La science du vieillissement : pourquoi vieillissons-nous?
Partie 1 sur 7 dans La science de la longévitéComprendre pourquoi nous vieillissons est la première étape pour apprendre comment nous pourrions mieux vieillir.
- Le vieillissement découle de nombreux changements biologiques qui s'accumulent dans les cellules, et non d'une seule cause.
- L'âge biologique reflète à quel point le corps fonctionne bien et peut différer du nombre d'années vécues.
- Des études sur des jumeaux suggèrent que les gènes expliquent environ 20 à 30 % des différences de durée de vie.
- Le vieillissement lui-même est le principal facteur de risque de la plupart des maladies chroniques.
- La recherche vise maintenant à prolonger l'espérance de vie en bonne santé, soit les années vécues en santé et de façon autonome, et pas seulement la durée de vie.
Bienvenue dans la première partie d’une série consacrée à la science du vieillissement, qui distingue la médecine fondée sur des données probantes du battage médiatique, tout en mettant en lumière la recherche active qui façonne l’avenir des soins de santé liés à la longévité.
Au cours des prochaines semaines, nous nous pencherons sur les processus cellulaires qui causent le vieillissement, et nous examinerons de plus près les médicaments de longévité et la recherche actuelle en médecine préventive.
Le vieillissement est une expérience que vit toute personne vivante, et pourtant, les scientifiques, les chercheurs et les chercheuses tentent encore de découvrir exactement pourquoi il se produit. Pendant des décennies, le vieillissement a été perçu comme un déclin inévitable, une simple conséquence du temps qui passe. Aujourd’hui, des milliers d’heures de travail et de recherche montrent quelque chose de bien plus intéressant : le vieillissement n’est pas causé par un seul processus, mais par de nombreux changements biologiques qui s’accumulent lentement dans nos cellules et nos tissus.
Comprendre le fonctionnement du vieillissement est la base pour prolonger la longévité et développer la médecine préventive. Avant de pouvoir ralentir ou prévenir les maladies liées à l’âge, les scientifiques et les médecins doivent d’abord comprendre ce qui cause réellement la détérioration du corps au fil du temps.
Âge biologique et âge chronologique
Votre âge chronologique correspond au nombre d’années que vous avez vécues. L’âge biologique, lui, reflète à quel point votre corps fonctionne bien de l’intérieur.
Deux personnes qui ont toutes deux un âge chronologique de 50 ans peuvent avoir des âges biologiques très différents selon leur mode de vie, leur génétique, leur environnement et leurs antécédents médicaux. Les chercheurs et chercheuses ont constaté que des facteurs comme le tabagisme, l’inactivité physique, un sommeil de mauvaise qualité et le stress chronique peuvent accélérer le vieillissement biologique, alors que l’exercice, une alimentation équilibrée et les soins de santé préventifs peuvent le ralentir.
Des organismes comme l’Institut du vieillissement soulignent que le vieillissement est fortement influencé par des facteurs de risque modifiables, ce qui signifie que de nombreux aspects du vieillissement ne sont pas immuables.
Les cellules : là où le vieillissement commence vraiment
Le corps humain contient des billions de cellules qui se divisent constamment, réparent les dommages et remplacent les tissus usés. Le vieillissement commence lorsque ces systèmes de réparation perdent graduellement de leur efficacité.
Chaque jour, les cellules subissent des dommages causés par :
- les processus du métabolisme normal
- l’exposition à l’environnement, comme les rayons ultraviolets (UV) et la pollution
- l’inflammation
- les erreurs lors de la réplication de l’acide désoxyribonucléique (ADN)
Lorsque nous sommes jeunes, le corps répare rapidement la plupart de ces dommages. Avec le temps, toutefois, de petites erreurs s’accumulent. Les cellules finissent par fonctionner moins efficacement ou par cesser complètement de se diviser.
Cette accumulation graduelle de dommages cellulaires est l’une des principales explications du vieillissement.
Les « caractéristiques du vieillissement »
En 2013, des scientifiques ont proposé un cadre appelé les caractéristiques du vieillissement, aujourd’hui largement utilisé dans la recherche sur la longévité. Plutôt que d’avoir une seule cause, le vieillissement semble résulter de plusieurs processus biologiques interreliés :
- Dommages à l’ADN
- L’ADN contient les instructions qui permettent aux cellules de fonctionner. Au fil des décennies, des mutations s’accumulent, ce qui augmente le risque de maladies comme le cancer.
- Sénescence cellulaire
- Certaines cellules endommagées cessent de se diviser, mais refusent de mourir. Ces cellules « sénescentes » libèrent des signaux inflammatoires qui peuvent endommager les tissus voisins et contribuer au déclin lié à l’âge.
- Dysfonctionnement mitochondrial
- Les mitochondries produisent l’énergie des cellules. Avec l’âge, elles deviennent moins efficaces, ce qui entraîne de la fatigue, une baisse du fonctionnement des organes et des problèmes métaboliques.
- Perte du contrôle de la qualité des protéines
- Les cellules recyclent constamment les protéines endommagées. Le vieillissement affaiblit ce système de nettoyage, ce qui permet aux protéines défectueuses de s’accumuler, un processus lié aux maladies neurodégénératives.
- Inflammation chronique
- L’inflammation de faible intensité augmente avec l’âge; on l’appelle parfois « inflammaging ». Cet état est associé aux maladies du cœur, au diabète et au déclin cognitif.
Les recherches résumées dans des revues comme Nature Reviews Molecular Cell Biology montrent que ces mécanismes interagissent au lieu d’agir de façon indépendante, ce qui signifie que le vieillissement est un processus qui touche l’ensemble de l’organisme.
Le rôle de la génétique et ses limites
Les gènes influencent bel et bien la durée de vie, mais pas autant que beaucoup de gens le pensent.
Des études sur des jumeaux suggèrent que la génétique explique environ 20 à 30 % des différences de durée de vie. La majorité restante semble liée au mode de vie et à l’environnement. Les scientifiques s’intéressent maintenant de près à l’épigénétique, soit l’étude de la façon dont les comportements et les expositions modifient l’activation ou la désactivation des gènes sans altérer l’ADN lui-même.
Des chercheurs et chercheuses d’établissements comme la Harvard Medical School ont montré que l’exercice, l’alimentation, les habitudes de sommeil et le niveau de stress peuvent influencer l’activité des gènes associés à l’inflammation, au métabolisme et à la réparation cellulaire.
Autrement dit, la génétique charge peut-être le fusil, mais c’est souvent le mode de vie qui appuie sur la détente.
Pourquoi le vieillissement mène à la maladie
L’un des plus grands changements de la médecine moderne est la prise de conscience que le vieillissement lui-même est le principal facteur de risque de la plupart des maladies chroniques.
Des maladies comme :
- les maladies du cœur
- la maladie d’Alzheimer
- le diabète de type 2
- l’ostéoporose
- de nombreux types de cancer
Toutes ces maladies ont des racines biologiques communes liées à des processus du vieillissement comme l’inflammation, les dommages cellulaires et le dysfonctionnement métabolique.
Selon les recommandations cliniques résumées par la Mayo Clinic, prévenir ou ralentir ces processus sous-jacents pourrait permettre de réduire plusieurs maladies à la fois, ce qui est l’une des principales raisons pour lesquelles la recherche sur la longévité prend de l’ampleur.
Réparation et dommages : l’équilibre qui détermine le vieillissement
Une façon utile de voir le vieillissement est de le considérer comme un équilibre entre les dommages et la réparation.
Quand nous sommes jeunes :
- Les systèmes de réparation agissent plus vite que les dommages ne s’accumulent.
En vieillissant :
- Les dommages dépassent lentement la capacité de réparation.
La science de la longévité se concentre de plus en plus sur le rétablissement de cet équilibre : améliorer le nettoyage cellulaire, réduire l’inflammation et soutenir la santé métabolique pour que le corps reste fonctionnel plus longtemps.
Cette approche éloigne la médecine du traitement des maladies une à une et l’oriente vers le maintien de la résilience de l’ensemble du corps.
Une nouvelle vision du vieillissement
La découverte la plus importante des deux dernières décennies est peut-être que le vieillissement est biologiquement flexible. Même s’il est actuellement impossible de l’arrêter, la recherche suggère qu’il est possible de l’influencer, et parfois de façon importante.
La médecine préventive vise maintenant à prolonger l’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire le nombre d’années vécues en santé et de façon autonome, plutôt que d’augmenter simplement la durée de vie.
Les prochains articles de cette série porteront sur la façon dont les scientifiques mesurent le vieillissement biologique, sur le rôle du métabolisme dans la longévité et sur les raisons pour lesquelles certains médicaments existants sont étudiés comme thérapies antivieillissement potentielles.
Comprendre pourquoi nous vieillissons est la première étape pour apprendre comment nous pourrions mieux vieillir.
Sources
https://www.nia.nih.gov/health/what-aging
https://www.nature.com/articles/nrm.2013.13
https://hms.harvard.edu/news/biology-aging-explained
https://www.mayoclinic.org/healthy-lifestyle/healthy-aging/in-depth/aging/art-20046070
https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/ageing-and-health
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3836174/
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'âge biologique et l'âge chronologique?
L'âge chronologique correspond au nombre d'années que vous avez vécues. L'âge biologique reflète à quel point votre corps fonctionne bien de l'intérieur, et deux personnes du même âge peuvent avoir des âges biologiques très différents selon leur mode de vie, leur génétique, leur environnement et leurs antécédents médicaux.
Dans quelle mesure la génétique influence-t-elle la durée de vie?
Des études sur des jumeaux suggèrent que la génétique explique environ 20 à 30 % des différences de durée de vie. La majorité restante semble liée au mode de vie et à l'environnement, ce qui explique pourquoi les chercheurs et chercheuses s'intéressent maintenant de près à l'épigénétique et aux facteurs modifiables.
Pourquoi le vieillissement mène-t-il à la maladie?
Le vieillissement lui-même est le principal facteur de risque de la plupart des maladies chroniques, dont les maladies du cœur, le diabète de type 2 et l'ostéoporose. Ces maladies ont des racines biologiques communes liées à des processus du vieillissement comme l'inflammation, les dommages cellulaires et le dysfonctionnement métabolique.
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