Recrutement actifVaccin contre le méningocoque (méningite)
L’infection à méningocoque est causée par une bactérie appelée Neisseria meningitidis, qui vit sans causer de tort dans le nez et la gorge de nombreuses personnes en bonne santé. À l’occasion, elle passe dans le sang ou dans le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière, et cause une méningite ou une septicémie (empoisonnement du sang). Elle est peu fréquente au Canada, mais elle peut devenir grave en quelques heures; c’est pourquoi tout cas soupçonné est traité comme une urgence médicale.
- Les taux sont les plus élevés aux plus jeunes âges : 3,11 par 100 000 chez les bébés de moins de 1 an et 0,82 chez les enfants de 1 à 4 ans, comparativement à 0,58 chez les adolescents et adolescentes de 15 à 19 ans et à 0,37 chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans. Le sérogroupe B était la principale cause dans l'ensemble et variait selon la région : il représentait 56 % des cas au Québec et 73 % dans les provinces de l'Atlantique, contre 16 % à 22 % dans les provinces de l'Ouest, où le sérogroupe W prédominait. Source : Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI), Relevé des maladies transmissibles au Canada, 2012-2022
- Le taux de létalité de l'infection invasive à méningocoque au Canada était de 5,2 % de 2017 à 2021 et de 14,1 % pour l'ensemble de la période 2012 à 2021 (104 décès parmi 738 cas). Environ 15 % à 20 % des personnes survivantes gardent des complications à long terme comme une perte auditive, des convulsions, une incapacité neurologique ou une amputation. Source : Agence de la santé publique du Canada, 2012-2021
- 89 % des jeunes de 17 ans au Canada avaient reçu au moins une dose de vaccin contre le méningocoque, alors que l'objectif national de couverture est de 90 %. Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a conclu que des programmes régionaux pourraient être mieux adaptés qu'un programme ciblé pancanadien pour lutter contre les sérogroupes qui circulent actuellement. Source : Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI), Relevé des maladies transmissibles au Canada, 2023
Ce qu’est l’infection à méningocoque, et ce qu’elle n’est pas
La méningite n’est pas une maladie unique. Le mot désigne une inflammation des membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle peut être causée par des virus, par plusieurs bactéries différentes et, à l’occasion, par des causes d’un tout autre ordre. L’infection à méningocoque est une cause bactérienne précise, et elle ne prend pas toujours la forme d’une méningite : elle peut plutôt se présenter comme une septicémie, avec des mains et des pieds froids, une douleur intense dans les membres, une respiration rapide et une éruption cutanée qui s’étend. Cette forme peut être la plus dangereuse des deux.
Ce n’est pas non plus une infection qu’on attrape lors d’un simple contact passager. La bactérie se transmet par la salive et par un contact étroit et prolongé, et il est courant de la porter sans être malade. Ce qui la rend grave, c’est sa rapidité plutôt que sa fréquence. Les taux au Canada sont faibles et ont diminué de 66 % depuis la fin des années 1990, mais l’Agence de la santé publique du Canada fait état d’un taux de létalité de 5,2 % pour 2017 à 2021, et environ 15 à 20 % des personnes survivantes gardent des séquelles durables comme une perte auditive ou une amputation.
Signes et symptômes
- Forte fièvre soudaine avec un mal de tête intense
- Raideur de la nuque, ou douleur en penchant la tête vers l’avant
- Sensibilité à la lumière vive
- Nausées et vomissements
- Confusion, somnolence inhabituelle ou difficulté à se réveiller
- Éruption de petites taches rouges ou violacées qui ne pâlissent pas lorsqu’on appuie un verre dessus
- Mains et pieds froids, douleur intense aux membres ou aux articulations, et respiration rapide
Les premiers symptômes peuvent ressembler à ceux de la grippe (influenza), et chez les bébés et les jeunes enfants, le tableau est souvent encore plus flou. Ce qui compte, c’est la rapidité de l’évolution : des heures, pas des jours.

Ce qui augmente le risque
Certains facteurs ne peuvent pas être changés :
- Avoir moins de 1 an, ou avoir de 1 à 4 ans
- Être à l’adolescence, de 15 à 19 ans, ou au début de l’âge adulte, de 20 à 24 ans
- Ne pas avoir de rate ou avoir une rate qui fonctionne mal, avoir la drépanocytose ou un déficit en complément
- Prendre des médicaments inhibiteurs du complément comme l’éculizumab ou le ravulizumab
D’autres peuvent souvent être modifiés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :
- Vivre dans des milieux surpeuplés comme les résidences universitaires et les casernes militaires
- Les activités de contact étroit où l’on partage de la salive, y compris s’embrasser et partager des boissons, des ustensiles, des bouteilles d’eau ou des vapoteuses
- Le tabagisme et l’exposition à la fumée secondaire
- Les voyages dans des régions où les taux sont plus élevés, y compris la ceinture africaine de la méningite et les grands rassemblements comme le hadj
Comment l’infection à méningocoque est diagnostiquée au Canada
L’infection invasive à méningocoque est confirmée par la mise en culture de Neisseria meningitidis à partir d’un site normalement stérile, habituellement une hémoculture ou du liquide céphalorachidien prélevé par ponction lombaire, ou par sa détection au moyen d’un test d’amplification en chaîne par polymérase (PCR). Une tomodensitométrie (TDM) de la tête est parfois faite avant une ponction lombaire. Comme la maladie évolue rapidement, les antibiotiques sont habituellement commencés dès qu’on la soupçonne, avant l’arrivée de tout résultat. Les isolats sont envoyés au Laboratoire national de microbiologie pour l’identification du sérogroupe, ce qui permet au Canada de suivre les sérogroupes B, C, W et Y au fil du temps.
Traitement et prise en charge, y compris l’immunisation
Une infection à méningocoque soupçonnée est traitée comme une urgence, et la santé publique assure un suivi autour de chaque cas confirmé. Le Canada a aussi des programmes d’immunisation destinés aux enfants et aux adolescents et adolescentes, qui visent les sérogroupes qui circulent ici. Selon la situation, une équipe soignante ou un service de santé publique peut aborder :
- Les soins hospitaliers d’urgence avec des antibiotiques par voie intraveineuse commencés dès que la maladie est soupçonnée, ainsi que des liquides et un soutien aux soins intensifs au besoin
- La prophylaxie antibiotique offerte par les services de santé publique aux personnes en contact étroit avec un cas confirmé
- Les vaccins conjugués contre le méningocoque autorisés au Canada : Men-C-C monovalent (Menjugate, NeisVac-C) et Men-C-ACYW quadrivalent (Menactra, Menveo, Nimenrix, MenQuadfi)
- Les vaccins contre le sérogroupe B autorisés au Canada : 4CMenB (Bexsero) dès l’âge de 2 mois pour les personnes à risque élevé, et MenB-fHBP (Trumenba) pour les personnes de 10 ans et plus
- Les services de réadaptation et de suivi pour les effets à long terme comme la perte auditive, la perte d’un membre, les convulsions et l’incapacité neurologique
Le Guide canadien d’immunisation prévoit une dose de vaccin Men-C-C pour les enfants de 12 à 23 mois, de façon systématique à 12 mois, et une dose de Men-C-C ou de Men-C-ACYW pour les adolescents et adolescentes et les jeunes adultes de 12 à 24 ans, même en cas d’immunisation pendant la petite enfance (bébé ou tout-petit). Les vaccins contre le sérogroupe B peuvent être envisagés au cas par cas. Les programmes sont établis par chaque province et territoire, de sorte que les âges et les sérogroupes couverts varient. Ces décisions vous reviennent, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne; cette page ne peut pas les trancher.
Quand consulter un médecin
- Composez le 911 ou rendez-vous immédiatement à l’urgence en cas de fièvre avec mal de tête intense et raideur de la nuque, d’éruption cutanée qui ne pâlit pas sous la pression d’un verre, de confusion ou de convulsions, ou si une personne ne peut pas être réveillée.
- Composez le 911 si un bébé a de la fièvre et qu’il est très somnolent ou mou, refuse de boire, pousse un cri aigu ou a une fontanelle bombée (la partie molle de la tête).
- Communiquez avec votre service de santé publique local si vous avez été en contact étroit avec une personne qui a reçu un diagnostic d’infection à méningocoque, puisque les antibiotiques préventifs sont organisés par la santé publique.
Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’infection à méningocoque
Le sérogroupe B représentait la plus grande part des cas canadiens de 2017 à 2021, mais il est traité différemment des sérogroupes C, A, W et Y, parce que les vaccins protéiques contre le sérogroupe B ne font pas partie des calendriers réguliers financés par l’État dans la plupart des provinces et territoires. La durée de la protection après les doses reçues à l’adolescence, et l’effet des vaccins sur le portage de la bactérie dans la gorge, restent des questions ouvertes. La recherche porte maintenant sur des vaccins combinés pentavalents MenABCWY, des études sur le portage et l’immunité collective chez les jeunes à l’adolescence, des antigènes de nouvelle génération contre le sérogroupe B et des tests diagnostiques moléculaires rapides destinés aux urgences.
Comme la maladie est peu fréquente, les études ont souvent besoin de nombreux sites et de nombreux volontaires pour répondre à quelque question que ce soit, et le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a conclu que des programmes régionaux pourraient être mieux adaptés qu’un programme ciblé pancanadien pour lutter contre les sérogroupes qui circulent actuellement. La participation à une étude est volontaire. Elle vous est expliquée en détail au moment du consentement éclairé, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin ni votre accès à l’immunisation financée par l’État. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.
En savoir plus auprès de sources canadiennes
- Agence de la santé publique du Canada : infection invasive à méningocoque
- Guide canadien d’immunisation : vaccins contre le méningocoque
- Gouvernement du Canada : renseignements sur l’immunisation dans les provinces et territoires
- Mise à jour du CCNI sur l’épidémiologie et la prévention de l’infection invasive à méningocoque
D'où viennent ces renseignements (5 sources)
- Agence de la santé publique du Canada, Infection invasive à méningocoque : Pour les professionnels de la santé, 2021
- Mise à jour du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) sur l'épidémiologie et la prévention de l'infection invasive à méningocoque, Relevé des maladies transmissibles au Canada 49(9), 2023
- Guide canadien d'immunisation, chapitre sur les vaccins contre le méningocoque, 2026
- Organisation mondiale de la Santé, Vaincre la méningite d'ici 2030, 2019
- Organisation mondiale de la Santé, Aide-mémoire sur la méningite, 2025
Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.
Questions fréquentes
Que dit le Guide canadien d'immunisation sur l'immunisation systématique contre le méningocoque?
Le guide prévoit une dose de vaccin Men-C-C pour les enfants de 12 à 23 mois, de façon systématique à 12 mois, et une dose de Men-C-C ou de Men-C-ACYW pour les adolescents et adolescentes et les jeunes adultes de 12 à 24 ans, même en cas d'immunisation pendant la petite enfance (bébé ou tout-petit). Les vaccins contre le sérogroupe B peuvent être envisagés au cas par cas. Pour les adultes à risque élevé, le guide décrit l'administration du Men-C-ACYW avec un vaccin contre le sérogroupe B, accompagnée de doses de rappel périodiques.
Est-ce que toutes les provinces couvrent les mêmes vaccins contre le méningocoque?
Non. Les programmes d'immunisation sont établis par chaque province et territoire, de sorte que les âges couverts et les sérogroupes financés par l'État varient d'un bout à l'autre du Canada, en particulier pour les vaccins contre le sérogroupe B. Le gouvernement du Canada tient à jour des liens vers l'information sur l'immunisation des provinces et territoires, où sont présentés les calendriers actuels et les critères d'admissibilité.
Si l'infection à méningocoque est rare au Canada, pourquoi la prend-on autant au sérieux?
Les taux sont faibles et ont diminué de 66 % depuis la fin des années 1990, mais la maladie peut passer d'un simple malaise à un état critique en quelques heures. L'Agence de la santé publique du Canada fait état d'un taux de létalité de 5,2 % pour 2017 à 2021, et environ 15 à 20 % des personnes survivantes gardent des séquelles durables comme une perte auditive ou une amputation. C'est cette combinaison de rapidité et de gravité qui explique pourquoi tout cas soupçonné est traité comme une urgence.
- Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
- Consultez les études en cours. 4 études sur Vaccin contre le méningocoque (méningite)
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