Problème de santé

Trouble de l’alimentation

Information en langage clair sur les troubles de l'alimentation au Canada, sur les endroits où obtenir de l'aide et sur les études en recrutement actuellement.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture5 min
Au CanadaVisites aux urgences en hausse de 126 % en 2 ans
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

Un trouble de l’alimentation est une maladie mentale dans laquelle l’alimentation, et les pensées liées à l’alimentation, prennent une grande place dans la vie quotidienne et nuisent à la santé physique. Ce n’est ni une phase ni une question de volonté.

En chiffres au Canada
126 %d'augmentation des visites aux urgences pour des troubles de l'alimentation chez les enfants et les jeunes au Canada pendant les deux premières années de la pandémie de COVID-19, ainsi qu'une hausse de 60 % des hospitalisations par rapport à l'année précédente.
Source : Institut de recherche du CHEO et Deloitte Access Economics, Journal of Eating Disorders, 2024
  • En 2023, 0,5 % des enfants et des jeunes de 1 à 17 ans au Canada avaient un trouble de l'alimentation diagnostiqué, soit 0,8 % des filles et 0,2 % des garçons. Comme ces chiffres portent sur les diagnostics, ils ne reflètent que les personnes qui ont obtenu une évaluation. Source : Agence de la santé publique du Canada, Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, 2023
  • Selon un sondage national mené auprès de 10 465 personnes entre juillet 2024 et mai 2025, Recherche en santé mentale Canada estime qu'environ 2,9 millions de Canadiens et de Canadiennes déclarent avoir reçu un diagnostic de trouble de l'alimentation. Source : Recherche en santé mentale Canada, 2025
  • La même étude nationale a établi à 39,5 millions de dollars les coûts supplémentaires des services de santé liés aux troubles de l'alimentation chez les enfants et les jeunes entre 2020 et 2022, soit une hausse de 21 %, et les chercheurs et chercheuses ont qualifié ce montant de vaste sous-estimation, car très peu de données étaient disponibles. Source : Institut de recherche du CHEO et Deloitte Access Economics, 2024
Dans le monde16 millions de personnes dans le monde ont vécu un trouble de l'alimentation en 2021, dont près de 3,4 millions d'enfants et d'adolescents. Le décompte de l'Organisation mondiale de la Santé ne couvre que l'anorexie mentale et la boulimie; il n'inclut donc pas tous les diagnostics.Source : Organisation mondiale de la Santé, 2021

Ce qu’est un trouble de l’alimentation, et ce qu’il n’est pas

Ce groupe comprend l’anorexie mentale, l’anorexie mentale atypique, la boulimie, l’hyperphagie boulimique et le trouble d’évitement et de restriction de l’ingestion des aliments (ARFID). Selon la Société canadienne de pédiatrie, ces troubles touchent des personnes de tous les âges, de tous les genres, de toutes les orientations sexuelles, de toutes les identités raciales et de tous les milieux.

L’idée fausse courante, c’est qu’on peut le voir à l’apparence d’une personne. Habituellement, ce n’est pas possible. Ces troubles passent souvent inaperçus chez les garçons et les hommes, chez les jeunes issus de minorités, et chez les personnes dont le corps semble de taille moyenne ou plus forte.

Signes et symptômes

  • L’alimentation devient une source de détresse, de secret ou de conflit, et la personne évite les repas avec les autres
  • Des épisodes où l’on a l’impression de perdre le contrôle en mangeant, suivis de honte
  • Une forte inquiétude au sujet de la forme ou de la taille du corps, que les autres ne partagent pas
  • Sensation de froid, fatigue, étourdissements ou sensation d’évanouissement, difficulté à se concentrer et sommeil interrompu
  • Signes que recherche un clinicien ou une clinicienne : un rythme cardiaque lent ou irrégulier, une pression artérielle basse, ou un changement des règles ou de la croissance

Les symptômes varient selon le diagnostic et changent avec le temps.

Une personne adulte assise sur un banc de parc, une main sur la poitrine, prend une lente respiration.
Au Canada, les soins sont habituellement partagés entre un professionnel ou une professionnelle de première ligne, un ou une diététiste-nutritionniste et un clinicien ou une clinicienne en santé mentale, avec une orientation vers un programme spécialisé au besoin. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs de risque ne peuvent pas être modifiés :

  • Des antécédents familiaux de troubles de l’alimentation
  • L’adolescence et le début de l’âge adulte, période où ces troubles commencent habituellement
  • Être de sexe féminin : au Canada, les taux de diagnostic sont plus élevés chez les filles

D’autres peuvent souvent être travaillés avec le soutien d’une équipe de soins de santé :

  • Les commentaires et les moqueries sur l’apparence, de la part de la famille, des pairs ou en ligne
  • Les régimes stricts et les règles alimentaires rigides, qui sont un facteur de risque plutôt qu’une solution

Comment un trouble de l’alimentation est diagnostiqué au Canada

La plupart des personnes consultent d’abord un médecin de famille, une infirmière praticienne ou un infirmier praticien, ou un ou une pédiatre, souvent pour un problème qui ne ressemble pas à un trouble de l’alimentation, comme de la fatigue ou des étourdissements. L’évaluation porte sur les habitudes alimentaires, les pensées au sujet de la forme du corps, l’exercice physique et l’humeur, et comprend un examen physique incluant la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Des analyses sanguines et parfois un électrocardiogramme permettent de vérifier s’il y a d’autres explications et des effets sur le cœur.

Traitement et prise en charge au quotidien

Les soins sont habituellement partagés entre un professionnel ou une professionnelle de première ligne, un ou une diététiste-nutritionniste et un clinicien ou une clinicienne en santé mentale. Une équipe peut discuter de ce qui suit :

  • Le traitement axé sur la famille, l’approche de première intention au Canada pour les troubles de l’alimentation restrictifs chez les jeunes
  • La thérapie psychologique individuelle pour les adolescents et les adultes, y compris les approches cognitivo-comportementales
  • Le soutien en nutrition, avec la participation des parents dans le cas d’une personne jeune
  • Le suivi médical, et des soins psychiatriques pour les problèmes de santé qui surviennent en même temps
  • Les programmes de jour et les soins à l’hôpital, en cas d’instabilité physique ou d’urgence en santé mentale

Ces décisions vous appartiennent, à vous et à votre propre clinicien ou clinicienne, et cette page ne constitue une recommandation sur aucune d’entre elles.

Quand parler à un médecin

  • Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence en cas d’évanouissement, de douleur à la poitrine, de battements cardiaques rapides ou irréguliers, de confusion ou de convulsion.
  • Si vous pensez au suicide ou à vous faire du mal, de l’aide est offerte dès maintenant. La Ligne d’aide en cas de crise de suicide 9-8-8 répond aux appels et aux textos de partout au Canada, gratuitement, 24 heures par jour, tous les jours de l’année : appelez ou textez au 9-8-8. Si vous êtes en danger immédiat, composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence la plus proche.
  • Prenez rendez-vous avec votre professionnel ou professionnelle de la santé si l’alimentation ou les pensées liées à l’alimentation nuisent à votre vie quotidienne, ou si une personne de votre entourage vous a fait part d’une inquiétude. La ligne d’aide du National Eating Disorder Information Centre est le 1 866 633-4220, et la ligne d’aide de la National Alliance for Eating Disorders est le 1 866 662-1235, en semaine.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour les troubles de l’alimentation

Le Canada mesure mal ces troubles : en juin 2025, l’Agence de la santé publique du Canada a réclamé, dans sa propre revue, une meilleure mesure des troubles de l’alimentation dans la surveillance fédérale. L’accès constitue l’autre problème : seulement environ 25 % des jeunes aux prises avec ces troubles reçoivent un traitement approprié, selon l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO). Des études menées au Canada évaluent l’intervention précoce en milieu communautaire et en soins de première ligne, ainsi que de meilleures façons de repérer ces troubles là où ils passent inaperçus.

La participation à une étude est volontaire, le consentement éclairé passe en premier et vous pouvez arrêter en tout temps sans que cela nuise aux soins que vous recevez de votre propre médecin. Personne ne peut savoir à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus auprès de sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (8 sources)
  1. Institut de recherche du CHEO et Deloitte Access Economics, étude nationale sur les coûts sociaux et économiques des troubles de l'alimentation, publiée dans le Journal of Eating Disorders, 2024
  2. Agence de la santé publique du Canada, prévalence des maladies chroniques durant l'enfance (Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes), 2023
  3. Raffoul, Nicula, Gao et Obeid, Appel à une mesure accrue des troubles de l'alimentation et des comportements alimentaires perturbés dans la surveillance fédérale au Canada, Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada, volume 45, numéro 6, 2025
  4. Société canadienne de pédiatrie, guide de prise en charge communautaire des troubles de l'alimentation en pédiatrie, 2026
  5. Recherche en santé mentale Canada, Just the Facts : les troubles de l'alimentation et la santé mentale au Canada, 2025
  6. National Eating Disorder Information Centre (NEDIC), renseignements généraux et statistiques canadiennes, 2026
  7. Instituts de recherche en santé du Canada, article sur les données relatives aux troubles de l'alimentation et sur l'intervention précoce au Canada, 2025
  8. Organisation mondiale de la Santé, fiche d'information sur les troubles mentaux, 2021

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

Les troubles de l'alimentation touchent-ils seulement les jeunes femmes?

Non. La Société canadienne de pédiatrie indique que les troubles de l'alimentation touchent des personnes de tous les âges, de tous les genres, de toutes les orientations sexuelles, de toutes les identités raciales et ethniques et de tous les milieux socioéconomiques. Elle avertit aussi que les troubles de l'alimentation passent souvent inaperçus chez les garçons et les hommes, chez les jeunes issus de minorités sexuelles et racisées, chez les enfants avant la puberté et chez les personnes dont le corps semble de taille moyenne ou plus forte, et que les risques médicaux dans ces groupes sont semblables. Au Canada, les taux de diagnostic sont plus élevés chez les filles, mais un taux de diagnostic reflète autant les personnes qui obtiennent une évaluation que les personnes atteintes.

Peut-on voir de l'extérieur si une personne a un trouble de l'alimentation?

Souvent, non. Beaucoup de personnes ayant un trouble de l'alimentation ont la même apparence que n'importe qui d'autre, ce qui explique en partie pourquoi ces troubles passent longtemps inaperçus. Les lignes directrices canadiennes orientent les cliniciens et cliniciennes vers les habitudes alimentaires et les pensées, les effets sur la vie quotidienne et les signes physiques comme la fréquence cardiaque, la pression artérielle et, chez les jeunes, un changement dans la croissance attendue, plutôt que vers l'apparence seule. Si quelque chose a changé dans votre façon de manger, de penser à la nourriture ou de participer à la vie quotidienne, ou dans celle d'une personne qui vous est chère, c'est une raison suffisante d'en parler à un professionnel ou une professionnelle de la santé.

Pourquoi une personne ayant un trouble de l'alimentation participerait-elle à un essai clinique?

Parce qu'il reste beaucoup de choses que le Canada ne sait pas encore. En 2025, l'Agence de la santé publique du Canada a publié un appel à une meilleure mesure des troubles de l'alimentation à l'échelle nationale, et des chercheurs et chercheuses de l'Institut de recherche du CHEO rapportent que seulement environ 25 % des jeunes aux prises avec ces troubles reçoivent un traitement approprié. Des essais évaluent l'intervention précoce offerte en milieu communautaire et en soins de première ligne, des traitements pour les adultes et pour des diagnostics moins étudiés, ainsi que de meilleures façons de repérer ces troubles dans les groupes où ils passent inaperçus. La participation est volontaire, le consentement éclairé passe en premier et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche vos soins habituels. Personne ne peut dire à l'avance si une étude vous aidera personnellement.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Trouble de l’alimentation
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
Études de recherche

Études pour Trouble de l’alimentation

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