, et ce qu’elle n’est pas

La douleur aiguë n’est pas une forme plus légère de la douleur chronique. Elle a une cause identifiable et une durée prévue approximative, et elle se résorbe généralement à mesure que la guérison progresse. C’est pourquoi on l’évalue et on la traite différemment. La douleur de longue durée fait intervenir d’autres mécanismes; elle est abordée sur notre page consacrée à l’arthrite et à la douleur chronique.

Ce n’est pas non plus un problème seulement le temps qu’elle dure. Certaines douleurs qui commencent comme des douleurs aiguës ne disparaissent pas dans les délais prévus : environ 7,6 millions de personnes au Canada, soit environ 1 personne sur 5, vivent avec une douleur chronique, et le Groupe de travail canadien sur la douleur prévoyait 9,0 millions de personnes d’ici 2030. Les cliniciens et cliniciennes ne peuvent pas encore prévoir quelles personnes passeront d’une douleur de courte durée à une douleur de longue durée après une opération ou une blessure. Cette question sans réponse est l’une des raisons pour lesquelles la douleur aiguë est étudiée de si près.

Signes et symptômes

  • Une douleur qui commence soudainement et qu’on peut habituellement relier à un événement précis
  • Une douleur vive, pulsatile, brûlante ou lancinante dans une seule région du corps
  • Une douleur qui s’aggrave quand vous bougez, quand vous appuyez sur la région ou quand vous mettez du poids dessus
  • De l’enflure, des bleus, une rougeur ou de la chaleur autour de l’endroit douloureux
  • Le fait de garder la région immobile ou de boiter pour la protéger
  • De la transpiration, des nausées, un cœur qui bat vite ou une sensation d’évanouissement quand la douleur est intense
  • De la difficulté à dormir, à manger ou à faire vos tâches habituelles tant que la douleur dure

L’intensité de la douleur causée par une blessure ou une opération donnée varie beaucoup d’une personne à l’autre. Deux personnes qui subissent la même intervention peuvent avoir besoin de plans assez différents.

Une femme debout à l'extérieur près de potagers surélevés par une journée ensoleillée, une main posée sur son épaule.
Une mobilisation douce et précoce guidée par la physiothérapie est l'un des moyens de prendre en charge la douleur aiguë au Canada, en plus des médicaments et d'autres mesures. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être changés :

  • Le type et l’étendue de la chirurgie, de l’intervention ou de la blessure elle-même
  • Un âge plus avancé, qui est associé à davantage de chutes et de chirurgies au Canada
  • Des antécédents de douleur intense ou de longue durée, qui sont associés à plus de douleur après une nouvelle blessure ou une nouvelle opération

D’autres peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • Le tabagisme, qui est associé à des niveaux de douleur plus élevés et à une guérison plus lente
  • L’anxiété liée à une intervention, le moral bas et le mauvais sommeil avant une chirurgie
  • Une faible condition physique et une faible force musculaire avant une opération
  • Les dangers à la maison et au travail qui augmentent le risque de chutes et de blessures

Comment on évalue la douleur aiguë au Canada

La douleur aiguë est évaluée cliniquement plutôt qu’à l’aide d’un seul test. Dans les services d’urgence, les hôpitaux et les cliniques du Canada, le personnel vous demande d’évaluer votre douleur, souvent sur une échelle de 0 à 10. On vous demande aussi où elle se situe, comment vous la ressentez, ce qui la soulage ou l’aggrave, et comment elle touche votre respiration, vos mouvements et votre sommeil. Un examen et, au besoin, des radiographies, des examens d’imagerie ou des analyses sanguines servent à trouver la cause et à écarter les problèmes qui nécessitent un traitement urgent. De nombreux hôpitaux canadiens ont des services de la douleur aiguë qui assurent le suivi des patients et patientes après une chirurgie majeure.

Traitement et soulagement de la douleur

Au Canada, la pratique combine généralement plusieurs approches à la fois plutôt que de reposer sur un seul médicament. Selon la cause, le milieu de soins et vos antécédents de santé, une équipe soignante peut discuter avec vous des options suivantes :

  • Des mesures sans médicament, comme le repos, la glace ou la chaleur, l’élévation, une attelle ou une orthèse, et une mobilisation douce et précoce guidée par la physiothérapie
  • Des médicaments non opioïdes choisis avec un professionnel ou une professionnelle de la santé, dont l’acétaminophène, les anti-inflammatoires et les produits à application locale
  • Des techniques régionales administrées par les équipes d’anesthésie et de l’hôpital, comme l’infiltration d’anesthésique local, les blocs nerveux et la péridurale
  • Des opioïdes à court terme utilisés sous supervision clinique à l’hôpital ou après une chirurgie, décidés avec votre équipe soignante comme une partie d’un plan plus large, en portant attention à la plus courte durée d’approvisionnement appropriée, à l’entreposage sécuritaire et au retour des médicaments inutilisés à une pharmacie
  • De l’information et du soutien psychologique, y compris une préparation avant une chirurgie planifiée et un accompagnement sur ce à quoi vous attendre pendant le rétablissement

La combinaison qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre. Elle dépend de l’opération ou de la blessure, de vos autres problèmes de santé et de votre réaction aux traitements. Ces décisions vous reviennent, à vous et à votre propre équipe soignante; cette page ne peut pas les trancher.

Quand parler à un médecin

  • Composez le 911 immédiatement en cas de douleur soudaine à la poitrine qui donne une impression d’écrasement ou de serrement, surtout si elle s’accompagne d’essoufflement, de transpiration, de nausées ou d’une douleur qui s’étend au bras, à la mâchoire, au cou ou au dos. Composez aussi le 911 en cas de mal de tête soudain et intense qui atteint son maximum en quelques secondes, ou en cas d’apparition soudaine d’une faiblesse, d’un engourdissement ou d’une difficulté à parler.
  • Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence en cas de douleur intense après une blessure grave, de membre visiblement déformé ou inutilisable, de saignement abondant ou de douleur abdominale soudaine et intense.
  • Obtenez des soins médicaux le jour même si la douleur s’accompagne de fièvre ou de frissons, si une rougeur s’étend à partir d’une plaie, ou si la douleur s’aggrave de façon constante au lieu de diminuer après quelques jours.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour la douleur aiguë

Deux questions restent sans réponse. La première : comment bien soulager une douleur intense de courte durée tout en limitant le recours aux opioïdes. La seconde : pourquoi certaines personnes développent une douleur de longue durée après une opération ou une blessure alors que d’autres non, puisque les chercheurs et chercheuses ne peuvent pas encore déterminer qui court le plus grand risque de ce passage. Les essais en cours évaluent des médicaments antidouleur non opioïdes et de nouvelles cibles thérapeutiques, l’anesthésie régionale et les protocoles multimodaux, la préhabilitation avant une chirurgie planifiée, ainsi que des outils numériques qui suivent la douleur et le rétablissement à domicile après le congé de l’hôpital.

Les études sur la douleur aiguë recrutent souvent peu avant ou juste après une intervention, ce qui peut laisser peu de temps. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre équipe. Participer à une étude ne veut pas dire renoncer à votre traitement habituel de la douleur, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (5 sources)
  1. Institut canadien d'information sur la santé, Prendre le pouls : mesurer les priorités communes pour les soins de santé au Canada, 2024
  2. Institut canadien d'information sur la santé, Statistiques sur les blessures et les traumatismes : visites au service d'urgence et hospitalisations, 2026
  3. Santé Canada, Groupe de travail canadien sur la douleur, Plan d'action pour la douleur au Canada, 2021
  4. Michael G. DeGroote National Pain Centre, Université McMaster, Ligne directrice canadienne de 2024 sur la prescription d'opioïdes, 2024
  5. Organisation mondiale de la Santé, aide-mémoire sur les traumatismes et la violence, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Combien de temps la douleur aiguë devrait-elle durer?

La douleur aiguë se résorbe habituellement à mesure que les tissus guérissent, ce qui prend souvent de quelques jours à quelques semaines selon la cause. Une douleur encore présente après environ trois mois est généralement qualifiée de douleur chronique et elle est abordée différemment. Si votre douleur ne diminue pas dans les délais que votre professionnel ou professionnelle de la santé vous a indiqués, ou si elle s'aggrave, communiquez avec votre prestataire de soins de santé.

Est-ce qu'on me donnera des opioïdes après une chirurgie au Canada?

Cette décision se prend avec votre équipe de chirurgie ou d'anesthésie. Elle dépend de l'opération, de vos antécédents de santé et de votre réaction aux autres options. Au Canada, la pratique combine généralement plusieurs approches, comme les médicaments non opioïdes, les blocs nerveux et la mobilisation précoce, afin que l'utilisation d'opioïdes, le cas échéant, soit aussi courte que possible. Votre équipe peut vous expliquer le plan, comment entreposer les médicaments de façon sécuritaire et comment rapporter les médicaments non utilisés à une pharmacie.

Quels types d'études sur la douleur aiguë recrutent des volontaires?

Parmi les exemples courants, on trouve des études sur le soulagement de la douleur après des opérations planifiées, comme le remplacement d'une articulation ou une chirurgie dentaire, des études menées à l'urgence après des fractures et d'autres blessures, et des études sur des médicaments non opioïdes, des blocs nerveux ou des programmes de rétablissement. Ces essais recrutent souvent peu avant ou juste après une intervention. Une équipe de recherche vous expliquera ce que cela implique et obtiendra votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 4 études sur Douleur aiguë
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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