Recrutement actifSinusite
La sinusite, qu’on appelle plus précisément rhinosinusite, est une inflammation de la muqueuse du nez et des sinus, ces cavités remplies d’air dans les os du visage. Elle peut se manifester par un nez bouché, une pression sur les joues ou le front, des écoulements épais et un odorat qui s’est émoussé. Un seul mot désigne deux problèmes bien différents : une maladie de courte durée qui disparaît, et une affection inflammatoire de longue durée qui, elle, ne disparaît pas.
- La plupart des sinusites aiguës sont virales, et pourtant la prescription d'antibiotiques est restée élevée. En 2013, 84 % des diagnostics de rhinosinusite aiguë posés en consultation externe au Canada étaient accompagnés d'une ordonnance d'antibiotique, une baisse minime par rapport à 87 % en 2007. Le taux de diagnostic lui-même est passé de 596 à 464 pour 10 000 habitants au cours de cette période. Source : PLOS One, ordonnances d'antibiotiques pour la rhinosinusite aiguë en consultation externe au Canada, 2017
- Une revue publiée en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) indique que l'asthme touche environ 25 % des personnes atteintes de rhinosinusite chronique, soit à peu près cinq fois le taux observé dans la population générale, que des travaux canadiens ont relevé en moyenne 20,6 jours de travail perdus par année en raison des symptômes et des soins connexes, et que de 10 % à 30 % des personnes ont besoin d'une chirurgie de révision après une chirurgie endoscopique des sinus. Source : CMAJ, Diagnostic et prise en charge de la rhinosinusite chronique, 2025
- Des données d'enquête canadiennes plus anciennes brossent un portrait différent de celui des données administratives. Dans l'Enquête nationale sur la santé de la population, qui portait sur 73 364 Canadiens et Canadiennes de 12 ans et plus, la rhinosinusite déclarée par les personnes elles-mêmes et durant six mois ou plus touchait 5,7 % des femmes et 3,4 % des hommes, et elle était plus fréquente chez les personnes qui fumaient et chez les personnes à plus faible revenu. Source : The Laryngoscope, épidémiologie de la rhinosinusite chronique chez les Canadiens, selon des données d'enquête de 1996 à 1997, 2003
Ce qu’est la sinusite, et ce qu’elle n’est pas
La rhinosinusite aiguë apparaît soudainement et dure moins de quatre semaines. Les lignes directrices canadiennes indiquent que jusqu’aux deux tiers des personnes qui ont des symptômes de sinusite ont une maladie virale plutôt qu’une infection bactérienne, et qu’un rhume atteint habituellement son pic vers le troisième jour et commence à s’améliorer vers le septième jour. C’est pourquoi l’évolution de vos symptômes dans le temps compte autant que les symptômes eux-mêmes.
La rhinosinusite chronique est une affection différente qui porte le même nom. Elle se définit par des symptômes et une inflammation qui durent plus de 12 semaines, et on la divise en deux formes : avec polypes nasaux et sans polypes nasaux. Ce n’est pas un rhume qui s’éternise. C’est une affection inflammatoire persistante des voies respiratoires, souvent accompagnée d’asthme et d’allergies : une revue publiée en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ) estime que l’asthme touche environ 25 % des personnes atteintes de rhinosinusite chronique, soit à peu près cinq fois le taux observé dans la population générale.
Signes et symptômes
- Un nez bouché ou congestionné qui ne se dégage pas
- Des écoulements épais du nez, ou du mucus qui coule dans le fond de la gorge
- De la douleur, de la pression ou une sensation de plénitude au visage, autour des joues, des yeux ou du front
- Un odorat diminué ou absent, souvent accompagné d’un changement du goût
- Des maux de tête, des douleurs aux dents du haut ou une pression dans les oreilles
- De la toux, souvent pire la nuit, et un sommeil interrompu
- De la fatigue et, en cas d’infection aiguë, parfois de la fièvre
Les épisodes aigus ont tendance à s’intensifier, puis à s’estomper en quelques jours. La maladie chronique est plus constante : les symptômes restent présents en arrière-plan pendant des mois, avec des poussées de temps à autre.

Ce qui augmente le risque
Certains facteurs ne peuvent pas être modifiés :
- Des différences de structure à l’intérieur du nez, comme une déviation de la cloison nasale, et les polypes nasaux
- Les allergies et l’asthme; on estime que l’asthme touche environ 25 % des personnes atteintes de rhinosinusite chronique
- Une prédisposition génétique, que la revue du CMAJ cite parmi les facteurs contributifs, avec les microbes et l’environnement
- Le fait d’être une femme et l’avancée en âge. Selon des données d’enquête canadiennes, 5,7 % des femmes et 3,4 % des hommes déclaraient avoir une rhinosinusite, et la prévalence augmentait avec l’âge jusqu’à 60 ans environ
Sur d’autres facteurs, on peut souvent agir, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :
- Le tabagisme, associé à une prévalence plus élevée de rhinosinusite chez les femmes comme chez les hommes dans les données d’enquête canadiennes, ainsi que dans une revue mondiale de 2025
- Les infections virales répétées des voies respiratoires supérieures, qui sont à l’origine de la plupart des épisodes aigus
- L’utilisation prolongée de vaporisateurs nasaux décongestionnants en vente libre. Choisir avec soin indique que les utiliser plus de trois jours environ peut provoquer une congestion de rebond
Comment la sinusite est diagnostiquée au Canada
La rhinosinusite aiguë est habituellement reconnue par un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, d’après le profil et la durée des symptômes. Les lignes directrices canadiennes utilisent une vérification appelée PODS, d’après les initiales anglaises de ses quatre éléments : douleur, pression ou sensation de plénitude au visage (Pain), obstruction nasale (Obstruction), écoulement nasal ou écoulement postnasal décoloré (Discharge) et trouble de l’odorat (Smell). La rhinosinusite chronique s’évalue autrement. Les critères canadiens exigent des symptômes qui durent plus de 12 semaines, ainsi qu’une preuve objective d’inflammation, obtenue soit en examinant l’intérieur du nez par rhinoscopie antérieure ou à l’aide d’un endoscope nasal, soit en observant un épaississement de la muqueuse des sinus à la tomodensitométrie. La revue du CMAJ de 2025 indique que les radiographies simples manquent de sensibilité et ne sont pas utilisées à cette fin. On oriente la personne vers un oto-rhino-laryngologiste lorsque les symptômes touchent un seul côté, lorsque le tableau n’est pas clair ou lorsque le traitement n’a pas permis de maîtriser le problème.
Traitement et prise en charge au quotidien
Les soins dépendent de celle des deux affections dont il s’agit. Pour une maladie virale de courte durée, le but est d’assurer le confort jusqu’à ce qu’elle se résorbe; pour la maladie chronique, c’est la maîtrise à long terme de l’inflammation. Selon votre situation, une équipe soignante peut aborder :
- Les vaporisateurs salins et les rinçages nasaux, décrits dans les recommandations canadiennes comme une mesure de base dans la maladie aiguë comme dans la maladie chronique
- Les corticostéroïdes en vaporisateur nasal, que les lignes directrices canadiennes décrivent comme le pilier du traitement à long terme de la rhinosinusite chronique et comme traitement unique de la rhinosinusite bactérienne aiguë légère et modérée
- Les antibiotiques, que les recommandations canadiennes réservent à une minorité de cas aigus : lorsque les symptômes persistent sans s’améliorer, s’améliorent puis s’aggravent nettement de nouveau, ou sont graves dès le départ. Choisir avec soin indique qu’environ une personne sur quatre qui prend des antibiotiques a des effets secondaires comme des problèmes d’estomac, des étourdissements ou des éruptions cutanées
- Les médicaments biologiques pour la rhinosinusite chronique grave avec polypes nasaux qui n’a pas répondu aux soins habituels. Le dupilumab, le mépolizumab et l’omalizumab sont approuvés au Canada pour ce groupe
- La chirurgie endoscopique des sinus, envisagée lorsque le traitement médical n’a pas permis de maîtriser la maladie chronique. La revue du CMAJ estime que de 10 % à 30 % des personnes finissent par avoir besoin d’une chirurgie de révision
Les options qui s’appliquent, et à quel moment, dépendent du type de sinusite et de vos propres antécédents. Ces décisions vous appartiennent, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne, et cette page ne constitue une recommandation sur aucune d’entre elles.
Quand consulter un médecin
- Une enflure ou une rougeur autour d’un œil, un œil qui fait saillie, une vision double ou tout changement de la vision nécessitent une évaluation le jour même. Rendez-vous à l’urgence ou composez le 911, car l’infection peut se propager des sinus jusqu’à l’orbite de l’œil.
- Un mal de tête grave accompagné d’une raideur de la nuque, de confusion, de somnolence ou d’une forte fièvre nécessite une évaluation d’urgence, car ces signes peuvent indiquer une propagation aux membranes qui entourent le cerveau.
- Prenez rendez-vous si des symptômes aigus durent plus de 10 jours environ sans s’améliorer, s’ils s’améliorent puis s’aggravent nettement de nouveau, si les symptômes touchent un seul côté ou si vous avez des saignements de nez à répétition.
Pourquoi la recherche clinique est importante pour la sinusite
Les deux volets de cette affection laissent des questions en suspens. Du côté aigu, les habitudes de prescription au Canada ont à peine changé : en 2013, 84 % des diagnostics de rhinosinusite aiguë posés en consultation externe étaient accompagnés d’un antibiotique, comparativement à 87 % en 2007, même si la plupart des épisodes sont viraux. Les auteurs de cette étude ont demandé des travaux pour comprendre comment le diagnostic est réellement posé en pratique et quels critères orientent le traitement. Du côté chronique, même l’ampleur du problème n’est pas établie. Les demandes de paiement des médecins en Alberta donnaient de 18,8 à 23,3 pour 1 000 personnes, des données d’enquête canadiennes plus anciennes donnaient 5,7 % des femmes et 3,4 % des hommes, et une revue mondiale de 2025 a établi la prévalence combinée à 8,71 %. Ces chiffres ne peuvent pas tous mesurer la même chose. La recherche s’oriente maintenant vers un classement de la rhinosinusite chronique selon le type d’inflammation qui la cause, son endotype, plutôt que selon la présence visible de polypes, car les profils de type 2, non de type 2 et mixtes semblent évoluer différemment. Des études évaluent des médicaments biologiques qui ciblent des voies inflammatoires précises, notamment des travaux de phase 3 sur le tézépélumab dans la maladie grave avec polypes; elles cherchent aussi des biomarqueurs permettant de prédire qui répondra au traitement, comparent le traitement médical à la chirurgie et examinent des facteurs environnementaux, comme la pollution de l’air par les particules fines.
Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. La participation est volontaire, vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit ne commence, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela nuise aux soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne veut pas dire renoncer à votre traitement actuel, et personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.
En savoir plus grâce à des sources canadiennes
- Choisir avec soin : traiter les sinusites
- HealthLink BC : sinusite
- Société canadienne d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale : fiches d’information pour le public
- CMAJ : diagnostic et prise en charge de la rhinosinusite chronique
D'où viennent ces renseignements (9 sources)
- JAMA Otolaryngology Head and Neck Surgery, Prévalence et incidence de la rhinosinusite chronique diagnostiquée en Alberta, au Canada, 2016
- PLOS One, Ordonnances d'antibiotiques pour la rhinosinusite aiguë en consultation externe au Canada, de 2007 à 2013, 2017
- CMAJ, Diagnostic et prise en charge de la rhinosinusite chronique, 2025
- Canadian Family Physician, Lignes directrices canadiennes sur la rhinosinusite bactérienne aiguë : résumé clinique, 2014
- Canadian Family Physician, Lignes directrices canadiennes sur la rhinosinusite chronique : résumé clinique, 2013
- Choisir avec soin, Traiter les sinusites, 2026
- The Laryngoscope, Épidémiologie de la rhinosinusite chronique chez les Canadiens, 2003
- Clinical and Experimental Allergy, Incidence et prévalence mondiales de la rhinosinusite chronique : revue systématique, 2025
- HealthLink BC, Sinusite, 2026
Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.
Questions fréquentes
Ai-je besoin d'antibiotiques pour une infection des sinus?
Pas habituellement. Choisir avec soin indique que les infections des sinus commencent presque toujours par une infection virale, et que les antibiotiques n'agissent pas sur les virus. Les lignes directrices canadiennes indiquent qu'on envisage les antibiotiques lorsque les symptômes persistent sans s'améliorer, s'améliorent puis s'aggravent de nouveau, ou sont graves. Environ une personne sur quatre qui prend des antibiotiques a des effets secondaires comme des problèmes d'estomac, des étourdissements ou des éruptions cutanées. La décision de prendre ou non des antibiotiques dans votre situation vous appartient, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne.
Quelle est la différence entre la sinusite aiguë et la sinusite chronique?
La durée et la cause. La rhinosinusite aiguë apparaît soudainement et dure moins de quatre semaines, et la plupart des épisodes sont viraux. La rhinosinusite chronique se caractérise par des symptômes et une inflammation qui durent plus de 12 semaines, confirmés par un examen de l'intérieur du nez ou par tomodensitométrie; il s'agit d'une affection inflammatoire persistante plutôt que d'une infection prolongée. La maladie chronique se divise en formes avec et sans polypes nasaux, et elle s'accompagne souvent d'asthme ou d'allergies.
Combien de Canadiens et de Canadiennes ont des problèmes de sinus chroniques?
Les estimations ne concordent pas. Selon les données de facturation des médecins en Alberta, de 18,8 à 23,3 personnes sur 1 000 avaient un diagnostic de rhinosinusite chronique chaque année entre 2004 et 2014. Des données d'enquête canadiennes plus anciennes, fondées sur ce que les personnes déclaraient elles-mêmes, indiquaient 5,7 % des femmes et 3,4 % des hommes. Une revue systématique mondiale de 2025 a établi la prévalence combinée à 8,71 %. Les dossiers administratifs recensent les personnes qui ont reçu un diagnostic, tandis que les enquêtes recensent celles qui disent avoir des symptômes, ce qui explique en partie l'écart entre les chiffres.
- Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
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