Problème de santé

Urticaire chronique

De l'information en langage clair sur l'urticaire chronique au Canada, et sur la recherche qui recrute en ce moment pour ce problème de santé.
Guide en langage clair, pas un avis médical
Temps de lecture6 min
Au CanadaDe 1 % à 3 % (estimation internationale)
Études en recrutement6 en recrutement en ce moment

L’urticaire chronique spontanée est un problème de santé qui cause des plaques en relief qui démangent, appelées plaques d’urticaire ou papules œdémateuses. Ces plaques continuent d’apparaître pendant six semaines ou plus, sans déclencheur extérieur que quiconque puisse identifier. Chaque plaque disparaît habituellement en moins de 24 heures, mais de nouvelles plaques continuent de se former ailleurs. Certaines personnes ont aussi une enflure plus profonde des lèvres, des paupières, des mains ou des pieds, appelée angio-œdème.

En chiffres au Canada
1 % à 3 %des personnes de la population générale sont atteintes d'urticaire chronique spontanée, selon un article de synthèse publié en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal. Il s'agit d'une estimation internationale, et non d'une mesure canadienne : le Canada ne publie aucun chiffre qui lui est propre, et d'autres articles citent des fourchettes plus basses.
Source : Canadian Medical Association Journal, Prise en charge de l'urticaire chronique spontanée, 2025
  • Un article de consensus canadien rédigé par des spécialistes de l'Université de Toronto, de l'Université McMaster, de l'Université McGill et de l'Université du Manitoba rapporte que l'urticaire chronique spontanée touche de 0,5 % à 1 % de la population générale. Il ne rapporte aucune donnée propre au Canada sur la prévalence, les délais d'attente ou les coûts. Il souligne que le questionnaire sur la qualité de vie dans l'urticaire chronique (CU-Q2oL) a été validé au Canada, en anglais et en français. Source : Allergy, Asthma and Clinical Immunology, Connaissances et avancées sur l'urticaire chronique : une perspective canadienne, 2015
  • L'Alliance canadienne des patients en dermatologie indique que l'urticaire chronique spontanée touche environ 1 % de la population, le plus souvent des personnes âgées de 20 à 40 ans, et environ deux fois plus de femmes que d'hommes. Il s'agit d'un chiffre pour la population générale, révisé par le comité consultatif médical de l'organisme, et non d'une mesure canadienne. Source : Alliance canadienne des patients en dermatologie, Urticaire chronique spontanée, 2016
  • Le même article de synthèse du Canadian Medical Association Journal associe un score d'activité de l'urticaire (Urticaria Activity Score) de 16 ou plus sur 7 jours à une demande de consultation en dermatologie ou en allergologie. Il décrit un diagnostic fondé sur les antécédents et l'examen de la peau plutôt que sur des tests d'allergie. Source : Canadian Medical Association Journal, Prise en charge de l'urticaire chronique spontanée, 2025
Dans le monde65,14 millions de personnes dans le monde vivaient avec l'urticaire selon une analyse de l'étude Global Burden of Disease (GBD) 2019, soit une prévalence standardisée selon l'âge de 865,5 pour 100 000 et 3,899 millions d'années de vie ajustées en fonction de l'incapacité. L'Amérique du Nord à revenu élevé affichait la plus forte tendance à la hausse de la prévalence entre 1990 et 2019.Source : Journal of Global Health, Niveaux et tendances mondiaux, régionaux et nationaux du fardeau de l'urticaire, 2024

Ce qu’est l’urticaire chronique, et ce qu’elle n’est pas

Il ne s’agit habituellement pas d’une allergie. Dans la littérature canadienne et internationale, l’urticaire chronique spontanée est décrite comme un processus immunitaire qui fait intervenir les mastocytes de la peau, sans déclencheur extérieur identifiable. C’est pourquoi des tests d’allergie poussés ne font généralement pas partie de l’évaluation habituelle. C’est aussi pourquoi chercher un aliment ou un produit à éliminer ne mène souvent nulle part. Le mot « spontanée » dans son nom a ce sens.

L’autre point à dire clairement, c’est que le Canada ne mesure pas à quel point ce problème de santé est courant au pays. Statistique Canada, l’Agence de la santé publique du Canada, l’Institut canadien d’information sur la santé et Santé Canada ne publient aucun chiffre à ce sujet. Les trois sources canadiennes qui citent un chiffre reprennent toutes des estimations pour la population générale tirées de la littérature internationale, et elles ne concordent pas entre elles. Un article de consensus canadien donne de 0,5 % à 1 %, un organisme canadien de patients donne environ 1 % et un article de synthèse publié en 2025 dans une revue canadienne donne de 1 % à 3 %. C’est pourquoi cette page présente une fourchette internationale plutôt qu’un chiffre canadien.

Signes et symptômes

  • Des plaques en relief qui démangent, qui apparaissent et disparaissent, et qui s’estompent habituellement en moins de 24 heures à un même endroit
  • De nouvelles plaques qui apparaissent à d’autres endroits à mesure que les plus anciennes se résorbent
  • Des plaques qui reviennent depuis six semaines ou plus
  • Chez certaines personnes, une enflure plus profonde des lèvres, des paupières, des mains, des pieds ou des organes génitaux
  • Des démangeaisons ou une sensation de brûlure qui s’aggravent en soirée ou la nuit
  • Un sommeil interrompu et de la fatigue pendant la journée
  • Aucun déclencheur alimentaire, médicamenteux ou de contact constant qui explique ce schéma

La durée varie. Un article de synthèse publié en 2024 rapporte une durée moyenne ou médiane d’environ un à quatre ans, et des symptômes qui persistent au moins trois ans chez environ deux tiers des personnes.

Une personne adulte applique une crème hydratante sur la peau du haut du bras.
Des tests d'allergie poussés ne font généralement pas partie de l'évaluation, car l'urticaire chronique spontanée n'est pas causée par un allergène externe. Photo d'illustration.

Ce qui augmente le risque

Certains facteurs ne peuvent pas être changés :

  • L’activité auto-immune, puisque l’urticaire chronique spontanée est décrite comme un problème de santé auto-immun entraîné par les mastocytes
  • Le sexe : selon l’Alliance canadienne des patients en dermatologie, environ deux fois plus de femmes que d’hommes sont touchées
  • L’âge : le début survient le plus souvent entre 20 et 50 ans, et moins de 15 % des cas commencent avant l’âge de 20 ans
  • D’autres maladies auto-immunes présentes en même temps, dont l’auto-immunité thyroïdienne

D’autres facteurs peuvent souvent être améliorés, habituellement avec l’aide d’une équipe soignante :

  • Les médicaments anti-inflammatoires de type non stéroïdien, qui, selon certaines personnes, aggravent l’urticaire, et dont l’usage peut être revu avec un professionnel ou une professionnelle de la santé
  • La chaleur, la pression sur la peau, les vêtements serrés et l’alcool, qui peuvent aggraver une urticaire déjà présente
  • Le stress et le manque de sommeil, que certaines personnes remarquent en même temps que les poussées

Comment l’urticaire chronique est diagnostiquée au Canada

Le diagnostic est clinique. Selon un article de synthèse du Canadian Medical Association Journal, il repose sur les antécédents et l’examen de la peau. Cet examen montre des papules qui apparaissent spontanément, un angio-œdème, ou les deux, présents depuis plus de six semaines, sans symptômes systémiques ni ecchymoses. Les analyses de laboratoire de base comprennent habituellement une formule sanguine complète, la protéine C réactive et la vitesse de sédimentation, pour chercher d’autres explications. Des tests d’allergie poussés ne font généralement pas partie de l’évaluation. L’activité de la maladie est suivie à l’aide d’un score validé, le score d’activité de l’urticaire (Urticaria Activity Score) sur 7 jours. Le même article associe un score de 16 ou plus à une demande de consultation en dermatologie ou en allergologie.

Traitement et prise en charge au quotidien

Au Canada, les soins se font habituellement par étapes : on commence par un médicament préventif pris régulièrement, puis on ajoute ou on modifie le traitement si les symptômes ne sont pas maîtrisés. Selon votre situation et ce qui compte pour vous, une équipe soignante pourrait aborder :

  • Les antihistaminiques H1 de deuxième génération pris tous les jours comme traitement préventif, avec une intensification décrite dans la littérature canadienne et internationale
  • Un traitement par anticorps monoclonal anti-immunoglobuline E (anti-IgE), utilisé lorsque les antihistaminiques à doses augmentées ne maîtrisent pas les symptômes
  • Un traitement immunosuppresseur comme la cyclosporine, décrit comme une option hors indication dans la littérature examinée
  • De nouvelles options biologiques en cours d’évaluation et utilisées dans certains milieux, dont des agents qui ciblent l’inflammation de type 2
  • Une demande de consultation en dermatologie ou en allergologie, que l’article du Canadian Medical Association Journal associe à un score d’activité de l’urticaire de 16 ou plus sur 7 jours

Ce qui convient à une personne ne conviendra pas à une autre. Laquelle de ces options s’applique à vous, le cas échéant, est une décision qui vous revient, à vous et à votre professionnel ou professionnelle de la santé. Cette page n’est une recommandation pour aucune d’entre elles.

Quand parler à un médecin

  • Consultez un professionnel ou une professionnelle de la santé si l’urticaire revient depuis six semaines ou plus, ou si les démangeaisons perturbent votre sommeil, votre travail ou vos activités quotidiennes.
  • Prenez rendez-vous si l’urticaire s’accompagne d’une enflure des lèvres, de la langue, des paupières ou du visage, afin que les épisodes d’enflure puissent être évalués et qu’un plan soit mis en place.
  • Composez le 911 ou rendez-vous à l’urgence en cas de difficulté à respirer, de serrement dans la gorge, de difficulté à avaler, d’étourdissements ou d’évanouissement, ou si l’urticaire apparaît avec ces symptômes, car cela peut indiquer une réaction allergique grave.

Pourquoi la recherche clinique est importante pour l’urticaire chronique

Chez la plupart des personnes, la cause n’est toujours pas établie. Aucun test ne permet de prédire qui répondra à quel traitement, et environ deux tiers des personnes ont des symptômes qui durent au moins trois ans. Le Canada ne dispose d’aucune donnée propre sur la prévalence, les délais d’attente ou les coûts de ce problème de santé. Il est donc difficile de planifier l’accès aux spécialistes ou de le défendre. La recherche en cours porte notamment sur de nouveaux traitements qui ciblent les mastocytes, comme les inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton (BTK) et les anticorps anti-KIT. Elle porte aussi sur d’autres médicaments biologiques anti-IgE ou ciblant l’inflammation de type 2, sur des biomarqueurs pour distinguer les sous-types auto-immuns, et sur des études de la réponse au traitement et de la rémission au fil du temps.

Les études cliniques permettent de répondre à ces questions, et c’est la participation canadienne qui permettrait de consigner des chiffres canadiens. La participation est volontaire : vous donnez votre consentement éclairé avant que quoi que ce soit commence, et vous pouvez vous retirer en tout temps sans que cela touche les soins que vous recevez de votre propre médecin. Participer à une étude ne signifie pas renoncer à votre traitement actuel, et personne ne peut savoir à l’avance si une étude vous aidera personnellement.

En savoir plus grâce à des sources canadiennes

D'où viennent ces renseignements (5 sources)
  1. Canadian Medical Association Journal, Prise en charge de l'urticaire chronique spontanée, 2025
  2. Alliance canadienne des patients en dermatologie, Urticaire chronique spontanée, 2016
  3. Allergy, Asthma and Clinical Immunology, Connaissances et avancées sur l'urticaire chronique : une perspective canadienne, 2015
  4. Kolkhir et al., Urticaire chronique spontanée : une revue, JAMA, 2024
  5. Journal of Global Health, Niveaux et tendances mondiaux, régionaux et nationaux du fardeau de l'urticaire (GBD 2019), 2024

Cette page est rédigée en langage clair pour les personnes qui envisagent de participer à la recherche clinique. Il s'agit de renseignements généraux sur la santé, et non de conseils médicaux. Ils ne remplacent pas une discussion avec votre propre médecin ou votre infirmière praticienne ou infirmier praticien.

Questions fréquentes

L'urticaire chronique est-elle causée par une allergie alimentaire?

Habituellement, non. Dans la littérature canadienne et internationale, l'urticaire chronique spontanée est décrite comme un processus immunitaire qui fait intervenir les mastocytes de la peau, sans déclencheur extérieur identifiable. C'est pourquoi des tests d'allergie poussés ne font généralement pas partie de l'évaluation habituelle, et pourquoi le diagnostic repose sur les antécédents et l'examen.

Combien de temps dure l'urticaire chronique spontanée?

Un article de synthèse publié en 2024 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) rapporte une durée moyenne ou médiane d'environ un à quatre ans, et des symptômes qui persistent au moins trois ans chez environ deux tiers des personnes. Chaque plaque disparaît habituellement en moins de 24 heures à un même endroit, tandis que de nouvelles plaques apparaissent ailleurs. Votre professionnel ou professionnelle de la santé peut suivre l'activité de la maladie au fil du temps à l'aide d'un score validé.

Combien de personnes au Canada en sont atteintes?

Aucune mesure canadienne n'a pu être trouvée. Les sources canadiennes citent des estimations pour la population générale tirées de la littérature internationale. Elles vont d'environ 0,5 % à 1 %, selon un article de consensus canadien, jusqu'à 1 % à 3 %, selon un article de synthèse publié en 2025 dans le Canadian Medical Association Journal. L'absence de données canadiennes est en soi une raison pour laquelle la participation à la recherche au Canada est importante.

Que faire ensuite
  1. Parlez-en à votre médecin. Ce guide fournit de l'information, pas un avis médical.
  2. Consultez les études en cours. 6 études sur Urticaire chronique
  3. Pas encore prêt ou prête? Joignez-vous à la communauté et recevez un avis lorsqu'une étude pourrait correspondre aux domaines de santé qui vous intéressent.
Études de recherche

Études pour Urticaire chronique

Voir tous les essais : Urticaire chronique →
L'infolettre santé canadienne

La recherche en santé expliquée, une fois par mois

Les nouvelles études et des articles en langage clair tirés de notre bibliothèque santé.

Alertes sur les études : un courriel seulement lorsqu'une étude qui vous correspond s'ouvre. Communauté : notre équipe de recherche peut communiquer avec vous au sujet d'études qui pourraient vous convenir. Joignez-vous à la communauté