Problème de santé

Guide santé sur l’incontinence urinaire et le contrôle de la vessie

Des renseignements en langage clair sur l'incontinence urinaire au Canada et sur les études qui recrutent actuellement pour ce problème de santé.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture6 min
Au Canada34 % des femmes, 19 % des hommes
Études en recrutement1 en recrutement en ce moment

L’incontinence urinaire, ce sont des fuites d’urine qui surviennent sans que vous le vouliez. Elle se présente sous des formes reconnues : l’incontinence à l’effort, où les fuites se produisent en toussant, en soulevant une charge, en riant ou en faisant de l’exercice; l’incontinence par impériosité (besoin urgent d’uriner), où un besoin soudain et intense d’uriner survient avant que vous puissiez atteindre les toilettes; et une forme mixte, qui combine les deux. La forme que vous avez détermine les soins susceptibles de vous aider.

En chiffres au Canada
34 %des femmes au Canada vivent avec l'incontinence urinaire, et 19 % des hommes, selon une analyse regroupée d'études canadiennes.
Source : AJE Advances: Research in Epidemiology, revue systématique et méta-analyse d'études canadiennes, 2026
  • Chez les Canadiens et Canadiennes de 65 ans et plus, la prévalence regroupée de l'incontinence urinaire était de 34 %, et elle était de 37 % chez les femmes et de 34 % chez les hommes de ce groupe d'âge. La revue s'appuyait sur des études regroupant plus d'un million de participants et participantes. Source : AJE Advances: Research in Epidemiology, 2026
  • Dans une enquête nationale menée auprès de 1 000 adultes canadiens, 23,7 % ont signalé de l'incontinence urinaire, soit 12,0 % des hommes et 34,5 % des femmes. Parmi les personnes touchées, 55,3 % avaient une incontinence à l'effort, 22,4 % une incontinence par impériosité et 17,3 % une forme mixte, et l'incontinence à l'effort atteignait un sommet chez les 55 à 64 ans. Source : The Canadian Journal of Urology, The current state of continence in Canada, 2020
  • La Canadian Continence Foundation indique que l'incontinence urinaire touche une personne sur cinq parmi les Canadiens et Canadiennes de plus de 65 ans, qu'environ la moitié des personnes souffrant d'incontinence ne consultent pas de professionnel de la santé, et que le coût des produits pour l'incontinence se situe entre 1 000 $ et 1 500 $ par année pour chaque personne âgée vivant dans la collectivité, et entre 3 000 $ et 10 000 $ par année en soins de longue durée. Source : Canadian Continence Foundation, fiches d'information sur la continence, 2026
Dans le monde30 % à 40 % était la prévalence de l'incontinence urinaire chez les femmes en périménopause dans une étude mondiale, et 50 % chez les femmes de 70 ans et plus, tandis que des revues portant sur les hommes d'autres pays faisaient état de 6 % à 18 % au cours des sixième et septième décennies de vie, pour atteindre 25 % chez les hommes de 80 ans et plus.Source : AJE Advances: Research in Epidemiology, citant des études internationales, 2026

Ce qu’est l’incontinence urinaire, et ce qu’elle n’est pas

L’incontinence urinaire est un problème de santé qui a des formes définies et des traitements établis. Ce n’est pas un échec personnel, et ce n’est pas une conséquence inévitable de l’accouchement ou de l’âge. Les données canadiennes montrent qu’environ la moitié des personnes atteintes d’incontinence urinaire n’en parlent jamais à un professionnel de la santé, ce qui signifie que bien des gens composent avec le problème sans aide alors que des options de soins existent.

Ce n’est pas non plus un seul problème de santé. L’incontinence à l’effort survient lorsque la pression augmente à l’intérieur de l’abdomen et que le plancher pelvien et l’urètre ne peuvent pas y résister. L’incontinence par impériosité suit un besoin soudain d’uriner, difficile à retarder, et fait partie du tableau de la vessie hyperactive. Dans les données d’enquête canadiennes, l’incontinence à l’effort était la forme la plus courante, soit 55,3 % des cas. La distinction est importante, car l’entraînement du plancher pelvien, les médicaments et la chirurgie agissent chacun sur une partie différente du problème.

Signes et symptômes

  • Fuites d’urine en toussant, en éternuant, en riant, en soulevant une charge ou en faisant de l’exercice
  • Fuites en se rendant aux toilettes après un besoin soudain et intense
  • Besoin d’aller aux toilettes plus souvent que d’habitude, le jour ou la nuit
  • Utilisation de serviettes ou de protège-dessous, ou changement de vêtements, pour gérer les fuites
  • Limitation des activités, des déplacements ou de l’exercice en raison des fuites
  • Sensation que la vessie ne se vide pas complètement
  • Irritation de la peau de la région génitale causée par l’humidité

La quantité et la forme des fuites varient d’une personne à l’autre, et les deux peuvent changer au fil des années, avec une grossesse, la ménopause, une chirurgie de la prostate, un changement de poids ou un nouveau problème de santé.

Une personne adulte debout à la maison, un verre d'eau à la main.
La physiothérapie du plancher pelvien est un soin standard de première intention au Canada pour les fuites à l'effort et les formes mixtes. Photo à titre d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Être de sexe féminin : selon les données canadiennes regroupées, la prévalence est environ deux fois plus élevée que chez les hommes
  • L’âge avancé
  • La grossesse, l’accouchement vaginal et la ménopause
  • Une chirurgie de la prostate ou une radiothérapie pelvienne chez les hommes, et une chirurgie pelvienne chez les femmes
  • Des maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson ou un accident vasculaire cérébral (AVC) antérieur

D’autres peuvent souvent être améliorés, habituellement avec le soutien d’une équipe soignante :

  • L’excès de poids
  • La constipation chronique et les efforts de poussée
  • Une toux chronique, y compris la toux liée au tabagisme
  • La consommation de caféine et d’alcool

Comment l’incontinence urinaire est diagnostiquée au Canada

L’évaluation commence par un historique des symptômes qui permet de déterminer la forme des fuites, un examen physique qui peut comprendre un examen pelvien ou de la prostate, et une analyse d’urine pour vérifier la présence d’une infection ou de sang. Un journal mictionnel tenu pendant plusieurs jours, où l’on note les liquides consommés, les passages aux toilettes, les volumes et les épisodes de fuites, fait partie du bilan habituel, souvent accompagné d’un test d’effort à la toux et d’une mesure du résidu post-mictionnel par échographie. Les examens urodynamiques, qui mesurent la pression dans la vessie et le débit urinaire, sont utilisés par les urologues et les urogynécologues lorsque le tableau n’est pas clair ou lorsqu’une chirurgie est prévue.

Traitement et gestion au quotidien

Au Canada, les soins commencent habituellement par le plancher pelvien et les habitudes vésicales, puis passent aux instruments, aux médicaments ou à la chirurgie lorsque cela ne suffit pas. Selon la forme de vos fuites, votre examen et ce qui compte pour vous, une équipe soignante peut aborder :

  • La physiothérapie du plancher pelvien et l’entraînement des muscles du plancher pelvien, avec ou sans rétroaction biologique, qui constituent au Canada les soins standards de première intention pour l’incontinence à l’effort et les formes mixtes
  • La rééducation de la vessie, les mictions programmées et les techniques pour réprimer le besoin urgent d’uriner, pour les fuites liées à l’impériosité
  • Des mesures liées aux habitudes quotidiennes, notamment la gestion du poids, le traitement de la constipation, l’ajustement de la consommation de caféine et de liquides, et la prise en charge d’une toux chronique
  • Des instruments et des traitements locaux, notamment des pessaires vaginaux et des instruments de soutien, et des œstrogènes vaginaux locaux pour les femmes ménopausées, ainsi que des médicaments sur ordonnance pour la vessie dans le cas de l’incontinence par impériosité
  • Des interventions et des chirurgies offertes par les urologues et les urogynécologues, notamment les agents de comblement urétral, la bandelette mi-urétrale et d’autres opérations pour la continence, l’injection d’onabotulinumtoxinA dans la vessie, la neuromodulation sacrée et, pour certains hommes, un sphincter urinaire artificiel

L’accès à la physiothérapie du plancher pelvien varie d’une région à l’autre du pays, et ce qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre. Ces décisions se prennent entre vous et votre propre clinicien ou clinicienne, et rien sur cette page ne constitue une recommandation concernant l’une ou l’autre de ces options.

Quand parler à un médecin

  • Du sang dans l’urine, qu’il soit visible ou détecté lors d’une analyse d’urine
  • De la fièvre accompagnée d’une douleur au flanc ou dans le dos, ce qui peut signaler une infection du rein et nécessite une évaluation rapide
  • Une nouvelle incapacité à uriner, des fuites qui commencent soudainement, une perte de poids involontaire, ou un nouvel engourdissement ou une nouvelle faiblesse dans les jambes accompagnant des changements de la vessie, des situations qui justifient toutes une évaluation rapide

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’incontinence urinaire

La recherche canadienne montre que les gens vivent souvent avec des fuites pendant des années avant d’en parler, et qu’environ la moitié n’en discutent jamais avec un clinicien ou une clinicienne. Une grande question en suspens est donc de savoir comment joindre les gens plus tôt et comment offrir des soins du plancher pelvien à grande échelle. D’autres questions portent sur la durabilité : combien de temps durent les résultats des chirurgies et des instruments, comment gérer les fuites qui reviennent et comment aborder les formes mixtes, où l’effort et l’impériosité jouent tous deux un rôle. Les études qui recrutent actuellement mettent à l’essai des programmes du plancher pelvien numériques et supervisés à distance, de nouveaux médicaments et des approches régénératives, des bandelettes et des sphincters perfectionnés, la neuromodulation et des trajectoires de soins conçues pour réduire le délai avant de demander de l’aide.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions. Certaines ne comportent que des questionnaires, des journaux et des visites, alors que les études sur la chirurgie ou les instruments comprennent des examens et peuvent comprendre des examens urodynamiques. La participation est volontaire : vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, l’équipe de recherche vous expliquera chaque intervention avant que vous preniez votre décision, et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut dire à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus grâce à des sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (4 sources)
  1. Prevalence and impact of urinary incontinence in Canada: a systematic review and meta-analysis, AJE Advances: Research in Epidemiology, 2026
  2. Shaw C, Herschorn S et coll., The current state of continence in Canada, The Canadian Journal of Urology 27(4), 2020
  3. Canadian Continence Foundation, fiches d'information sur la continence, 2026
  4. Ligne directrice 2024 de l'Association des urologues du Canada : incontinence urinaire à l'effort chez la femme, 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Dois-je simplement vivre avec ce problème après un accouchement ou en vieillissant?

C'est fréquent, mais fréquent ne veut pas dire impossible à traiter. Au Canada, les soins de première intention reposent sur la physiothérapie du plancher pelvien et la rééducation de la vessie, et des instruments, des médicaments et la chirurgie sont offerts si cela ne suffit pas. Les données canadiennes montrent qu'environ la moitié des personnes atteintes d'incontinence urinaire n'en parlent jamais à un clinicien ou une clinicienne, ce qui signifie que bien des gens composent avec le problème sans aide alors que des options existent.

Quelle est la différence entre l'incontinence à l'effort et l'incontinence par impériosité?

L'incontinence à l'effort correspond à des fuites qui surviennent lorsque la pression augmente dans l'abdomen, par exemple en toussant, en soulevant une charge ou en faisant de l'exercice; c'est la forme la plus courante dans les données d'enquête canadiennes, soit 55,3 % des cas. L'incontinence par impériosité (besoin urgent d'uriner) correspond à des fuites qui suivent un besoin soudain et intense d'uriner. Beaucoup de personnes ont les deux, ce qu'on appelle une forme mixte, et le traitement diffère selon la forme.

Une étude comportera-t-elle des examens internes ou des examens urodynamiques?

Certaines oui, d'autres non. Les études sur la physiothérapie du plancher pelvien ou la rééducation de la vessie peuvent ne comporter que des questionnaires, des journaux et des visites, alors que les études sur la chirurgie ou les instruments comprennent habituellement des examens et peuvent comprendre des examens urodynamiques. L'équipe de recherche vous expliquera chaque intervention lors de la discussion sur le consentement, avant que vous preniez votre décision, et vous pouvez demander ce qui est facultatif.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 1 étude sur Guide santé sur l’incontinence urinaire et le contrôle de la vessie
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
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